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Santé Québec assure que les usagers des établissements de santé de l'Est-du-Québec ne ressentiront pas les impacts des difficultés financières du distributeur alimentaire Groupe Colabor.
Groupe Colabor, qui distribuait des aliments dans plusieurs hôpitaux de la région, s'est placé à l'abri de ses créanciers jeudi, en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.
Par la suite, Santé Québec a annoncé avoir mis à exécution son plan de contingence et avoir résilié ses deux contrats avec Colabor afin de sécuriser l'approvisionnement alimentaire dans les établissements de santé.
Depuis 2024, des contrats de près de 120 millions de dollars ont été octroyés à Colabor par le Centre d’acquisition gouvernemental (CAG) afin de fournir des produits d’épicerie, des viandes et des volailles à des dizaines d’hôpitaux et de CHSLD des régions du Québec, dont le Bas-Saint-Laurent, la Côte-Nord et la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine.
Dans un communiqué, la société d'État indique qu’aucun effet significatif sur les usagers n'a été relevé, malgré les défis logistiques et opérationnels importants liés aux problèmes financiers de Colabor.
Santé Québec mentionne que ses équipes sont déjà à pied d'œuvre pour assurer la transition avec de nouveaux fournisseurs alimentaires.
Tout le monde va manger, les usagers ne verront pas les impacts, assure une porte-parole de Santé Québec.

Les usagers ne subiront pas les impacts des changements de fournisseurs alimentaires, assure Santé Québec. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Eugénie Emond
Le Centre d'acquisitions gouvernementales (CAG) précise que des fournisseurs, dont certains régionaux, ont accepté de livrer les denrées alimentaires requises par le réseau de la santé pour l’Est-du-Québec, sans toutefois les nommer.
L’approvisionnement auprès de ces fournisseurs permet d’assurer la pérennité de l’approvisionnement des denrées alimentaires pour l’ensemble des établissements à contrat, indique le CAG par courriel.
Le CAG est actuellement à finaliser les discussions avec ces fournisseurs en ce qui concerne les dernières modalités des nouveaux contrats, lesquels feront l’objet d’une publication au Système électronique d'appel d'offres du gouvernement du Québec (SEAO) comme le prévoit la règlementation applicable, ajoute l'organisme gouvernemental.
D’autres organisations restent vigilantes
En plus des établissements de santé, plusieurs autres commerces et institutions de l’Est-du-Québec s’approvisionnent auprès du Groupe Colabor, dont des restaurants et des CPE.
Le contrôleur responsable du dossier du Groupe Colabor, Raymond Chabot, affirme que le souhait de l’entreprise est de maintenir les opérations dans le cours le plus normal des choses.
Il y a un financement intérimaire mis en place, par le syndicat bancaire, avec l’approbation de la cour pour supporter le maintien des opérations pendant la période de restructuration, explique le contrôleur attitré au dossier, Dominic Deslandes. Un processus visant la recherche d’acquéreurs potentiels pour les opérations de Colabor sera mis en branle.
Le processus de mise en vente du Groupe Colabor sera formellement lancé lundi, selon Raymond Chabot.

Plusieurs restaurants et institutions de l'Est-du-Québec s'approvisionnent en aliments auprès du Groupe Colabor. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
En Gaspésie, le CPE Aux Joyeux Marmots, qui gère les installations à Pointe-à-la-Croix et Carleton-sur-Mer, s’approvisionne chez Colabor. La direction indique ne pas avoir subi d’impacts des difficultés financières de l’entreprise jusqu’à maintenant et affirme qu’elle optera pour le statu quo jusqu’à nouvel ordre.
De son côté, l’Auberge du Marchand de Maria rapporte que Colabor est son principal fournisseur d’aliments. La direction mentionne ne pas encore avoir reçu d’informations sur la suite des choses, mais espère recevoir sa commande comme à l’habitude la semaine prochaine.
Sur la Côte-Nord, le Dixie Lee de Baie-Comeau rapporte avoir eu des problèmes d’approvisionnement avec Colabor cet été, mais l’entreprise indique qu’elle ne prévoit pas changer de fournisseur à court terme, puisque ce dernier s’est montré rassurant.

L'hôtel Le Manoir à Baie-Comeau abrite le Bistro À Marée Haute. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin
Au Bistro La Marée Haute à Baie-Comeau, le propriétaire Carl Beaulieu mentionne avoir été informé de la situation financière de Colabor par le représentant nord-côtier de l’entreprise.
On nous a tenus au courant et on nous a dit de ne pas nous inquiéter, qu’ils allaient quand même continuer de nous desservir, indique M. Beaulieu.
C’est quand même inquiétant parce que si du jour au lendemain les nouvelles ne sont pas bonnes, il va falloir se virer de bord. On regarde quand même des plans B pour s’approvisionner.
Ce dernier mentionne avoir déjà été contraint de se tourner vers d’autres fournisseurs dans les dernières semaines, car certains produits habituellement offerts par Colabor sont en rupture de stock.
La Chambre de commerce de Sept-Îles–Uashat mak Mani-Utenam indique qu’elle suivra le dossier de près.
Selon le directeur général Christophe James, la disparition potentielle de Colabor ou son rachat pourrait nuire à la compétition entre distributeurs alimentaires et ainsi contribuer à hausser les prix, particulièrement en régions éloignées où peu de joueurs desservent le territoire.


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