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Le nouveau sénateur Richard Martel ne veut pas s’avancer et dire s’il a été utilisé dans une stratégie pour renforcer la courte majorité de Mark Carney à la Chambre des communes. De plus, l’ex-député de Chicoutimi–Le Fjord ne voit pas sa démission comme un désaveu envers le Parti conservateur du Canada (PCC).
C’est ce qu’il a affirmé à l’occasion des premières entrevues qu'il a accordées depuis sa démission le 7 juillet. Son assermentation s’est déroulée lundi.
Daniel Gobeil, du Parti libéral du Canada (PLC), est devenu le nouveau député du comté saguenéen le 31 août avec plus de 50 % des votes.
Richard Martel a assuré qu’il n’avait pas été approché par les libéraux avant de recevoir l’offre de devenir sénateur.
Le bureau du premier ministre m'a téléphoné, puis ils m'ont dit : "M. Carney veut vous nommer sénateur." Alors là, j’ai dit : "Écoute, laisse-moi réfléchir un peu." J'étais un peu abasourdi, j'étais surpris. À partir de là, ça n’a pas été long. J'ai dit : "Oui, j'accepte", parce que je voulais vivre cette aventure-là, j'avais l'opportunité de le faire. Il y en a beaucoup qui veulent travailler au Sénat, mais il faut être nommé, a-t-il expliqué à l’émission Place publique.

Les sénateurs Pierre Moreau et Claude Carignan entourent le Saguenéen Richard Martel lors de la cérémonie d'assermentation à Ottawa.
Photo : The Canadian Press / PATRICK DOYLE
Tout au plus, a-t-il continué, des députés libéraux lui demandaient à la blague quand il allait se joindre à eux.
Ils disaient : "Richard, viens-tu nous trouver?" J'ai dit : "Non, non, oubliez ça." Alors, c'était clair pour moi que je ne traversais pas la Chambre, a-t-il révélé.
À la suite de l’élection générale d’avril 2025, le Parti libéral du Canada (PLC) était à court d’une majorité avec 169 sièges. La majorité a été obtenue depuis à la faveur de transfuges et d’élections partielles remportées.
Pas un désaveu
Richard Martel ne croit pas avoir été utilisé au détriment du PCC, et il pense que sa situation est complètement différente de celle de ses ex-collègues qui ont traversé la Chambre des communes.
Un huitième député conservateur quitterait son parti plus tard cet automne, a annoncé CBC cette semaine.
Moi, j'ai regardé qu'est-ce qu’il m'a [offert], puis, pour moi, c'était important le poste de sénateur. Alors, j'étais bien content. Le reste, stratégie, pas stratégie, c'est M. Carney qui pourrait plus vous en parler, mais qui pensait que les libéraux étaient assurés à 100 %? Moi, j'ai toujours pensé que Chicoutimi était un château fort pour les bloquistes, mais c'est M. Carney qui a gagné la partie, a-t-il ajouté, cette fois en entrevue au Téléjournal Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Richard Martel a été élu quatre fois avec le Parti conservateur du Canada. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marie-Michèle Bourassa
La circonscription a été détenue par le Bloc québécois de 1993 à 1997, puis de 2004 à 2011. André Harvey (conservateur, puis libéral), Dany Morin (néo-démocrate) ainsi que Denis Lemieux (libéral) ont aussi été élus. Pour sa part, Martel a été élu à quatre reprises.
Ce n'est pas un désaveu. Si je traverse la Chambre, ça, c'est un désaveu. [...] Je ne suis pas du côté des libéraux. C'est pour ça que j'ai dit lorsque j'ai donné ma démission : "Je suis allé, j'ai pris cette nomination-là, puis j'ai permis aux gens d'avoir une élection", a-t-il avoué en disant qu’il se réjouissait que l’élection partielle ait été déclenchée rapidement.
Pour les régions
L’ex-député entend avoir comme rôle principal de défendre les régions lorsque viendra le temps d’étudier les projets de loi.
Je vais parler pour les régions du Québec. Je suis un gars de région. Alors, quand je vais avoir des projets de loi qui vont avoir un impact, qui vont avoir un impact sur le Saguenay–Lac-Saint-Jean ou sur le Québec, bien, c'est sûr que j'ai un point de vue, a-t-il clamé.
C’est glorifiant
Le Chicoutimien se lance aussi à la défense de ses collègues sénateurs en disant qu’ils travaillent très fort, jusqu’à tard le soir, et qu’il ne s’ennuiera pas, comme l’avait prédit l’ex-ministre conservateur et sénateur Michael Fortier. Richard Martel estime qu’il s’agit d’un rôle prestigieux.

Richard Martel a été assermenté comme sénateur lundi soir.
Photo : Capture d'écran
Un sénateur, quand même, c'est honorable. [...] Je peux vous dire que c'est glorifiant, c'est le fun, puis c'est jusqu'à la fin de tes jours. Alors, c'est quand même une opportunité. Moi, c'est ce que je trouve. Puis aussi, bien, tu continues dans le travail de politique, mais avec des tâches différentes, a commenté l’ancien entraîneur-chef des Saguenéens de Chicoutimi de la Ligue de hockey junior Maritimes Québec (LHJMQ).
Le nouveau sénateur se donne du temps avant d’annoncer s’il se joindra à un groupe au Sénat.
Pas avec les Sénateurs d’Ottawa
L’annonce de son passage comme sénateur aurait aussi causé une certaine confusion dans la population, étant donné sa longue carrière au hockey. Des citoyens ont cru qu’il avait été nommé entraîneur-chef des Sénateurs d’Ottawa dans la Ligue nationale de hockey (LNH).
C'est arrivé quelques fois. Les gens m'appelaient en disant : “Richard, il faut que tu parles, le monde pense que tu vas diriger les Sénateurs d'Ottawa!", a-t-il conclu à la radio.


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