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Bonne nouvelle, Bruxelles veut sauver Raphaël de TikTok en demandant d’abord à ses parents de prouver leur âge.
Selon un document de la Commission européenne consulté par Reuters, Bruxelles doit présenter le 17 septembre son futur « EU Kids Act ». À partir de 15 ans, les adolescents pourraient ouvrir seuls leurs comptes. À 13 et 14 ans, l’accès aux réseaux sociaux et plateformes vidéo passerait par des comptes ouverts sous contrôle parental, avec limitation des contacts et du temps d’utilisation.
Pour les enfants de 3 à 12 ans, les comptes seraient entièrement gérés par les parents et limités à des services adaptés. Les moins de 3 ans seraient exclus de ces services.
Protéger les enfants, mais vérifier l’âge
Le texte n’est pas encore une loi et son contenu peut évoluer. Mais Reuters rapporte déjà une obligation importante : les réseaux sociaux et plateformes vidéo devraient contrôler l’âge lors de l’ouverture d’un compte. Les plateformes de jeux devraient, elles, effectuer cette vérification avant le téléchargement.
Et c’est ici que la protection des enfants rencontre une vieille connaissance : le contrôle des adultes.
La Commission travaille déjà sur une solution européenne de vérification de l’âge, que les États membres sont invités à déployer avant la fin de 2026. Bruxelles assure que le système permettra de prouver son âge sans communiquer de données personnelles inutiles. Il pourrait fonctionner comme application indépendante ou être intégré au portefeuille européen d’identité numérique.
Autrement dit, Bruxelles promet le contrôle sans le fichage. C’est précisément là qu’il faudra regarder les détails plutôt que les slogans.
Le Conseil constitutionnel avait précisément identifié le problème
En France, Emmanuel Macron voulait déjà interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Mais le 14 août, le Conseil constitutionnel a censuré le dispositif.
Les Sages ont écrit noir sur blanc que l’interdiction impliquait « que toute personne, même majeure, fasse la preuve de son âge avant d’y accéder ». Ils ont également reproché au législateur de ne pas avoir suffisamment encadré les conditions de cette vérification au regard du respect de la vie privée.
Difficile d’être plus clair : empêcher un adolescent d’entrer oblige à contrôler ceux que l’on autorise à passer.
Macron n’a pourtant pas abandonné. Après son échec français, il a poussé Bruxelles à instaurer une majorité numérique européenne et défendu des solutions d’identification permettant la vérification de l’âge.
Le grand fichier central de tous les internautes européens est déjà prévu, et l’infrastructure permettant de prouver son âge à l’échelle européenne est bien en construction.
Le slogan est donc « protéger les enfants ». La vraie bataille sera de savoir jusqu’où l’on accepte de contrôler les adultes pour y parvenir. Et, comme souvent avec le numérique européen, ce qui commence comme une vérification limitée mérite d’être surveillé avant de devenir l’habitude.


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