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Saint‑Jean Rocks, des pierres peintes qui embellissent Saint‑Jean‑Baptiste

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À Saint‑Jean‑Baptiste, les chasses au trésor se jouent au détour des trottoirs, des parcs et des lieux de rencontre. Depuis une dizaine d’années, des pierres peintes, cachées un peu partout, sont devenues le fil conducteur d’une initiative communautaire qui mêle art, jeu et solidarité.

À l’origine, les pierres de la gentillesse sont un mouvement mondial qui consiste à peindre des galets avec des messages d’encouragement ou des dessins colorés. Ces pierres sont ensuite cachées dans des lieux publics pour qu’elles soient trouvées par des inconnus.

C’est en découvrant, par hasard, une pierre peinte déposée sur un chemin, il y a 10 ans, que Jeannine Ayotte, une résidente de Saint-Jean-Baptiste, décide de se prêter au jeu. Elle en prépare alors quelques-unes et les cache ensuite dans la communauté rurale. La réaction des enfants la convainc de continuer et d'en faire une tradition durable.

C’est ainsi que naît Saint‑Jean Rocks, un nom qui n'est pas choisi au hasard pour l'initiatrice du projet.

On a tellement un bon village. Et puis tout le monde aide ensemble, fait que tu es rock, explique Jeannine Ayotte.

Une roche peinte en verte avec l'inscription « Saint-Jean-Rocks ».

L'initiative est grandement appréciée par les habitants de Saint-Jean-Baptiste, en particulier chez les enfants, qui adorent chercher ces pierres avec leurs parents.

Photo : Radio-Canada / Bérénice Claude

Des créations faites avec minutie

Au fil des années, Jeannine Ayotte s’est entourée de sa belle‑sœur, Nicole Collette, et de sa cousine, Suzanne Marion Brown. Chacune apporte son talent, avec un processus de création qui respecte des étapes bien définies.

Nicole Collette prépare le terrain en appliquant la peinture de fond sur les pierres récoltées. Suzanne Marion Brown esquisse ensuite et trace les motifs au crayon. Enfin, Jeannine Ayotte peint minutieusement les détails, les couleurs et les finitions.

Une femme dessine sur une roche, avec l'inscription « Bonne fête ».

Travailler sur des pierres s'avère difficile, car leur surface n'est pas lisse, mais plutôt irrégulière et rugueuse.

Photo : Radio-Canada / Bérénice Claude

Les lignes, c'est très difficile [...] les roches sont pas smooth, mais on essaie de mettre ça le plus mieux qu'on peut, c'est un challenge. J'aime ça quand c'est un challenge, reconnaît Suzanne Marion Brown.

Chaque pierre est scellée avec deux couches de vernis spécial, ce qui permet aux motifs de résister de deux à trois ans aux intempéries, à la pluie et aux hivers enneigés. Certaines sont même coiffées de petits bonnets de laine, tricotés par Nicole Collette. Cela ajoute une touche de fantaisie.

Les pierres sont ensuite disséminées à travers Saint‑Jean‑Baptiste.

On essaie de trouver pour que ça aille avec la place : autour du magasin, on met des pommes ou des oranges, au restaurant, on met des french fries et des hot‑dogs, explique Jeannine Ayotte.

Des pierres peintes avec des motifs de visages, recouvertes de petits bonnets.

Les thèmes des dessins sont soigneusement choisis pour s'harmoniser avec l'endroit où les pierres sont cachées.

Photo : Radio-Canada / Bérénice Claude

Depuis les débuts, Jeannine Ayotte estime que ses complices et elle ont peint environ 1500 roches, aucune n’étant identique à l'autre. Pour l’année 2026 seulement, elles ont décoré entre 265 et 300 pierres.

Elles sont aujourd’hui convaincues que presque chaque foyer de Saint-Jean-Baptiste possède au moins une ou deux de leurs créations.

Le trio réalise aussi des commandes personnalisées à la demande des habitants, qui se sont multipliées avec le temps. Pour un jeune partisan de hockey, elles ont, par exemple, reproduit le logo des Canadiens de Montréal.

Ce n’est pas trop personnel, c’est juste qu’on le fait pour que le monde apprécie ce qu’on fait, raconte Suzanne Marion Brown.

Pour elle, la peinture sur pierre est aussi un moyen de rythmer les journées d’hiver. On n’a pas grand-chose à faire. Ça nous soulage, ça donne quelque chose à faire, explique-t-elle.

Trois femmes déposent des roches par terre.

L'unique motivation des trois créatrices est d'offrir des créations que les gens et les enfants de la communauté peuvent apprécier.

Photo : Radio-Canada

Selon Jeannine Ayotte, l'activité inciterait aussi petits et grands à faire des promenades au grand air.

Quand les petits-enfants viennent visiter les grands‑parents, ils les emmènent pour essayer de trouver des roches, ça court partout dans le parc. Et ils retournent à la maison avec la roche, c’est beau, explique-t-elle.

Depuis quatre ans, l’initiative s’est prolongée à la salle centenaire de Saint‑Jean‑Baptiste avec un projet collectif baptisé Jake the Snake. Ce serpent géant constitué de pierres peintes est une œuvre évolutive et participative.

On a commencé avec une tête de serpent et puis, là, on a demandé aux gens de continuer à la faire grandir, explique Jeannine Ayotte.

Chacun peut peindre sa pierre chez soi, en famille, puis venir la déposer au centre pour prolonger le serpent.

Aujourd’hui, le serpent compte environ 125 pierres et prend tellement de place qu’il faudra bientôt lui trouver un nouvel emplacement, estiment les trois artistes.

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