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Dans un message publié quelques heures après la fusillade, le candidat LR à la présidentielle avait dénoncé l’influence de Jean-Luc Mélenchon. Problème ? Les faits n’ont rien à voir.

« Dont acte » : Retailleau a eu bien du mal à revenir sur sa fake news sur LFI et Aubagne
Le candidat des « honnêtes gens » l’est-il lui-même ? Bruno Retailleau a eu toutes les peines du monde à reconnaître, ce jeudi 15 octobre, qu’il a publié un message particulièrement hâtif (et trompeur) après la fusillade survenue dans un collège des Bouches-du-Rhône, à Aubagne, trois jours plus tôt.
Quelques heures après qu’un adolescent de 14 ans a fait irruption dans l’établissement, ouvrant le feu au fusil de chasse et blessant le principal et une enseignante, le candidat Les Républicains à l’élection présidentielle avait évoqué la main cachée de Jean-Luc Mélenchon. « Cet acte d’une violence inouïe s’inscrit dans un climat de violence et d’impunité que La France insoumise contribue à entretenir par ses discours incessants contre nos institutions, nos figures d’autorité et nos forces de l’ordre », avait-il écrit sur les réseaux sociaux, sans attendre le moindre élément d’enquête pour établir ce lien très sensible.
Problème ? Ce drame n’a strictement rien à voir avec le mouvement de gauche radicale, ni avec la mobilisation sociale des lycéens. Bien au contraire. Le mineur, placé en détention provisoire mercredi, a effectivement admis « avoir été influencé » par une mouvance fascinée par les tueries de masse (et née en Amérique du Nord), selon le parquet antiterroriste, qui s’est saisi du dossier. Il s’agirait de la True Crime Community (TCC), une mouvance ultra-violente proche des thèses masculinistes d’extrême droite selon le renseignement français.
Retailleau persiste malgré tout
Une information que Bruno Retailleau n’a pas jugé bon de reprendre… Jusqu’à ce jeudi 15 octobre. Invité de la matinale de RTL, l’ancien ministre de l’Intérieur a effectivement été contraint de revenir sur son tweet initial (toujours en ligne à cette heure). Mais non sans mal.
Interrogé par Marc-Olivier Fogiel sur son message qui n’avait « rien à voir » avec les faits, le candidat LR à la présidentielle a surtout persisté. « On a aujourd’hui des violences qui viennent des ultras, de gauche comme de droite. Ce que j’observe dans la société, c’est qu’il y a un seul parti politique qui justifie la violence à un point que vous n’imaginez pas », a-t-il d’abord répliqué, en ciblant de nouveau la France insoumise.
Relancé par le journaliste, lui faisant remarquer que « ce drame n’a rien à voir avec LFI », le Vendéen a fini par lâcher un « dont acte » peu convaincu. Et d’ajouter, encore : « Vous me prenez un cas particulier, je vous en donne acte. Simplement, les hommes et les femmes politiques doivent lire dans l’actualité, les grandes tendances. C’est ce que je suis en train de vous expliquer. Je ferais tout pour que l’on fasse barrage à monsieur Mélenchon. »
Concernant les « grandes tendances », pour reprendre son terme, Bruno Retailleau semble malgré tout moins offensif au moment de dénoncer les accointances du Rassemblement national avec des personnalités ou groupuscules violents. On attend toujours sa réaction, par exemple, au soutien des lepénistes à un candidat aux municipales déjà condamné pour terrorisme.


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