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Retour en classe mesuré à Tumbler Ridge

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Deux semaines après la tragédie de Tumbler Ridge, les parents de la communauté tentent de trouver le meilleur moyen d’accompagner leurs enfants qui devront un jour ou l’autre reprendre leurs cours.

Le gouvernement de la Colombie-Britannique a envoyé des salles de classe modulaires qui ont été installées près de l’école élémentaire de Tumbler Ridge pour accueillir les élèves de l’école secondaire.

Un kilomètre sépare les deux écoles. Les élèves du secondaire n’auront donc pas à retourner sur les lieux de la fusillade.

Le retour en classe pour les élèves se fait en tenant compte des traumatismes vécus récemment.

Une première visite des classes modulaires

Pour les élèves et les enseignants du secondaire, des occasions de se familiariser avec les nouvelles salles de classe sont prévues cette semaine.

La province prévoit un retour graduel commençant par des sessions sur le rétablissement à la suite d’un traumatisme.

Nicole Noksana est présidente du Comité consultatif des parents de Tumbler Ridge. Elle a des enfants dans les deux écoles.

Sa famille, comme d'autres de la communauté, tente toujours d’assimiler les événements entourant la fusillade qui a fait huit victimes le 10 février dernier, dont six élèves et une aide-enseignante à l’école secondaire.

Dans une petite communauté comme la nôtre, toutes les familles ont des liens, dit-elle. La plaie est encore à vif.

Un édifice à un étage bordé par un stationnement et une rue.

L'école secondaire de Tumbler Ridge est située près du centre-ville, à environ un kilomètre de l'école élémentaire.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Nicole Noksana ajoute que les sentiments sont partagés quant au retour en classe.

Il y a des élèves et des familles qui sont prêts au retour, à revenir à la routine et à la structure offertes par l’école, indique-t-elle. En même temps, il y a toujours la peur et des questions sans réponse.

Elle ajoute que ces questions sont surtout au sujet de la sécurité en ce qui a trait aux systèmes de surveillance et aux procédures de confinement. Mme Noksana fait remarquer que les salles de classe modulaires n’ont rien à voir avec l’édifice fréquenté auparavant par les élèves et les professeurs.

Un processus qui tient compte des traumatismes vécus

Steve Geoffrion, chercheur et codirecteur du Centre d'étude sur le trauma, explique que le retour à la routine est essentiel.

C’est ce qui va donner un sentiment de sécurité qui va aider les jeunes, même ceux qui ont plus de difficulté à développer leur résilience, souligne-t-il, ajoutant : Mais, par contre, il faut comprendre que chacun a des besoins différents. [...] Il ne faut pas forcer un retour.

Il est plus nuancé quant à la décision de ne pas reprendre les classes dans l'école secondaire existante, source de repères.

Parce que notre école était sécuritaire avant cet événement-là. [...] Si vous vivez un incident [à la maison], avez-vous envie d’aller dans un Airbnb ou [avez-vous] envie de retourner chez vous?

Entre-temps, M. Geoffrion suggère de récupérer des articles provenant des classes fréquentées auparavant par les élèves, pour que ces derniers retrouvent un sentiment qu'ils sont un peu comme dans leur classe.

Il faut réapprendre au cerveau que ça a été un grand danger dans l'école. Mais, la majorité du temps, c’est un endroit sécuritaire où j’apprends et je me développe.

Un homme souriant fixe l'objectif.

Steve Geoffrion est chercheur et codirecteur du Centre d'études sur le trauma. Il note que des formations sur les premiers soins en cas d'événements traumatisants sont offertes gratuitement en ligne.

Photo : Institut universitaire jeunes en difficulté

Le chercheur croit que la majorité des gens vont finir par s'adapter dans les prochaines semaines, dans les prochains mois, mais qu'il ne faut pas croire qu'ils sont insensibles. En fait, c’est ceux qui sont très empathiques, mais ils ont eu les ressources nécessaires, ou individuelles, ou de leur entourage, qui leur ont permis de s’adapter plus rapidement.

Steve Geoffrion soutient que la vigilance est toutefois de mise pour les membres de la communauté afin de reconnaître les symptômes de choc post-traumatiques, car il faut appuyer ceux qui pourraient être plus touchés.

Il recommande également des interventions plus suivies pour les élèves qui avaient un profil psychologique plus fragile avant la fusillade.

Avec des informations de Tom Summer

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