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Rattrapée par l’émotion sur le court Simonne-Mathieu, la 15e joueuse mondiale a livré un discours poignant dans la foulée de son succès face à la Russe Oksana Selekhmeteva, ce dimanche.
Passer la publicité Passer la publicitéC’est l’une des images fortes de ce début de Roland-Garros. Impériale lors de son entrée en lice face à la Russe Oksana Selekhmeteva, à qui elle n’a pas serré la main à la fin du match, l’Ukrainienne Marta Kostyuk a été rattrapée par l’émotion à l’issue de la partie. Dans son discours sur le court Simonne-Mathieu, la 15e joueuse mondiale s’est confiée sur les moments très difficiles vécus par sa famille, en Ukraine.
«Je suis très fière de moi aujourd’hui. Je crois que ça a été l’un des matchs les plus difficiles de ma carrière. Ce matin, un missile est tombé et a détruit un bâtiment à 100 mètres de la maison de mes parents, a détaillé la récente lauréate du tournoi de Madrid, émue aux larmes. Je ne savais pas comment ce match allait se dérouler pour moi, je ne savais pas comment j’allais le gérer. J’ai pleuré une partie de la matinée. Mais je ne veux pas parler de moi aujourd’hui. Je suis très heureuse d’être au deuxième tour mais toutes mes pensées et tout mon cœur vont au peuple ukrainien. Merci infiniment d’être venus. Gloire à l’Ukraine.»
«Mon exemple est le peuple ukrainien»
«Gloire à l’Ukraine», un discours que Kostyuk avait déjà tenu le 2 mai dernier, dans la capitale espagnole, après son premier titre glané en WTA 1000 contre la Russe Mirra Andreeva.
Très soutenue par le public parisien, l’Ukrainienne a ajouté en sanglots que «c’est important de continuer» car «mon exemple est le peuple ukrainien». «Je me suis réveillée ce matin et j’ai regardé toutes ces personnes qui se sont réveillées et ont continué à vivre leur vie, à aider les gens dans le besoin. Je savais qu’il y aurait beaucoup de drapeaux ukrainiens ici aujourd’hui et que beaucoup d’Ukrainiens viendraient nous soutenir. Mes amis d’Ukraine sont venus aussi, je suis très heureuse de les avoir ici. Je n’ai pas grand-chose à ajouter», a-t-elle conclu sous les applaudissements.
«Tout le monde est en vie, tout va bien»
Quelques minutes plus tard, en conférence de presse, Marta Kostyuk s’est exprimée sur sa matinée éprouvante avant d’entrer sur les courts. Avec les informations qui lui parvenaient de son pays natal. «J’ai cette photo de la maison de mes parents. Je n’ai pas de vidéo, mais c’est ce que j’ai reçu ce matin à 8 heures. Il a fallu que j’encaisse, et que j’aille jouer quand même. Bien sûr, il y a eu des moments, pendant le jeu, où j’y ai réfléchi. Ce matin, je me sentais malade, parce que je me suis dit qu’à peu de chose près, je n’aurais plus eu ni de mère, ni de sœur aujourd’hui, a-t-elle raconté. Je n’ai pas encore parlé avec elles au téléphone. On s’est échangé des textos [...] Beaucoup de mes amis essaient juste d’arriver à dormir, parce que cela a pris la moitié de la nuit, ces bombardements. Ils sont stressés, ils essaient de se remettre. Ils ont eu très peur, bien sûr. Ce qu’il se passe, c’est que l’on a très peur. Mais cela n’a pas été la première nuit difficile, et ça ne sera pas la dernière. Ils s’adaptent.»
Et d’ajouter à propos de son état d’esprit à l’heure d’entamer la compétition : «C’était probablement le moment le plus difficile, parce qu’on ne savait pas ce qui se passait. Toute ma famille était là. Il y avait 17 personnes dans la maison. C’était une vraie inconnue. Les deux premiers mois de l’année ont été difficiles. Je crois que c’est la fois où le conflit s’est le plus rapproché de ma maison. Donc, il y a eu des moments difficiles. Aujourd’hui, je dirais que celui-là compte parmi les trois pires moments. Tout le monde allait bien, personne n’était à l’hôpital, ou en était sorti. Je ne veux pas penser à ce que j’aurais fait si la situation avait été pire. Mais je n’ai pas envisagé de ne pas aller jouer, parce qu’en fin de compte, tout le monde est en vie, tout va bien.»
Parmi les outsiders du tableau féminin, Kostyuk poursuit sa route à Paris et affrontera au deuxième tour l’Américaine Katie Volynets, tombeuse de la Française Clara Burel.


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