Le cortisol est une hormone synthétisée par les glandes surrénales, situées au-dessus des reins. Sécrété en cas de stress, il participe aussi à des fonctions clés de l’organisme, cardiovasculaire, métabolique, immunitaire, etc. Mais d’où vient cette obsession pour cette hormone ? Faut-il réguler son cortisol ?

En partenariat avec Destination Santé - Aujourd'hui à 10:15 | mis à jour aujourd'hui à 10:16 - Temps de lecture :

  • Le cortisol est une hormone naturellement produite par les glandes surrénales qui participe, entre autres, à la régulation de la glycémie, de la pression artérielle, du système immunitaire et au maintien de l’éveil.Photo Adobe Stock

    Le cortisol est une hormone naturellement produite par les glandes surrénales qui participe, entre autres, à la régulation de la glycémie, de la pression artérielle, du système immunitaire et au maintien de l’éveil.

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  • Sa sécrétion suit un rythme circadien normal, avec un pic le matin (qui facilite le réveil) et une diminution au cours de la journée.Photo Adobe Stock

    Sa sécrétion suit un rythme circadien normal, avec un pic le matin (qui facilite le réveil) et une diminution au cours de la journée.

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Le cortisol est une hormone naturellement produite par les glandes surrénales qui participe, entre autres, à la régulation de la glycémie, de la pression artérielle, du système immunitaire et au maintien de l’éveil.

Sa sécrétion suit un rythme circadien normal, avec un pic le matin (qui facilite le réveil) et une diminution au cours de la journée.

Quel rôle pour le cortisol ? 

Le cortisol est sécrété lorsque, face à une menace perçue, le corps déclenche une réponse automatique héritée de l’évolution, appelée « fuite ou combat » : sous l’effet de l’adrénaline, le cœur accélère, la respiration s’intensifie et les muscles se préparent à agir.

Le cortisol élève ensuite la glycémie pour fournir de l’énergie aux muscles et au cerveau. Ce mécanisme protecteur ne devient problématique qu’en cas de stress intense et prolongé, physique (fièvre…) comme psychique.

Après la mode des antioxydants, des régimes anti-inflammatoires… le business du cortisol

Le cortisol a bon dos : fatigue, stress, anxiété, teint terne, baisse de régime ou de libido, envie de sucre, irritabilité, prise de poids…. Son étiquette d’« hormone du stress » en a fait un coupable tout désigné. Si ce matraquage simpliste n’a aucun fondement scientifique, ces idées ne sortent pas de nulle part. Elles découlent de l’ouvrage de James Wilson Adrenal Fatigue: The 21st Century Stress Syndrome (2002) qui a popularisé la notion de « fatigue des glandes surrénales ».

Selon cette théorie, un stress chronique épuiserait les glandes surrénales après une surproduction de cortisol, entraînant fatigue, troubles du sommeil, baisse de motivation ou burn-out. Une hypothèse et même un mythe dénoncent la Société française d’endocrinologie et l’Endocrine Society américaine. Cette dernière rappelle qu’il n’existe « aucune preuve scientifique permettant de confirmer que la fatigue surrénale est une véritable affection médicale ». Aucun test n’existe d’ailleurs pour la « diagnostiquer ».

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La « cortisol face » n’existe pas, en dehors de quelques maladies rares 

Même un stress chronique ne peut pas donner un visage « bouffi » ou « visage de lune », qui serait le témoin d’un surplus de cortisol, argument marketing des pseudo-experts en ligne. Les véritables troubles du cortisol sont rares et identifiés, comme le syndrome de Cushing (excès pathologique de cortisol) ou l’insuffisance surrénalienne (déficit de cortisol comme dans la maladie d’Addison). Ces affections nécessitent un diagnostic par des endocrinologues et une prise en charge spécialisée.

Par conséquent, aucun coaching du mode de vie proposé à prix d’or, ni produit ou complément alimentaire, en magasin ou sur internet, n’est en mesure de faire baisser le taux de cortisol. L’Ashwagandha, ce « ginseng indien », peut même être dangereux pour le foie. L’ANSM (2024) ne recommande pas de l’ingérer et des pays l’ont déjà interdit, comme le Danemark. 

La société américaine d’endocrinologie insistait en 2022 : « l’innocuité de nombreux de ces compléments vendus comme traitement contre la fatigue surrénalienne n'a pas été testée ». Ils préviennent : « Si vous prenez des compléments d'hormones surrénaliennes alors que vous n’en avez pas besoin, vos glandes surrénales risquent de cesser de fonctionner et de devenir incapables de produire les hormones nécessaires en cas de stress. Les personnes souffrant de ce problème risquent de développer une insuffisance surrénalienne aiguë, une affection potentiellement mortelle. »

Le cortisol ne nécessite pas d’être « régulé »  

Des travaux montrent qu’en cas de stress chronique, des concentrations élevées de cortisol deviennent délétères pour le cerveau. Mais pas d’inquiétude, cela concerne un stress durable, et non les variations normales ! Chez un individu en bonne santé (hors maladies rares citées plus haut), on ne cherche donc pas à « réguler » le cortisol ! Cette hormone est contrôlée automatiquement, et son élévation transitoire favorise l’adaptation aux agressions. « En dehors de pathologies endocriniennes diagnostiquées, aucune preuve scientifique ne justifie de réguler la concentration de cortisol », assènent les chercheurs Inserm Éric Tartour (équipe « Immunothérapie et traitement anti-angiogénique en cancérologie »), et Michel Cogné dans une mise au point en mars 2026.

De plus, selon une synthèse de la littérature scientifique publiée en 2024, des mesures isolées de cortisol ne permettent pas de diagnostiquer un dérèglement lié au stress psychologique, les concentrations variant selon l’heure, le sommeil, l’alimentation ou l’activité physique. On oublie donc les tests salivaires, ceux portant sur le microbiote ou l’alimentation, qui relèvent du charlatanisme.

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