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Roland-Garros 2026 : on vous explique la fronde des meilleurs joueurs à deux jours du tournoi

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Sport 22/05/2026 06:30

Le traditionnel « media day », ce vendredi, sera marqué par les protestations des joueurs. Ceux-ci y voient « un message d’unité » face aux organisateurs des quatre tournois du Grand Chelem.

Par Vincent Gibert avec AFP

Des balles officielles du tournoi de Roland-Garros, à Paris, le 20 mai 2026.

MATTHIEU MIRVILLE / DPPI via AFP

Des balles officielles du tournoi de Roland-Garros, à Paris, le 20 mai 2026.

L’édition 2026 de Roland-Garros se lance avec de l’inédit. Ce vendredi 22 mai, deux jours avant les premiers matches du tournoi du Grand Chelem sur la terre battue parisienne, le traditionnel « media day » ne ressemblera pas à ce qui se fait habituellement.

Au moins 20 joueurs, dont les N.1 mondiaux Aryna Sabalenka et Jannik Sinner, ont en effet prévu de montrer leur mécontentement lors de cette journée traditionnellement dédiée aux obligations médiatiques. Cela se traduira par une présence devant les journalistes écourtée à 15 minutes. Résultat, ils donneront leur traditionnelle conférence de presse d’avant-tournoi, un exercice qui dure souvent moins de 15 minutes, avant d’écourter ou de renoncer aux interviews habituellement accordées dans la foulée aux détenteurs de droits du tournoi.

Ces 15 minutes font écho à la dotation financière des tournois du Grand Chelem, qui équivaut selon les joueurs à environ 15 % des revenus des quatre épreuves phares du tennis mondial. Ce qui est beaucoup trop peu, selon eux.

Depuis plus d’un an, des membres du top 10 mondial et leurs représentants négocient en effet avec les quatre tournois du Grand Chelem pour porter à 22 % la part des recettes reversée aux joueurs, sans qu’un compromis n’ait été trouvé à ce stade. Parmi les joueurs protestataires pour ce vendredi, figurent sept membres du top 10 masculin et sept membres du top 10 féminin.

La fronde des joueurs « n’est pas un boycott des médias, ni une grève », a insisté dans la semaine auprès de l’AFP l’entourage d’une joueuse du top 10 mondial. « Nous avons un respect absolu des journalistes et du rôle qu’ils jouent », a développé cette source. Mais « après plusieurs mois de discussions » infructueuses avec les tournois du Grand Chelem, la limitation à 15 minutes du temps accordé aux médias vendredi est « un message d’unité des joueurs », argumente-t-elle.

« Les revenus des tournois du Grand Chelem ont significativement augmenté ces dernières années, mais la part de ces revenus perçue par les joueurs a décru » en pourcentage, juge l’entourage de la joueuse. « Nous demandons simplement une distribution plus équitable et un système plus équilibré pour tous les joueurs », insiste la même source.

« On ne va pas bouger », assure Amélie Mauresmo

Alors que les meilleurs joueurs mondiaux perçoivent déjà des millions d’euros de dotation, leur mouvement d’humeur vise à défendre l’intérêt de l’ensemble des membres du circuit, assure-t-elle. « Il ne s’agit pas que de nous (les membres du top 10) mais de tous ceux qui façonnent ce sport - les joueurs qui construisent leur carrière, ceux qui reviennent de blessure et ceux qui disputent les qualifications », insiste cette source.

Malgré tous ces arguments, la Fédération française de tennis n’envisage pas de revoir à la hausse la dotation financière de l’édition 2026 de Roland-Garros, déjà augmentée par rapport à celle de 2025, a indiqué jeudi la directrice du tournoi Amélie Mauresmo.

Alors qu’une réunion avec les représentants des meilleurs joueurs mondiaux est programmée ce vendredi, « on ne va pas bouger », a affirmé l’ancienne joueuse française. « On a un prize money qui a (...) doublé en dix ans, et puis bien augmenté aussi ces derniers temps », a-t-elle souligné, « un peu triste » de la fronde des meilleurs joueurs.

Alors que la N.1 mondiale Aryna Sabalenka n’a pas exclu début mai de boycotter les tournois des Grand Chelem s’ils n’accédaient pas aux revendications financières des joueurs, la directrice du tournoi a assuré qu’elle prenait toutes les menaces « au sérieux ».

« On n’a pas l’habitude de prendre (...) ce qui vient des joueurs et joueuses par-dessus la jambe », a insisté l’ancienne N.1 mondiale, lauréate de l’Open d’Australie et de Wimbledon.

Avant la réunion de ce vendredi, organisée à l’initiative de la FFT et sans les représentants des trois autres tournois majeurs selon une source proche des discussions, « on est vraiment dans cette envie d’échanger, d’avancer, de se dire aussi que chacun a un pas à faire vers l’autre. » « Je suis confiante par rapport aux échanges qui vont avoir lieu et qui ont déjà eu lieu », a poursuivi Amélie Mauresmo alors que le conflit dure depuis plus d’un an désormais.

Dévoilée mi-avril, la dotation totale de Roland-Garros atteindra 61,72 millions d’euros en 2026, en hausse d’un peu plus de cinq millions d’euros sur un an (56,35 millions d’euros en 2025).

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