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Après une absence d’un peu plus de 10 ans, le Centre de formation professionnelle (CFP) de Mont-Joli-Mitis offre à nouveau le Diplôme d’études professionnelles en charpenterie-menuiserie. La première cohorte de 22 étudiants a entrepris son parcours ce lundi et devrait être à l'œuvre sur les chantiers de construction dès l’été 2027.
En raison des grands besoins de main-d’œuvre en construction dans la région, le CFP offrait tout de même depuis trois ans une Attestation d’études professionnelles. Ça donnait une base pour aller travailler sur les chantiers de construction , mentionne le directeur de la formation professionnelle au Centre de service scolaire des Phares, Jean-Pierre Doucet.
La formation de 750 heures ne donnait cependant pas accès au certificat de compétence de la Commission de la construction du Québec. C’était vraiment pour renflouer la pénurie qu’on avait dans le domaine de la construction , ajoute M. Doucet qui précise que les détenteurs de l’AEP devaient par la suite poursuivre leur apprentissage en formation continue.
À la fin de leur DEP, les charpentiers-menuisiers auront plutôt complété 1350 heures de formation. Eux, quand ils vont sortir, ils vont pouvoir aller directement sur les chantiers , explique l’enseignant Mathieu Paquet.

Jean-Pierre Doucet, directeur des Centres de formation professionnelle Mont-Joli – Rimouski.
Photo : Radio-Canada / Lisa-Marie Bélanger
En donnant le cours à Mont-Joli, on est vraiment central. On peut toucher la région de Rimouski, la vallée de La Matapédia, La Matanie, puis on a La Mitis également.
Jean-Pierre Doucet a été particulièrement surpris de l’engouement entourant la mise en place de cette formation. Il indique que plus de 80 personnes ont démontré de l’intérêt. Je savais qu’on aurait de la demande, mais je ne pensais pas qu’on en aurait autant qu’on en a eu.
Une seconde cohorte de 22 étudiants va entreprendre la formation en septembre. Les dossiers de candidature ne seront analysés qu’au mois de mars, mais déjà 15 personnes qui n’ont pas été retenues pour la première cohorte attendent patiemment leur tour.
C’est certain qu’on va remplir nos cohortes, puis ça va être très [profitable] pour le marché de l’emploi, pour les entrepreneurs.
Le premier groupe qu’on a là, c’est beaucoup du 20 à 25 ans. C’est des gens qui se sont rendu compte que le Cégep, ce n’était peut-être pas à 100 % pour eux , fait valoir l’enseignant Mathieu Paquet.
C’est justement le cas de Cédric Chalifoux. Je viens de finir mon DEC sans mention , mentionne le jeune homme de Sainte-Luce, qui avoue avoir détesté son expérience collégiale. Quand j’ai vu que le programme ici s’est ouvert, j’ai sauté sur l’occasion.
Pour Maxime Morneau, c’est son arrivée dans le monde de l’enseignement qui l’a convaincu de se réorienter professionnellement. J’ai fait un contrat de six mois [à l’école secondaire Paul-Hubert], puis je me suis rendu compte que ce n’était pas pour moi. J’ai besoin de quelque chose de plus manuel, confie le Rimouskois.

Maxime Morneau de Rimouski et Cédric Chalifoux de Sainte-Luce font un retour aux études en charpenterie-menuiserie.
Photo : Radio-Canada / Lisa-Marie Bélanger
Une formation offerte à long terme ?
Si les premières semaines de cours sont plus théoriques, la pratique va vite s’ajouter au menu. Le Centre de formation professionnelle loue des espaces dans l’ancienne usine de Bois BSL. Les actifs de l’entreprise qui a fait faillite en septembre 2024 ont depuis été rachetés pour le Groupement forestier Métis-Neigette.
La location de ces locaux va d’ailleurs permettre de former davantage de charpentiers-menuisiers. Quand on donne les cours dans nos bâtiments, on peut partir un cours aux deux ans parce que notre local n’est pas assez grand pour avoir deux cohortes en même temps , explique Jean-Pierre Doucet.
Les étudiants pourront se familiariser avec l’endroit d’ici environ trois semaines. Les outils, les machines ont été livrés. Ils sont en train d’être montés , précise M. Doucet.
Le coût de l’équipement a été payé par le ministère de l’Éducation. En incluant le matériel utilisé pour l’AEP et ce qui s’ajoute pour le DEP, ce montant avoisine les 500 000 $.
Le Centre de formation professionnelle de Mont-Joli-Mitis est autorisé à offrir la formation de charpenterie-menuiserie pendant trois ans, mais son directeur pense déjà à plus long terme.
Si jamais le ministère nous donne la permission de continuer, bien, il n’y aura aucun coût associé à la continuité, conclut Jean-Pierre Doucet.
On aimerait bien que le ministère reconduise ce programme-là, mais d’une façon permanente. Les installations le permettent , ajoute le maire de Mont-Joli, Martin Soucy, qui se réjouit du retour de cette formation dans sa ville.


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