Ces derniers temps, la Commission européenne a lancé deux plans pour lutter contre les maladies cardiovasculaires et pour une meilleure sécurité alimentaire. Seulement voila, l’un des objectifs cruciaux de ces mesures n’a pas été atteint, à savoir la réduction des aliments nocifs pour la santé. Que s’est-il passé ?
Un plan « Cœurs sains » en théorie intéressant
Pour rappel, les aliments trop gras et trop sucrés, souvent ultratransformés, favorisent divers problèmes de santé en cas de consommation excessive : obésité, diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, et troubles hépatiques (stéatose), entre autres. De nombreuses études et autres recherches ont déjà démontré la nécessité de revenir à une alimentation plus saine. Certains travaux tendent par ailleurs vers la découverte de nouvelles solutions de dépistage et de traitement. Par exemple, des chercheurs ont dernièrement identifié des « signatures de l’obésité » dans le microbiome de la bouche.
Evidemment au courant de ces dérives, la Commission européenne a dévoilé sa stratégie Safe Hearts Plan (« Cœurs sains ») en décembre 2025. L’objectif de ce plan est de réduire le fardeau des maladies cardiovasculaires, première cause de mortalité dans l’Union Européenne. S’il est question de lutter contre le tabagisme et la consommation d’alcool, il s’agit aussi de promotionner une meilleure alimentation et de cibler le surpoids et l’obésité. Le plan prévoit également la mise en place d’un protocole européen de dépistage afin d’identifier rapidement les personnes à risque (cholestérol, hypertension), ainsi qu’une amélioration de la qualité des soins.
L’absence de mesures fortes
Si le Safe Hearts Plan a fait l’objet d’un accueil plutôt favorable au sein de la
communauté médicale, il existe tout de même des points de discorde. En effet, certains spécialistes et organisations appellent à des mesures réglementaires plus strictes sur les causes sous-jacentes. Mathilde Touvier, directrice de recherche en épidémiologie nutritionnelle à l’Inserm s’est exprimée dans une publication du magazine 60 millions de consommateurs le 16 mars 2026. Pour l’intéressée, le principal problème est que le texte en question n’est qu’une somme de recommandations. L’experte estime que faire peser la responsabilité sur le choix des consommateurs ne suffit pas.
Il faut dire que depuis assez longtemps, certaines mesures fortes sont réclamées au nom de la santé publique. C’est notamment le cas de l’interdiction des publicités ciblant les enfants, de l’obligation concernant l’affichage nutritionnel ou encore, une augmentation des taxes sur les sodas.
Pour Mathilde Touvier, il s’agit là de mesures contraignantes qui pourtant, semblent indispensables. Autrement dit, la malbouffe en Europe a encore de beaux jours devant elle.
Crédit : Stockah / iStock
Les risques concernant la loi Omnibus
Un autre plan de la Commission Européenne suscite l’inquiétude : la loi Omnibus sur la sécurité alimentaire. Le but est de simplifier la réglementation des pesticides pour renforcer la compétitivité. Dans les faits, le texte prévoit ce qui ressemble à une dérégulation des pesticides, avec une suppression du réexamen périodique (tous les 10-15 ans) des substances actives, une restriction de la prise en compte des nouvelles données scientifiques lors des évaluations et une extension des « délais de grâce » pour l’utilisation de produits interdits.
S’il est question de réduire la charge administrative des entreprises agrochimiques européennes, les risques sanitaires et environnementaux induits sont nombreux et vivement critiqués par un certain nombre d’ONG et de scientifiques. Enfin, Mathilde Touvier a résumé son sentiment envers la loi Omnibus en une phrase : « La baisse des contrôles est toujours une mauvaise nouvelle pour les consommateurs.


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