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Chanteuse et comédienne, Fanny Chériaux prête sa voix aux créations des 3 Flamants. Un talent brut et généreux qui fait vibrer le festival pléneuvien Houle Sentimentale.
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Par Helen Herault Publié le 15 oct. 2026 à 13h53
« Ils sont si tendres et si sucrés, je les adore un peu gratinés, et puis ils sont si faciles à attraper (…) j’aime manger, manger, manger, manger les enfants ! » Sa voix doucereuse devient ogresque lorsque Fanny Chériaux entame le refrain du hit qui a fait une grande partie du succès de la revisite du conte Hansel et Gretel par l’association des Trois Flamants, à Pléneuf-Val-André.
Le fameux conte des 3 Flamants
La première de cet incroyable spectacle mêlant le conte, le dessin et le chant a eu lieu sous le chapiteau de Houle Sentimentale, le festival de l’association, en novembre 2025 à Pléneuf-Val-André.
C’est devenu l’événement incontournable du festival monté par les 3 Flamants, qui, pendant un week-end, propose du spectacle vivant sous toutes ses formes : des numéros drôles, touchants, intenses.
Mais ce que tout le monde attend, les petits autant que les grands, c’est le conte des Trois Flamants du dimanche matin, avec aux grandes manœuvres, Fanny Chériaux. Et tout le petit populo qu’elle a dans la tête.
Chanter avant de parler
Dans ses cordes vocales surtout. « J’ai chanté très tôt, avant même de vraiment bien parler. Puis j’ai appris le piano et je chantais pour mes copines dans la cour quand elles me demandaient de faire le show : je me basais sur les spectacles de Madonna. J’étais fan. »
Bien loin des petites voix haut perchées d’Hansel et Gretel et de l’inflexion gutturale de l’affreuse sorcière en transe. « Ce jeu sur les voix, c’est venu bien plus tard. »
Etudiante à Rennes, Fanny intègre des groupes, chante sur scène, enregistre carrément trois albums.
« Le premier, ma voix est assez classique, c’est sur le deuxième qu’arrive la voix grave. » L’artiste se découvre alors une tessiture assez vaste avec des nuances très variées.
Je ne suis pas une imitatrice, mais j’aime incarner les personnages par la voix. J’adore, par exemple, lire les histoires à mes enfants avec des timbres différents.
Un talent vocal qu’elle découvre sur le tard et qui lui ouvre des portes. « J’ai fait des voix avec le marionnettiste Philippe Saumon, fondateur du festival Marionnet’Ic. » Au même moment, elle commence à faire du spectacle jeune public.
Sur le devant de la scène
Faire du théâtre, c’était mon rêve. Je n’y croyais pas vraiment. C’est ma voix qui m’a permis de toucher à la comédie et d’entrer dans le réseau ‘théâtre’ de Bretagne et des Côtes d’Armor.
Elle rencontre ainsi Nicolas Bonneau et fait la musique sur son spectacle Ali 74.
« Nicolas, quand il monte sur scène pour la première, le spectacle n’est jamais tout à fait fini. On a toujours des choses à ajouter, à ajuster. J’ai commencé à écrire avec lui, sur le contenu, la mise en scène… »

Et de fil en aiguille, à incarner de véritables personnages une fois le rideau levé.
Ainsi, sur le spectacle Monte Cristo, Fanny est époustouflante dans le monologue de l’abbé Faria. Elle ne l’est pas moins dans son spectacle Venise, où elle chante, raconte, joue, incarne l’histoire d’un corps.
Et elle a carrément scotché les enfants avant de faire éclater de rire les parents quand elle a chanté sa fameuse chanson de la sorcière, sous le chapiteau des 3 Flamants.
La Belle au bois dormant
« Ce conte, ce n’est que 10 % de ce que l’on propose en tant qu’artistes toute l’année, mais tout le monde nous en parle ! » sourit Fanny.

Et il est de retour dimanche 18 octobre, pour la 6e édition du festival Houle Sentimentale. Cette année, il s’agit d’une revisite de La Belle au bois dormant. « Nico a trouvé une suite, c’est là-dessus qu’on a travaillé. »
Fanny écrit les chansons, cherche les voix, Nicolas Bonneau travaille le récit et Alice Roy les dessins qu’elle va réaliser en direct.
On aura répété 2 fois avant la première, qui pour une fois, ne se fait pas au festival : on joue avant à l’école de Plédéliac.
Juste après avoir rejoué Hansel et Gretel à celle d’Hénansal-Quintenic.
« Pour les gens d’ici »
Fanny, c’est aussi la cheffe d’orchestre de la boum des familles du festival : le samedi en fin d’après-midi, trois quarts d’heure où on fait ce qu’on veut et ça fait du bien.
« Je mène ça avec une amie d’enfance, Christelle Philippe, artiste circassienne. » Le plaisir de renouer avec ses souvenirs d’enfance « en composant une setlist fédératrice bien choisie pour s’ambiancer comme quand on était petites. »
Des souvenirs d’enfance qui tiennent au cœur de Fanny, qui a grandi à Pléneuf-Val-André. « Voir mon école de Dahouët, où j’ai fait mes premiers spectacles aux copines, devenir l’école de musique, c’était déjà un beau symbole pour moi. »
Maintenant, créer et voir perdurer ce festival d’arts vivants chez moi, pour les habitants d’ici, c’est une belle boucle…
Et quelle boucle. Car pour des spectateurs attachés à leur coin, voir débarquer une telle exigence artistique sans avoir à courir dans une grande métropole, c’est vraiment une chance.
Avec la voix mielleuse d’une sorcière ou celle, rocailleuse, d’une ogresse, Fanny et toute la clique de Houle Sentimentale rappellent que la culture a aussi les pieds bien ancrés dans le terroir du Penthièvre.
Houle sentimentale, samedi 17 et dimanche 18, infos et réservations sur le site houlesentimentale.fr
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