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Rentrés chez eux après avoir passé jusqu’à 24 heures coincés sur la route 63, à une centaine de kilomètres de Fort McMurray, des automobilistes, désormais reposés, s’interrogent sur la gestion de la situation par la province, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et les services d’urgence municipaux.
Judith Iwanski et son compagnon ont passé la nuit dans leur véhicule.
Nous sommes restés [dans notre véhicule pendant environ trois heures], et ça a commencé à devenir inquiétant de ne rien entendre de la part des autorités ou des services d’urgence quant au plan ou à ce qu’ils comptaient faire, se souvient-elle.
Pour ma part, j’ai passé plusieurs appels ce soir-là à toutes les parties concernées, comme la province, les services d’urgence régionaux et la GRC, mais sans succès.
Comme de nombreux automobilistes, elle savait qu’une tempête de neige allait s’abattre sur la région. Toutefois, elle ne s’en est pas inquiétée, puisqu’elle est habituée à conduire sur la route 63 dans ce genre de conditions.
On roule dans des conditions difficiles tout le temps, ça fait partie de la vie ici. Si, à chaque avis météo ou chaque chute de neige, plus personne ne prenait la route, l’industrie ne tournerait pas et les gens ne pourraient pas aller travailler. La route 63, c’est un corridor énergétique essentiel, explique-t-elle.

Des personnes ont passé la nuit de jeudi à vendredi dans leur véhicule.
Photo : X / Ryan Gerritsen
Cependant, elle croit que les autorités auraient dû la fermer. Cela aurait évité beaucoup de stress et de traumatisme à des centaines de personnes. C’était complètement évitable et inutile, soutient-elle.
Diana Noble, coincée pendant près de 15 heures, estime aussi que la route 63 aurait dû être fermée. Sa voiture a fait une sortie de route alors qu’elle aussi retournait chez elle, à Fort McMurray.
Elle confie avoir eu le sentiment que les autorités ne se souciaient pas suffisamment des personnes bloquées dans leur véhicule.
C’est inacceptable!
Je veux des réponses de la GRC. Je veux des réponses de la province. Je veux comprendre pourquoi cela s’est produit et comment on peut faire mieux la prochaine fois, lance-t-elle.
Elle déplore surtout le manque d’information des autorités locales et provinciales.
Nous n’avons reçu aucune information. Nous n’avons reçu aucune compassion. La dernière fois que nous avons appelé la GRC, ils nous ont carrément raccroché au nez, affirme-t-elle, accusant les autorités de négligence.
Elle ajoute que c’est grâce aux réseaux sociaux, notamment Facebook, qu’elle a pu obtenir des renseignements sur la situation.
Chronologie de la communication
Pourtant, plusieurs communications officielles ont été diffusées par les autorités tout au long de l’événement, notamment sur les réseaux sociaux.
La GRC de l’Alberta a commencé à publier sur sa page Facebook, dès le matin du jeudi 23 avril, pour notamment avertir que les conditions routières étaient exceptionnellement mauvaises. En raison des vents violents, de la poudrerie et des routes verglaçantes, il est déconseillé de circuler dans cette région, indiquait la publication de la GRC de l’Alberta à 9 h 37, ce jour-là.
Ensuite, une série de communiqués de presse a été envoyée aux médias entre jeudi après-midi et vendredi, rapportant la dégradation de la route.
La GRC escorte plusieurs dépanneuses vers le sud en empruntant les voies en direction nord de la route 63 afin de rejoindre les véhicules qui bloquent la chaussée et ceux immobilisés.
L’état déplorable des routes a provoqué plusieurs accidents impliquant notamment des semi-remorques. Les services d’urgence fournissent de la nourriture et de l’essence aux automobilistes bloqués, précisait le communiqué de 4 h 19 du matin annonçant la fermeture d’une bonne partie de la route 63, par la GRC, à la suite de collisions impliquant notamment des semi-remorques.

De la nuit de jeudi à vendredi, des équipes de la GRC et d'autres services d'urgence ont été dépêchées pour assister les personnes bloquées.
Photo : Fournie par Facebook
Le 24 avril, à 9 h 00 du matin, la GRC de l’Alberta a fait un récapitulatif de la situation sur sa page Facebook.
En raison du volume élevé d’appels liés à de multiples collisions et à des automobilistes coincés, ainsi que de mauvaises conditions routières et météorologiques, les interventions d’urgence peuvent prendre plus de temps qu’à l’habitude. Si vous êtes immobilisé, restez avec votre véhicule, soulignait la publication.
La municipalité rurale de Wood Buffalo a pour sa part republié les messages de la GRC sur sa page Facebook, suivie par 48 000 abonnés.
Elle a aussi publié une vidéo de la sergente Sabrina Clayton indiquant que la route était impraticable et que des personnes ont été bloquées toute la nuit de jeudi à vendredi.
Une intervention coordonnée est en cours. Les équipes provinciales procèdent activement au déneigement avec de l’équipement supplémentaire, notamment des chasse-neige et des épandeuses de sable. La GRC collabore avec des remorqueurs pour atteindre les véhicules immobilisés, a-t-elle dit.
Est-ce que la GRC aurait dû fermer la route avant les premières collisions? La GRC ne peut pas fermer de route de façon préventive, sauf pour les besoins d’une enquête. La fermeture préventive d’une route revient à la province.
La GRC doit tenir une conférence de presse lundi pour faire le point sur les interventions et répondre aux questions soulevées par les automobilistes.


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