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Face à une hausse marquée de l’itinérance dans leur ville, les maires de Saint-Jérôme et de Drummondville déplorent ne pas avoir été retenus dans les deux projets auxquels Québec consacrera 28 millions de dollars pour lutter contre ce phénomène.
Les deux initiatives seront plutôt déployées dans les grands centres, soit à Montréal, Québec et Gatineau, a révélé jeudi dernier le gouvernement de la première ministre Christine Fréchette. Québec souhaite éventuellement les étendre au reste de la province, sans toutefois avancer d’échéancier.
Le premier projet prévoit la création de 1000 logements dans ces trois villes. Le principe : permettre à des gens à risque d’itinérance de conserver leur chez-soi en le convertissant en habitation subventionnée.
La seconde initiative mettra en place une nouvelle trajectoire de soins pour les personnes en situation d’itinérance vivant avec de graves problèmes de dépendance. Elles seront orientées vers des traitements spécialisés, puis vers un logement adapté.
« Saint-Jérôme aurait dû être considérée dans ces projets », affirme au Devoir le maire Rémi Barbeau. Dans les Laurentides, l’itinérance visible a augmenté de près de 74 % en trois ans, souligne-t-il. « C’est bien au-delà de la moyenne québécoise, qui est d’environ 20 %. »
Les besoins sont désormais criants dans cette ville de 86 000 habitants, poursuit-il. « On a plusieurs grands générateurs de vulnérabilité : une prison, des centres jeunesse et une aile psychiatrique. Il y a énormément de pression. »
Selon lui, les organismes communautaires font déjà un travail remarquable, mais manquent de ressources pour rejoindre les personnes aux prises avec de lourds problèmes de dépendance. « On finit toujours juste par traiter ceux qui sont le plus près de se réaffilier à la société. »
Le Programme de supplément au loyer en prévention pourrait aussi faire une réelle différence à Saint-Jérôme, estime M. Barbeau. « Chaque semaine, on croise des gens qui ont perdu leur logement à cause d’une rénoviction, d’une séparation ou d’une situation de violence conjugale », énumère-t-il.
Le printemps « le plus difficile »
Dans le Centre-du-Québec, à Drummondville, la situation se détériore rapidement, affirme de son côté le maire Jean-François Houle. « On semble vivre le printemps le plus difficile de notre histoire en itinérance. »
Selon le dernier dénombrement, la région a connu une hausse de plus de 27 % entre 2022 et 2025.
Être inclus dans les projets annoncés par Québec aurait pu aider sur le plan de la cohabitation sociale, estiment les deux élus. « Le vivre-ensemble n’est pas facile », résume M. Houle.
Le maire de Drummondville reconnaît que Montréal, Québec et Gatineau font elles aussi face à d’importants défis. M. Houle craint toutefois que les deux initiatives du gouvernement québécois mettent du temps avant d’être déployées dans des villes de taille moyenne comme la sienne.
« Nous aussi, on devrait faire partie des priorités », ajoute Rémi Barbeau. Selon ce dernier, d’autres municipalités des Laurentides, où l’itinérance commence également à gagner du terrain, se tournent désormais vers Saint-Jérôme pour obtenir des conseils. « On veut développer les meilleures pratiques ici. »
Mardi, le ministre responsable des services sociaux, Lionel Carmant, a affirmé que les régions à l’extérieur des grands centres touchées par l’itinérance recevraient de l’aide dans les « plus brefs délais ». Il n’a cependant pas pu préciser d’échéancier.
« La réalité, c’est qu’il faut changer les choses progressivement et on va au maximum de notre capacité », a-t-il dit, lors de l’étude des crédits budgétaires à l’Assemblée nationale.
Avec La Presse canadienne


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