L'inflation reste stable pour le moment au Royaume-Uni, à 3% sur un an, a annoncé l'Office national des statistiques. Mais cette dernière s'attend à une hausse de l'inflation dans les mois à venir suite au début de la guerre en Iran et à la flambée du pétrole.
L'inflation est restée stable en février au Royaume-Uni, à 3% sur un an, a annoncé mercredi l'Office national des statistiques (ONS), avant une hausse attendue avec l'envolée des prix des hydrocarbures en mars, dans le sillage de la guerre au Moyen-Orient.
Les prix avaient progressé de manière inattendue de 3,4% en décembre, bien loin de l'objectif de 2% affiché par la Banque d'Angleterre, avant de retomber à 3% en janvier. "Le principal facteur à la hausse a été le prix de l'habillement, qui a augmenté alors qu'il avait baissé un an plus tôt", souligne Grant Fitzner, économiste en chef de l'ONS.
Un baril qui se négocie désormais au-delà de 90 dollars
"Cela a été contrebalancé par la baisse des coûts de l'essence, les prix ayant été relevés avant le début du conflit au Moyen-Orient et la hausse subséquente des cours du pétrole brut", ajoute-t-il.
Les exportations d'hydrocarbures des pays du Golfe, notamment l'Arabie saoudite, l'Irak et le Qatar, sont fortement perturbées, l'Iran ayant quasiment paralysé le détroit d'Ormuz, par où transite habituellement près de 20% de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié.
"Le baril de pétrole tournait autour de 70 dollars tout au long du mois de février, mais il s'est négocié au-delà de 90 dollars pendant la majeure partie de mars", souligne Lindsay James, analyste chez Quilter, tandis que "les prix du gaz en Europe sont environ 60% plus élevés que leurs niveaux de février".
Vers une inflation en hausse au troisième trimestre 2026 outre-manche
"C'est pourquoi l'indice des prix à la consommation publié aujourd'hui est déjà dépassé. Il reflète une économie où l'inflation semblait se stabiliser et devait revenir vers 2,1% au deuxième trimestre", relève-t-elle. La Banque d'Angleterre a d'ailleurs déjà intégré cette poussée des prix en maintenant inchangé son taux directeur à 3,75% la semaine passée. Elle anticipe désormais une inflation britannique aux environs de 3% au deuxième trimestre, et de 3,5% au troisième.
La ministre des Finances Rachel Reeves a indiqué mardi devant le Parlement que le gouvernement travaillait à la mise en place d'une aide ciblée pour les ménages "qui en ont le plus besoin", lorsque le plafonnement actuel des prix de l'énergie arrivera à échéance fin juin. Mais l'exécutif doit composer avec une situation budgétaire tendue: le déficit public s'est creusé, alimentant les inquiétudes quant à la capacité du Royaume-Uni à absorber le choc énergétique qui se profile.


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