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Une page d’Histoire se tourne à Saguenay : dans le secteur Arvida, fondé il y a 100 ans pour accueillir une vaste aluminerie, la multinationale Rio Tinto a mis en service officiellement vendredi une nouvelle aluminerie agrandie, dotée d’une technologie moins polluante.
Avec ce projet de 2 milliards de dollars, « Rio Tinto pose les bases des 100 prochaines années en aluminium », a déclaré le directeur exécutif, opérations Atlantique, Aluminium de Rio Tinto, Sébastien Ross.
La conférence de presse s’est déroulée devant un parterre de travailleurs, de hauts dirigeants du conglomérat anglo-australien et de dignitaires, dont la première ministre Christine Fréchette et la ministre fédérale de l’Industrie, Mélanie Joly.
Malgré l’incertitude causée par les droits de douane de 50 % imposés sur l’aluminium canadien par le gouvernement Trump en 2025, Rio Tinto est revenue à un volume d’exportation dirigée à 80 % vers les États-Unis, ont confirmé ses dirigeants.
« Vous savez quoi ? On va la gagner cette guerre commerciale-là [avec les États-Unis], et on va avoir plus d’emplois ici », a déclaré la ministre Joly.
« Malgré les droits de douane [américains], le Saguenay-Lac-Saint-Jean demeure le cœur mondial de l’aluminium », a lancé Christine Fréchette, en faisant valoir que « 35 % à 40 % de la production d’aluminium des États membres de l’OTAN se fait ici ».
La première ministre a soutenu que l’aluminium du Québec a de nombreux atouts par rapport à celui de la Chine, l’autre « superpuissance » en aluminium, selon les mots de la première ministre.
« Beaucoup d’États ne veulent pas acheter de la Chine, donc on devient la solution de rechange », a plaidé Mme Fréchette.
L’aluminium à faible empreinte carbone sera une « carte maîtresse » dans l’avenir, a-t-elle ajouté.
Les lingots serviront autant à l’électrification de l’économie qu’aux industries de la défense, de l’automobile et de l’aérospatiale.
250 millions en argent public
Québec a accordé un prêt sans intérêt de 150 millions de dollars pour ce projet, tandis qu’Ottawa a investi 100 millions dans la technologie, baptisée Elysis.
La production des anciennes salles de cuve cessera progressivement d’ici à juin.
Au terme de la cérémonie, Rio Tinto a dévoilé un « capot de cuve », une sorte de portière qui donne accès à la cuve, que les dignitaires ont été invités à signer, à commencer par Mme Fréchette.
Le projet de 2 milliards de dollars sera pleinement fonctionnel à la fin de 2026, lorsque les 96 nouvelles cuves seront utilisées. À l’origine, la première phase d’AP60, lancée en 2013, comportait 38 cuves.
Le chantier d’agrandissement a mobilisé pas moins de 1500 travailleurs et 70 % des entreprises impliquées étaient québécoises.
L’agrandissement permettra d’augmenter la capacité de production de l’usine d’environ 160 000 tonnes métriques d’aluminium primaire par année, pour un total de 220 000 tonnes par an.
Rio Tinto affirme que la technologie AP60 « est parmi les plus efficaces et avec les émissions les plus faibles en carbone actuellement disponible à l’échelle commerciale ».
« Lorsqu’elle est combinée à l’utilisation d’hydroélectricité, comme dans les opérations de Rio Tinto au Canada, cette technologie génère six fois moins de gaz à effet de serre par tonne d’aluminium que la moyenne de l’industrie et deux fois moins que la technologie utilisée à l’ancienne aluminerie Arvida », a indiqué l’entreprise dans un communiqué.
La technologie AP60 génère environ 1,6 tonne d’équivalent CO2 par tonne d’aluminium produit.
L’ancienne technologie en produisait 3,2 tonnes d’équivalent CO2 par tonne d’aluminium, alors que la moyenne de l’industrie se situe à 10,9 tonnes d’équivalent CO2, a précisé Rio Tinto.


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