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Retrouver leurs racines pour comprendre d’où ils viennent et qui ils sont, c’est la quête que partagent les quatre protagonistes du documentaire Retisser les liens, qui sera diffusé le 28 février sur ICI TÉLÉ.
Le fil conducteur est l’artiste Josée Bourgeois, productrice du documentaire qui réside dans la Première Nation de Pikwàkanagàn, que la réalisatrice Léa Pascal a rencontrée sur le tournage de la série Eaux turbulentes.
La danseuse et actrice a découvert à l’adolescence que son père était un survivant de la rafle des années 1960 et sa grand-mère, une ancienne élève des pensionnats pour Autochtones.
Ayant grandi sans contact avec sa culture algonquine, c'est par la danse traditionnelle, en se perfectionnant pour devenir danseuse professionnelle de pow-wow, qu'elle a pu renouer avec les traditions.
Un héritage qu’elle a transmis à son fils, Little Thunder (Petit tonnerre), avec qui elle parcourt maintenant la Route des pow-wow de l'Est.
Le plus grand succès de Josée, c'est son fils, qui a eu la chance, après deux générations coupées de leur culture, de grandir complètement entouré de cette culture algonquine, observe Léa Pascal en entrevue.
Ce récit a profondément touché la réalisatrice, qui s’est associée à Josée Bourgeois pour produire un documentaire sur son parcours. Elles ont ensuite décidé d’aller chercher d’autres membres des Premières Nations de diverses générations ayant des histoires semblables.
Héritage et transmission
Marco Poulin, 62 ans, a également été victime de la Grande rafle. Ce n’est qu’à l’âge adulte qu’il a découvert qu’il avait été adopté et que sa mère était probablement native d’une communauté anishinabe de l’Abitibi. Un choc difficile à encaisser pour celui qui n’a encore que des bribes d’information sur ses origines.

Comédien de métier, Marco Poulin a joué dans plusieurs productions de Robert Lepage.
Photo : Productions Kaqtukwew Ji’J
Marco Poulin s’est intéressé tout au fil de sa carrière à des projets explorant l’identité et la mémoire. Il tente maintenant de faire la paix avec son histoire, accompagné par ses deux filles, très fières de se découvrir des origines autochtones. Mais la blessure est profonde.
Je suis un génocide culturel. Si tu me mets dans le bois, je meurs. Je ne serai jamais un Autochtone.
Retrouver la fierté
Taio Gélinas, lui, est d’une autre génération. Originaire de Kanehsatà:ke, il a été exposé dès son enfance à la langue et la culture mohawks (kanien’kehá:ka), qu’il a fièrement assumées.
Le jeune acteur s’est déjà fait remarquer dans plusieurs productions, mais il déplore la façon dont les Autochtones sont habituellement dépeints dans les films et séries, comme des personnages sombres et méchants, sans grande profondeur.

L'acteur mohawk Taio Gélinas
Photo : Productions Kaqtukwew Ji’J
J’auditionne pour beaucoup de versions de ce personnage, constate le jeune Mohawk dans le documentaire.
Plus il va y avoir d’Autochtones qui écrivent eux-mêmes les scénarios, les films, les histoires et les livres [...] plus les rôles vont être authentiques, souhaite Taio Gélinas.
Retrouver sa communauté
Le musicien innu Éric Leblanc a grandi à l'extérieur de sa communauté, Uashat mak Mani-utenam. Sa mère a fui la violence conjugale dont elle était victime, emmenant ses deux enfants, lorsque le jeune Éric avait 9 ans. Ça m’a complètement déraciné de ma nation, raconte-t-il en entrevue.
Revenu à Sept-Îles, il a entamé des démarches pour retrouver son statut. Ce n’est qu’en 2022 qu’il l’a récupéré et qu'il a pu retourner vivre à Uashat mak Mani-utenam.
Grâce à son arbre généalogique, il essaye maintenant de retracer des membres de sa famille. J’ai été des années sans les connaître, explique-t-il.

Éric Leblanc a participé à l'émission Quel talent! avec sa chanson Mon identité.
Photo : Productions Kaqtukwew Ji’J
Il tente également de se réapproprier la langue. J’ai des dictionnaires, des livres… tous les jours, les gens avec qui je travaille me montrent des mots, raconte-t-il. Je réapprends la prononciation.
C’est grâce à sa participation à l’émission Quel talent! que la réalisatrice Léa Pascal l’a remarqué. Éric Leblanc y interprétait sa chanson, Mon identité, qui retrace son parcours.
Au départ, M. Leblanc n’était pas sûr de vouloir se joindre au documentaire et revivre des émotions douloureuses. Mais il s’est laissé convaincre pour témoigner du fait qu'on peut réussir, même [...] des années plus tard, à revenir dans notre communauté, dans nos racines.
Avec ces quatre parcours, ces quatre générations, Léa Pascal a souhaité montrer que les tentatives d’effacer les cultures n’ont pas fonctionné. Au contraire, les personnes qu’elle a rencontrées s'efforcent de renouer avec cette culture et de la transmettre à leurs enfants.
C'est une belle histoire de résilience, conclut Léa Pascal.
Produit par Josée Bourgeois pour les Productions Kaqtukwew Ji’J, le documentaire de Léa Pascal sera diffusé le samedi 28 février 2026 à 22 h 30 sur ICI TÉLÉ et sur ICI TOU.TV.


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