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Alors que plus de trois millions de Français sont confrontés à un problème d’infertilité, les centres d’assistance médicale à la procréation sont submergés par les demandes. Un rapport avance plusieurs pistes pour réduire les délais et sensibiliser les jeunes adultes.

Jean-Michel Lahire - Aujourd'hui à 17:00 | mis à jour aujourd'hui à 17:05 - Temps de lecture :

La possibilité d’autoconservation non médicale d’ovocytes pourrait bientôt être étendue à une centaine de centres.  Photo  Ponizak/Sipa La possibilité d’autoconservation non médicale d’ovocytes pourrait bientôt être étendue à une centaine de centres. Photo Ponizak/Sipa

À l’approche de leur 29e anniversaire, tous les Français recevront une lettre de l’assurance-maladie pour les sensibiliser aux enjeux de l’infertilité. L’âge n’a pas été choisi au hasard : c’est celui à partir duquel la fertilité des femmes commence à diminuer. Le modèle est prêt et les premiers courriers sont attendus avant la fin du mois. Ce sera une des premières manifestations concrètes du Plan national de lutte contre l’infertilité, dont les grandes lignes ont été présentées par le ministère de la Santé, à la lumière du rapport rendu mardi par le comité de pilotage présidé par le Pr Samir Hamamah et Salomé Berlioux.

« Trop peu de nos concitoyens sont informés à l’âge où ils devraient l’être », a souligné la ministre Stéphanie Rist, qui a donné le coup d’envoi d’une campagne d’information nationale à destination de tous les Français de 20 à 35 ans, qu’ils aient ou non un projet parental.

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Jusqu’à deux ans d’attente en Île-de-France

L’infertilité est devenue un enjeu de santé publique. Entre 15 et 25 % des couples souhaitant avoir un enfant, soit plus de trois millions de personnes, connaissent des difficultés pour concevoir. La loi bioéthique d’août 2021, en élargissant l’accès à l’AMP (assistance médicale à la procréation) aux couples de femmes et aux femmes non mariées, ainsi qu’en autorisant l’autoconservation ovocytaire non médicale, a fait bondir les demandes. Les enquêtes de l’Agence de biomédecine révèlent l’ampleur des tensions. L’an dernier, seules 6 720 ponctions d’ovocytes pour autoconservation non médicale ont été réalisées, alors que les centres ont enregistré 20 700 demandes de consultation. En moyenne, il faut attendre douze mois avant d’obtenir un rendez-vous. En Île-de-France, la situation est encore plus critique avec des centres saturés et des délais d’attente pouvant atteindre les deux ans.

De plus en plus de Français effectuent leur parcours AMP à l’étranger : depuis août 2021, les remboursements du Centre national des soins à l’étranger (CSNE) ont bondi d’un tiers.

Vers une gestion nationale du stock de gamètes ?

« Il est indispensable d’augmenter l’offre d’autoconservation ovocytaire sociétale en France », insistent les auteurs du rapport, qui préconisent d’élargir cette offre à l’ensemble des centres d’AMP publics et privés. Stéphanie Rist a évoqué une possible « ouverture aux centres privés lucratifs, sans tabou », qui pourrait prendre la forme d’un amendement au projet de budget de la Sécurité sociale. Le ministère a par ailleurs confirmé l’ouverture de trente nouveaux centres d’AMP, portant à 70 le nombre de centres actuellement autorisés. L’objectif affiché est de réduire à six mois le délai entre la première consultation et la première tentative.

Pour réduire les goulets d’étranglement, le comité de pilotage propose également une gestion des dons de gamètes au niveau national. Plus de 2 500 personnes sont actuellement en attente d’ovocytes, avec un délai moyen de 22 mois. Pour les dons de spermatozoïdes, dont la demande a été multipliée par 8,5 depuis 2021, les délais atteignent 18 mois.

Annoncé par Emmanuel Macron en janvier 2024, le plan de lutte contre l’infertilité avait été remisé aux oubliettes à la suite des polémiques provoquées par le chef de l’État, qui avait parlé de « réarmement démographique ». Il avait été relancé en février dernier par le gouvernement, qui avait chargé le comité de pilotage de formuler des recommandations. Le ministère de la Santé a promis de « traduire ces propositions en mesures concrètes » en vue d’une actualisation du plan au début de l’année prochaine, juste avant la présidentielle.

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