Un rassemblement contre les violences dans le milieu scolaire s'est tenu samedi matin devant la mairie de Paris, au lendemain de l'arrestation de trois personnes dans le cadre du scandale dans le périscolaire. Les familles exigent des mesures et des actes.
Plus d'une cinquantaine de parents et d'enfants étaient rassemblés ce samedi matin devant la mairie de Paris pour mettre fin à l'omerta sur les violences sexuelles dans le périscolaire. Un rassemblement dans le sillage des révélations de novembre dernier.
Trois hommes, dont deux animateurs et le mari d'une institutrice, ont été arrêtés pour agression sur 12 enfants dans des écoles du 10e, du 15e et du 20e arrondissement de la capitale.
Une condamnation exigée "à la hauteur des dégâts"
Les familles exigent des mesures et des actes, comme cette maman interrogée par Europe 1. Elle raconte être venue poser des cartables au sol dans la matinée pour représenter tous ces enfants qui auraient dû être protégés. Parmi eux, sa fille, 4 ans au moment des faits, pour qui elle réclame justice aujourd'hui.
"Sur les deux agents masculins cités pour des violences sexuelles, il y en a un pour qui l'affaire a été classée sans suite. Il est suspendu et interdit de travailler à Paris intra-muros. Pour l'autre, le jugement aura lieu en mai. Nous espérons sincèrement qu'il y ait une vraie condamnation à la hauteur des dégâts", relate-t-elle auprès d'Europe 1.
"Il faudrait changer la loi"
Selon cette mère de famille, une dizaine de victimes est reconnue rien que dans l'école de sa fille du 11e arrondissement de Paris. Mais la vague de témoignages de tout petits continue de déferler selon l'avocate Me Taieb. Elle porte conseil au mouvement #MeTooEcole et défend plus d'une quinzaine de familles concernées.
"On nous dit aujourd'hui 'Promis, maintenant, on va former le personnel encadrant'. Mais enfin, c'est pas la base ?", interroge-t-elle. "'On va vérifier leur casier judiciaire', c'est pas la base ? 'On va les déplacer et les suspendre quand il y a une accusation grave'. Personne ne pouvait s'attendre à ce que ce ne soit pas déjà le cas. Il faudrait un audit global, une commission parlementaire, il faudrait changer la loi", estime Me Taieb.
Il faut également "maintenir la pression", selon l'avocate, "pour qu'un simple principe de précaution soit appliqué systématiquement, alors que les enquêtes voient difficilement le jour, que les portes restent fermées et que personne n'assume une responsabilité".


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