Présentes sur Terre depuis plus de trois milliards d’années, les cyanobactéries peuvent représenter un danger pour la santé lorsqu’elles sont ingérées ou inhalées. Chaque été, de nombreux espaces de baignade doivent fermer en raison de leur présence.

J.-M.L. - Aujourd'hui à 19:14 | mis à jour aujourd'hui à 19:33 - Temps de lecture :

Certaines cyanobactéries comme la spiruline sont aussi cultivées pour leurs propriétés. Photo Sipa/Zeppelinnetwork Certaines cyanobactéries comme la spiruline sont aussi cultivées pour leurs propriétés. Photo Sipa/Zeppelinnetwork

Apparues il y a environ 3,5 milliards d’années, les cyanobactéries figurent parmi les plus anciennes formes de vie sur Terre. À l’époque, l’atmosphère se composait principalement de vapeur d’eau, de diazote et de dioxyde de carbone. En perfectionnant la photosynthèse, les cyanobactéries ont été les premières à rejeter de l’oxygène, au point de finir par transformer radicalement la composition de l’atmosphère terrestre.

C’est la "Grande Oxygénation", qui a entraîné une extinction de masse, mais a permis le développement des formes de vie complexes que nous connaissons aujourd’hui. Les algues et les plantes descendent directement des cyanobactéries, qui n’ont toutefois jamais disparu.

À quoi ressemblent-elles ?

Elles sont parfois qualifiées d’algues bleues, mais il s’agit d’un abus de langage. Les cyanobactéries ne sont pas des végétaux mais bien des bactéries, organismes élémentaires dépourvus de noyau cellulaire (procaryotes, contrairement aux végétaux). Elles tirent leur nom de la couleur cyan, à mi-chemin entre le bleu et le vert, de beaucoup d’espèces. Mais d’autres peuvent aussi tirer vers le rose, le violet, le brun, le jaune ou le noir. Présentes sous toutes les latitudes, il en existerait plusieurs milliers d’espèces.

Les spécialistes distinguent souvent les cyanobactéries planctoniques, en suspension dans l’eau stagnante qu’elles rendent opaque, et les cyanobactéries benthiques qu’on retrouve par exemple au fond des rivières. Ces dernières se développent sur un substrat (galets, rochers, sédiments ou végétaux). Elles se présentent sous la forme d’un tapis gélatineux, souvent de couleur verte, brune ou noire, qui peut se détacher et s’accumuler sur les berges, sous forme d’amas (flocs).

Quels sont les risques ?

Certaines espèces de cyanobactéries produisent des cyanotoxines, dangereuses pour la santé humaine et animale. « Les symptômes les plus couramment reportés sont des symptômes gastro-intestinaux, des états fébriles et des irritations cutanées. L’ingestion ou l’inhalation de cyanobactéries peut également provoquer des toxicités hépatiques et des neurotoxicités », détaille l’Anses. Chez l’humain, les intoxications sont souvent liées à l’ingestion accidentelle d’eau contaminée, ou l’ingestion de d’aliments en contact avec les toxines.

Entre 2006 et 2018, l’Anses n’a recensé que 58 cas en France, tout en reconnaissant qu’une bonne partie des intoxications doivent passer sous les radars. Les décès sont rarissimes, l’accident le plus grave s’étant produit en février 1996 à Caruaru au Brésil : une soixantaine de patients étaient décédés, à la suite de la contamination de l’eau utilisée pour les dialyses par une cyanobactérie.

Toutes les cyanobactéries ne sont pas dangereuses, à l’image de la spiruline utilisée comme complément alimentaire. Les propriétés des molécules produites par certaines espèces intéressent beaucoup l’industrie pharmaceutique et cosmétique.

Articles les plus lusScience et Technologie