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Depuis mars 2026, un nouveau groupe bilingue des Alcooliques anonymes se réunit chaque mardi soir, à Pontivy (Morbihan).
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Par Rédaction Pontivy Publié le 17 juil. 2026 à 9h48
« Si ma présence ici peut inspirer ne serait-ce qu’une personne à rester abstinente, alors mon but est atteint. » C’est par ces mots que Ronan choisit de célébrer ses 30 ans de sobriété, jeudi 9 juillet, à Pontivy (Morbihan).
Accueilli au sein d’un nouveau groupe bilingue des Alcooliques anonymes (AA), il vient chercher l’adelphité.
« J’avais besoin de fêter mon anniversaire de sobriété entouré de personnes qui me comprennent »
Autour d’une table basse chargée de bonbons, quatre à cinq participants se réunissent désormais chaque semaine au 6 quai Plessis pour briser la solitude de la maladie. Ils ne partagent que leur prénom pour préserver leur anonymat.
L’initiative de ce point de rencontre revient notamment à Alexander, qui a constaté un manque dans la région. « Avant, il y avait un groupe à Mûr-de-Bretagne et comme il n’existe plus, j’ai cherché à en créer un à Pontivy. »
L’idée de relancer une dynamique bilingue, combinant le français et l’anglais, s’est donc concrétisée au début du printemps.
Pour Alexander, ces réunions sont essentielles pour les
personnes qui franchissent la porte des AA ; l’objectif ultime étant de leur montrer qu’il est possible de s’en sortir durablement. « C’est un but pour les nouveaux venus de finir comme Ronan », souligne-t-il.
« Je viens de Californie et je suis en vacances à Pontivy. J’avais besoin de fêter mon anniversaire de sobriété entouré de personnes qui me comprennent », confie Ronan.
Gwenaël, un autre participant, renchérit : « J’ai aussi fêté mon dernier anniversaire de sobriété en vacances, j’ai trouvé un groupe pour le célébrer en Belgique. » Une pratique qui leur permet de marquer le moment.
La force de l’expérience
La trajectoire de Ronan illustre d’ailleurs la solitude face à cette véritable maladie. Après avoir multiplié les fuites géographiques, notamment à New York et dans l’armée américaine, il a finalement trouvé le salut en intégrant les AA.
Le groupe repose sur le principe d’une entraide mutuelle, gratuite et confidentielle, où le partage d’expériences vécues et la pratique d’un programme de rétablissement en douze étapes permettent de se libérer de la dépendance à l’alcool.
« J’ai eu du mal au début à reconnaître que j’étais alcoolique parce que je ne buvais que les week-ends, et on a souvent une vision fausse de ce qu’est cette maladie. J’arrivais à arrêter quelques semaines ».
« Ce qu’ils ont, je le veux »
Reconstruit, Ronan a mené une carrière de 16 ans dans la police et parraine désormais plusieurs AA.
Le passage de la quatrième et de la cinquième étape consiste à livrer et reconnaître ses ressentiments et ses fautes personnelles. « On m’avait dit que mon premier anniversaire de sobriété était pour moi, mais que le reste était pour les nouveaux. On ne peut pas garder ce que l’on a si on ne le donne pas à son tour », affirme-t-il avec émotion.
Ce sentiment de renaissance est profondément partagé par l’ensemble de l’auditoire.
Gwenaël, abstinent depuis trois ans et aujourd’hui trésorier pour l’association, se rappelle avoir touché le fond avant de voir sa vie devenir un véritable miracle, lui qui élève désormais deux enfants. « C’est beau de pouvoir fêter ça, quand je suis arrivée aux AA je me suis dit ce qu’ils ont, je le veux », témoigne-t-il en écho au parcours de Ronan.
Juliette Huvet
Réunion des AA tous les mardis pour le groupe français, et les jeudis pour le groupe bilingue, au 6 quai Plessis, Bâtiment E, 2e étage. Contact : [email protected]
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