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Samuel Montembeault prêt à repartir à zéro

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Ce n’étaient que Kasper Halttunen et Jaxon Cover, dira-t-on, ce n’était qu’un match préparatoire, une moitié de match préparatoire même. Qu’on ne s’y trompe pas, aux yeux de Samuel Montembeault, c’était bien davantage que cela.

On venait de franchir la mi-temps dans ce duel à peu près aussi captivant jusqu’alors qu’une expédition d’ornithologie au secondaire et le gardien québécois savait que son tour approchait. Jacob Fowler avait amorcé le match contre l’équipe B des Sénateurs d’Ottawa samedi soir, la tâche revenait à Montembeault de le conclure.

Le portier s’échauffait dans le corridor, faisait un peu de visualisation de bon aloi. Un peu nerveux, et pour cause.

Je ne me souviens même pas c’est quand la dernière fois que j’ai joué au Centre Bell, a-t-il lâché dans le vestiaire après la victoire de 4-2 des siens dans ce dernier match préparatoire disputé à Montréal.

Un peu d’aide? C’était le 26 février, il y a exactement 7 mois. Entretemps, le gardien a perdu son filet, regardé son équipe atteindre la demi-finale de la Coupe Stanley sans pouvoir y apporter la moindre contribution sportive, s’est retrouvé dans toutes sortes de rumeurs d’échange et a peut-être cru que son heure était arrivée à Montréal.

Bref, Montembeault, tout à sa préparation, a fait son entrée dans le match avec un peu plus de 29 minutes à jouer. Le temps de se dégourdir les jambes et son coéquipier Jake Evans a offert un avantage numérique aux visiteurs.

Et pour ceux, dissipés et impatients, qui se posaient la question, c’est à ce point précis de l’histoire que Halttunen et Cover ont fait irruption. Montembeault a repoussé une première frappe du Finlandais, a fait de même avec Cover, qui a bondi sur le retour de tir de son coéquipier. Puis, Halttunen à nouveau et, finalement, Philip Tomasino.

Quatre arrêts en 18 petites secondes précisément. Visiblement, c’est tout ce que ça prend parfois pour rallier des partisans à sa cause. Les applaudissements ont fusé, on a scandé son nom à l’unisson, à l’endroit même où il était conspué l’an dernier, où l’on raillait ses arrêts de routine.

Un baume, a-t-il admis.

Ça fait vraiment du bien de recevoir cet amour.

Le travail accompli par le gardien de bientôt 30 ans semble porter ses fruits.

Plus tôt durant le camp d’entraînement, Martin St-Louis s’était dit impressionné par le professionnalisme de son joueur à travers ces épreuves. Il en a remis une couche samedi soir après la rencontre.

Sam a fait une remise à zéro l’année passée. Cet été, il est parti sur son processus, même à la fin de l’année dernière quand il ne jouait pas. Il travaille. Tu le vois, ce n’est pas comme s’il avait oublié de jouer au hockey. Dans n’importe quel sport, les athlètes, c’est souvent plus une question mentale que d’habiletés, a laissé tomber l’entraîneur.

C’est normal, à un moment donné, que tu sois brisé. Ça arrive. C’est comment tu te répares. Ça n’arrive pas juste avec de la chance, c’est grâce à tout ce qu’il a mis là-dedans. Je suis content pour lui, il a eu un très bon camp, a ajouté St-Louis.

En plus de sa prestation assurée de samedi, Montembeault a pratiquement été impeccable durant ses trois demi-matchs, accordant un but sur 35 lancers.

Sa relance n’a rien de bien sorcier. Le portier de Bécancour a passé beaucoup de temps au gymnase avec le préparateur physique Dale Lablans. Ç’a commencé pendant les séries éliminatoires. Après les entraînements matinaux, les jours de match, pendant que ses collègues allaient fermer l’œil la tête pleine de gloire, Montembeault se reconstruisait. Physiquement, mentalement.

Je savais que j’avais tout fait cet été pour me donner une chance. Quand je suis arrivé au camp, j’essayais de ne pas trop penser, de ne pas être trop dans ma tête et de juste foncer.

Il faut se parler. Si on se concentre sur les mauvaises affaires, on va penser juste à ça et c’est là que ça va aller vers le bas. C’est de toujours rester positif, de bien se parler. Je travaille aussi beaucoup sur la respiration parce que, quand tu te concentres sur ta respiration, tu ne penses à rien d’autre, a-t-il révélé.

Des choses simples en somme. De ces petites choses qui occupent l’esprit, qui le trompent parfois même, qui forgent la confiance et la prestance. Il y aura des sceptiques, c’est certain, à juste titre.

Mais il ne pouvait rêver d’un meilleur départ. Jeune homme intelligent, Montembeault se doute bien que sa carrière risque de se poursuivre ailleurs qu’à Montréal dans un avenir pas si lointain. Jakub Dobes est bien en selle actuellement, Fowler est l’héritier consensuel dans l’organisation.

S’il joue de cette façon durant la saison, il gagnera du temps. Pour lui, pour son équipe, pour tomber dans l’œil d’une autre formation peut-être, qui sait.

C’est un nouveau départ. Même avec un bon camp, ce n’est que la présaison. Quand ça commence mardi, ça recommence à zéro, a-t-il fait valoir.

Mardi, en effet, les joueurs, les équipes, les entraîneurs seront tous égaux. Il est toujours temps de réécrire son histoire.

En rafale

Soirée pénible pour la nouvelle mouture du désavantage numérique du CH, autant à Montréal qu’à Ottawa. Les six buts accordés dans ces deux duels par le Tricolore l’ont été avec un homme en moins. Sachant qu’il s’agit d’un point sur lequel les entraîneurs ont mis l’accent ces deux dernières semaines, ça fait un peu désordre.

Le nouvel entraîneur associé, Derek Lalonde, un spécialiste de ce département, a introduit un nouveau système qui requiert plus de hargne du quatuor défensif. Cette combativité leur a joué de mauvais tours dans le match à Montréal. Par deux fois, ils ont été pris en défaut quelques secondes seulement après une mise au jeu.

St-Louis, guilleret après le match, a choisi d’en rire.

On a été un peu trop agressifs. Il va falloir trouver un équilibre d’agressivité et on va continuer à travailler là-dessus. On doit avancer. Ça va prendre du temps, mais on doit être proactifs, a-t-il dit.

Il patine pendant une période de réchauffement.

Florian Xhekaj

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Par ailleurs, on connaîtra, dans les prochaines heures, la formation du Canadien qui amorcera la saison à Toronto mardi. Florian Xhekaj n’a laissé personne indifférent dans ce camp et a rempli sa partie du contrat pour tenter de décrocher un poste avec le grand club.

Le problème est d’ordre mathématique.

L’équipe mise sur 13 attaquants établis dans la LNH. En a-t-il dépassé un aux yeux de la direction? Peut-être. Mais l’on peut penser que, si les dirigeants décident de le garder à Montréal, ce sera pour le faire jouer et non le voir manger du maïs soufflé sur la galerie de presse. Et pour le faire jouer, St-Louis devrait mettre de côté deux vétérans. Malheureusement pour lui, ça semble improbable.

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