NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Céline, 52 ans, avait « déjà connaissance de certains risques liés à la prise de la pilule ». Mais depuis la réception, il y a quelques jours, du courrier de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) faisant état d’un risque de méningiome, une tumeur bénigne du cerveau, elle est « inquiète et désemparée ». « Dois-je envisager une autre contraception à mon âge ? Mon prochain rendez-vous avec ma sage-femme est l’année prochaine. Dois-je l’anticiper ? », s’interroge cette habitante de Montchanin (Saône-et-Loire), qui prend la pilule Optimizette depuis « de très nombreuses années ».
Le risque de méningiome, lié à la prise d’une contraception à base de désogestrel (Antigone, Elfasette, Optimizette...), est qualifié de « très faible » par l’ANSM. L’organisme s’est toutefois engagé à prévenir les 1,6 million de femmes concernées, afin qu’elles puissent « en parler avec leur médecin ou leur sage-femme lors de leur prochaine consultation de routine pour s’assurer que leur contraception reste adaptée à leur situation ».
« Dès que j’ai reçu le courrier, j’ai appelé mon gynécologue »
De nombreuses femmes, inquiètes, n’ont toutefois pas attendu le prochain rendez-vous. « Dès que j’ai reçu le courrier, j’ai appelé mon gynécologue pour savoir quoi faire et à ce jour j’attends toujours son retour… », nous écrit Sylvie, qui prend la pilule Antigone depuis onze ans. À 48 ans, elle est consciente d’être « dans la case de risque la plus élevée » - le risque augmente principalement chez les femmes de plus de 45 ans - et « aimerais que [s]es questionnements soient pris en compte ».
« C’est absolument catastrophique. Ce courrier fait du mal, angoisse de manière inutile et non justifiée », regrette Odile Bagot, gynécologue dans le Bas-Rhin, qui constate un afflux de messages dans sa messagerie Doctolib. La praticienne s’emploie depuis à rassurer ses patientes. « Ce surrisque a été calculé : c’est un cas supplémentaire pour 67 000 femmes. C’est un surrisque minime », souligne-t-elle. « C’est un risque faible. Il faut être vigilant aux symptômes potentiels, mais tout médicament a toujours des inconvénients », abonde Laurence Platel, vice-présidente de l’Association nationale des sages-femmes libérales.
Le risque d’un arrêt brutal
Difficile pour autant de convaincre. « Qu’est-ce qu’il nous reste comme moyen de contraception sans risques ? Changer de moyen de contraception, qui plus est à 45 ans, quand celle-ci fonctionnait bien, ça m’embête, mais en même temps le risque est présent et je n’ai pas trop envie de le prendre. Je suis perdue », confie Emeline, Strasbourgeoise de 45 ans. Sandrine, 49 ans, a quant à elle décidé d’arrêter sa pilule, même si celle-ci lui apportait un certain confort en raison de règles douloureuses. Elle n’est pas la seule : de nombreuses autres lectrices qui ont répondu à notre appel à témoignages indiquent vouloir l’arrêter.
« Prendre une décision à la va-vite dans un moment de panique alors qu’on n’est pas sûr d’avoir bien compris le message, c’est bien souvent prendre une décision que l’on risque de regretter. L’attitude raisonnable, c’est de prendre rendez-vous et d’aller en discuter avec la personne qui vous suit », insiste Bertrand de Rochambeau, président du syndicat national des gynécologues médicaux et des gynécologues obstétriciens (Syngof). Il rappelle qu’arrêter brutalement sa contraception expose à un risque de « grossesse non désirée ».
« C’est à nous, professionnels, de ne pas prescrire sans réfléchir »
Pour Odile Bagot, cette alerte ne doit pas non plus faire oublier « tous les bénéfices de ces pilules et les autres risques, en particulier vasculaire, qu’on évite grâce à elles ». Les pilules à base de désogestrel « se prennent en continu, donc permettent de ne pas avoir de règles », note la gynécologue. Elles sont notamment indiquées en cas de règles hémorragiques ou douloureuses, mais aussi chez les femmes de plus de 40 ans ou les fumeuses, en raison d’un risque cardio-vasculaire faible. Depuis l’arrêt de sa contraception, Sandrine note ainsi que ses douleurs sont « revenues ».
« C’est à nous, professionnels, de bien faire le travail en amont, de bien chercher les facteurs de risque, de ne pas prescrire sans réfléchir. Si on anticipe bien, c’est-à-dire que dans le choix de la contraception on parle bien de la balance bénéfices-risques et des avantages et inconvénients, que la décision est partagée avec la femme, il n’y a pas de raisons qu’elles s’inquiètent ensuite », souligne Laurence Platel.
Une confiance qui diminue
Cette nouvelle alerte s’inscrit dans un contexte de « désamour » à l’égard de la pilule. Ce moyen de contraception a notamment souffert des révélations concernant les risques thromboemboliques des pilules de 3e et 4e générations, en 2012 et 2013. La proportion de femmes ayant recours à la pilule contraceptive est passée de 55,8 % en 2005 à 26,8 % en 2023, selon l’enquête "santé reproductive" de l’Inserm. « On assiste à un éloignement de la contraception orale de la part de beaucoup de nos patientes », confirme Bertrand de Rochambeau. « C’est sûr qu’une annonce comme celle-là va encore faire abandonner la pilule par plus de femmes », estime le gynécologue Bertrand de Rochambeau.
« C’est l’occasion d’arrêter toute pilule », confirme Audrey, 43 ans, qui attend son rendez-vous annuel chez sa gynécologue pour stopper Optimizette, qu’elle prend depuis dix ans. L’Alsacienne avait auparavant pris d’autres pilules, dont Diane 35, visée par le scandale sanitaire des années 2010. «Mon mari n’a qu’à prendre sa charge concernant le sujet, sinon abstinence ! », écrit-elle.
Emeline envisage de son côté la ligature des trompes, quand Emmanuelle, 36 ans, évoque la vasectomie avec son conjoint. « Au-delà des potentiels dangers sanitaires, les femmes ont aussi la volonté de trouver une méthode contraceptive qui leur corresponde davantage. Il y a une dizaine de méthodes contraceptives disponibles et c’est intéressant d’observer la diversité des usages contraceptifs », analyse Leslie Fonquerne, sociologue rattachée au Centre d’épidémiologie et de recherche en santé des populations*. Pour la chercheuse, « l’information ne se joue pas seulement au niveau des risques de telle ou telle méthode, mais surtout de savoir quelles sont les différentes possibilités au-delà de la pilule et selon les conditions et modes de vie de chacun ».
*« Avaler la pilule. Prescriptions et usages d’une contraception en thèse », février 2026, Presses de l’EHESP.


1 week_ago
52



























.jpg)






French (CA)