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La canicule des derniers jours a mis à rude épreuve le système de santé, avec des hôpitaux inadaptés et des températures très élevées dans les chambres. La Fédération hospitalière de France (FHF) réclame la mise en œuvre d’un grand plan national d’investissement pour adapter les établissements de santé au climat actuel et à celui des années à venir.

Cyrielle Thevenin - Aujourd'hui à 16:00 | mis à jour aujourd'hui à 16:17 - Temps de lecture :

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Une femme de 84 ans est morte jeudi 25 juin dans l’hôpital dans lequel elle avait été admise quelques heures plus tôt pour une sciatique. L’auxiliaire de vie qui venait de lui rendre visite a raconté à RMC que la température de la chambre d’hôpital où elle se trouvait était montée à 39 °C. Chambres surchauffées, manque de climatisation et de ventilation… Les hôpitaux n’ont pas été épargnés par les fortes chaleurs la semaine dernière, et ont souvent dû improviser pour s’en protéger, alors même qu’ils étaient confrontés à un afflux de patients. Entre le 20 et le 28 juin, les appels au Samu ont progressé de 10 à 75 % dans certains territoires, dont le Grand Est, et plus d’un tiers des établissements hospitaliers ont connu un pic d’activité supérieur à 20 %, selon une enquête (*) de la Fédération hospitalière de France (FHF), qui réunit la plupart des établissements publics de santé.

Les remontées du terrain évoquent « des chambres non climatisées, des températures très fortes dans les services, des ascenseurs en panne, des équipements en surchauffe, des services inadaptés aux canicules répétées » et un « besoin supplémentaire de climatiseurs mobiles, de ventilateurs, brumisateurs, zones rafraîchies, films protecteurs occultants et une adaptation des tenues de travail ». « La chaleur met sous tension les bâtiments et équipements. Beaucoup de bâtiments ont été construits sur les données climatiques des années 1980 et il n’y a pas eu d’anticipation. Nous devons adapter les bâtiments au climat de 2026 et des années qui viennent. Ce n’est pas une simple question de confort mais d’accueil des patients et d’exercice des professionnels », a souligné ce mercredi lors d’un point presse Zaynab Riet, déléguée générale de la FHF.

Une partie des établissements de santé français ne sont pas adaptés aux fortes chaleurs.  Photo d'illustration Sipa/Ugo Amez

Une partie des établissements de santé français ne sont pas adaptés aux fortes chaleurs.  Photo d'illustration Sipa/Ugo Amez

Sept à neuf milliards d’euros d’investissements nécessaires

À l’horizon 2050, 86 % des hôpitaux connaîtront au moins sept jours supplémentaires au-delà de 30 °C chaque été, avec quatre fois plus de nuits tropicales, selon une étude Schneider Electric sur l’exposition des établissements hospitaliers au changement climatique, publiée mi-juin. La Fédération hospitalière de France réclame donc la mise en œuvre d’un « grand plan national d’investissement pour adapter les bâtiments hospitaliers et médico-sociaux au changement climatique ». Selon ses calculs, entre sept et neuf milliards d’euros d’investissements par an sont nécessaires pour maintenir le patrimoine, moderniser les équipements et adapter durablement les hôpitaux et Ehpad au changement climatique.

Actuellement, l’investissement hospitalier est de 5,5 milliards d’euros par an. « Les investissements que nous appelons de nos vœux ne peuvent plus être rabotés année après année au gré des arbitrages budgétaires et des crises. Ils doivent être sanctuarisés pour être préservés dans le cadre d’une loi de programmation en santé permettant aux établissements de disposer d’une visibilité pluriannuelle », a souligné Zaynab Riet.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a approuvé vendredi une commande de 30 000 climatiseurs pour les hôpitaux. Les premiers devraient arriver « en fin de semaine, début de semaine prochaine », a-t-il indiqué lundi. « Avant de climatiser, des investissements prioritaires s’imposent (volets et stores occultants, isolation, brise-soleil, brasseurs d’air, végétalisation », estime toutefois la FHF. Les hôpitaux publics plaident également pour qu’un volet « fortes chaleurs » soit intégré aux plans de gestion de crise, et qu’un référent transformation et adaptation écologiques soit nommé dans chaque établissement. « Il faut sortir de la gestion dans l’urgence et intégrer le changement climatique aux politiques d’investissement, avec un chantier de simplification pour accélérer rénovations et modernisations. L’enjeu est d’adapter progressivement et résolument nos hôpitaux, Ehpad, structures médico-sociales et plus largement notre système de santé à cette réalité climatique indéniable », indique Zaynab Riet.

(*) Enquête menée auprès de 198 établissements publics de santé, dont 146 établissements disposant d’un service d’urgences, représentant près de la moitié des CHU et une soixantaine des plus grands centres hospitaliers, ainsi que 48 Samu-Centres 15.

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