NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Des centaines de femmes et de jeunes filles parfois mineures figurent parmi les 5 000 migrants restés dans l'enclave. Selon la justice espagnole, 23 cas de violences sexuelles les concernant, dont cinq de viol, ont été signalés en un mois. Le média public espagnol RTVE s'est rendu sur place pour recueillir les témoignages de certaines de femmes hébergées dans des camps mis en place par des associations.
Publié le 01/09/2026 18:41
Temps de lecture : 8min
Une Marocaine devant un camp mis en place pour accueillir des femmes migrantes dans un quartier de Ceuta (Espagne). (RODRIGO GARCÍA / RTVE)
Depuis l'afflux massif survenu il y a un mois, 23 cas de violences sexuelles commises à l'encontre de migrants ont été signalés dans la ville autonome espagnole de Ceuta. Selon le gouvernement espagnol, 760 jeunes filles se trouvent encore à Ceuta, dont environ 300 sont hébergées dans des centres d'accueil.
Au milieu du chaos qui règne à Ceuta, la solidarité entre les habitants a permis à des centaines de femmes et de jeunes filles migrantes, qui erraient dans les rues après avoir traversé à la nage depuis le Maroc il y a un mois, de trouver refuge. Loin du centre-ville, dans le quartier du Principe Alfonso, un petit terrain de football a troqué ses ballons contre des tentes, du linge étendu sur des cordes, des couvertures et de nombreux rêves encore à réaliser. Il en va de même pour le terrain situé à côté de la mosquée Sidi Embarek. Une foule de jeunes femmes, de mères et de filles attendent là-bas, dans l'espoir d'une bonne nouvelle.
Dans les deux cas, ce sont des bénévoles issus des quartiers eux-mêmes qui prennent les devants, avec le soutien d'organisations humanitaires ayant fait don de denrées alimentaires, pour faire face à une crise qui, au cours du dernier mois, a submergé les autorités suite à l'afflux massif de migrants. "La principale raison pour laquelle nous avons décidé de prendre cette initiative est que, dès les trois premiers jours de cet afflux massif, nous avons commencé à nous rendre compte que les gens venaient chercher refuge chez nous parce qu'une vague de violences sexuelles et de harcèlement sexuel s'était produite, une situation que nous n'avions jamais connue auparavant."
C'est ce qu'explique Uzman Bersabé, membre du Mouvement social et de quartier de Ceuta et porte-parole des quartiers périphériques. Il s'adresse à RTVE à côté du grand chapiteau installé près de la mosquée, qui abrite près de 400 femmes et filles. Les hommes n'y sont pas admis.
"Nous avons mis en place ce camp où nous, les bénévoles de ce mouvement de quartier, avons décidé, face à l'inaction tant du gouvernement de Ceuta que du gouvernement espagnol, de les protéger, de les héberger et de prendre soin d'elles", souligne-t-il.
Extérieur du camp accueillant des femmes et des enfants en situation de vulnérabilité, situé à côté de la mosquée Sidi Embarek à Ceuta. (RODRIGO GARCIA)
"Nous sommes simplement une association de quartier qui a mis en place ce campement, en pensant qu'il durerait entre trois et cinq jours, mais cela fait maintenant près d'un mois que nous sommes ici", explique Ahmed Enfed-Dal, président de l'association de quartier de Principe Alfonso, qui gère l'autre campement, situé sur le terrain de sport à côté de l'école Reina-Sofia, où vivent 350 jeunes filles et 190 femmes.
Depuis lundi matin, il ne reste plus que les mineurs, les femmes adultes, parmi lesquelles des femmes enceintes et des mères accompagnées de leurs jeunes enfants, ayant été transférées vers un centre d'accueil mis en place par les autorités, financé par des fonds publics, près de La Hipica, dans la ville autonome de Ceuta. "Nous attendons désormais pour les mineurs restants. Voyons ce qu'ils vont faire d'eux. Où vont-ils les héberger ? Nous n'en savons rien", explique un bénévole, habitant du quartier.
Elle précise que la plupart des femmes et des jeunes filles qui ont passé ces dernières semaines dans ce camp de fortune vivaient dans la rue. L'association avait initialement installé un autre terrain de football dans le quartier, mais à la suite de plaintes de certains riverains, elle s'est installée à son emplacement actuel. "Et chaque jour, de nouvelles personnes arrivaient, davantage de femmes", souligne-t-elle.
Quoi qu'il en soit, le terrain devrait être libéré dans les prochains jours et les mineurs devraient être pris en charge par l'Etat. "Ce terrain appartient aux habitants du quartier. Les enfants du quartier y jouent. Et la rentrée scolaire approche à grands pas. Les enfants doivent pouvoir jouer ici : nous devons le libérer pour qu'il soit accessible à d'autres enfants", ajoute-t-il.
Dans la vie de tous les jours, dit-elle, il s'est passé toutes sortes de choses. "Il y a eu des maladies, des évanouissements, du stress. Toutes sortes de choses. Il s'est passé beaucoup de choses. Des disputes entre elles... Et notre travail ici, c'est d'essayer de nous assurer qu'elles vont bien, qu'elles s'entendent bien les unes avec les autres. De prendre soin d'elles du mieux que nous pouvons. Nous avons fait beaucoup pour éviter que quelque chose de grave ne se produise", conclut-elle.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Depuis le début de la crise migratoire, 23 cas de violences sexuelles commises à l'encontre de migrants ont été signalés dans la ville autonome de Ceuta, dont neuf impliquaient des mineurs âgés de 14 à 17 ans. Selon les données du parquet général de l'Etat, mises à jour lundi, cinq de ces affaires constituent des viols. Sur les huit auteurs présumés identifiés, quatre sont marocains, trois sont espagnols et un est belge. Quant aux victimes, toutes sont des femmes, à l'exception d'un homme appartenant à la communauté LGBTI.
"Il faut dire que nous sommes dans une ville frontalière et que nous avons des années d'expérience dans ce domaine. Mais cela ne s'était jamais produit auparavant. Elles sont arrivées terrifiées. Plus précisément, nous avons eu trois cas que nous avons bien sûr immédiatement transférés à l'hôpital, où l'on s'est occupé de tout. Les trois étaient des mineures", note Uzman Bersabé.
Dans le camp de la mosquée, une équipe de bénévoles féminines et une autre d'hommes, composées de résidents locaux et même d'autres migrants, sont présentes. Les femmes hébergées doivent être de retour à 21 heures si elles sortent dans la rue. "Parce que le danger est toujours présent. Tout ce que nous avons fait, c'est les sortir de la rue pour qu'elles n'aient pas à subir cela. Mais ", fait valoir la militante locale.
Dans le camp situé à côté de l'école Reina-Sofia, deux cas de violences sexuelles ont également été signalés. Le bénévole reconnaît le rôle que peuvent jouer les voisins pour soutenir les victimes, mais souligne que celles-ci ont besoin de plus que cela : d'un accompagnement psychologique spécialisé. "Nous faisons ce que nous pouvons, mais il faudrait un accompagnement plus personnalisé dans ce domaine, car il s'agit d'un problème grave."
Camp pour les femmes et les filles migrantes dans le quartier Principe Alfonso de Ceuta. (RODRIGO GARCIA)
"Grâce à des associations comme la nôtre et à d'autres, il n'y a pas eu beaucoup plus [de cas], car ces jeunes filles vivaient dans la rue, imaginez un peu ce qui aurait pu se passer", explique Ahmed Enfed-Dal.
S'exprimant lundi devant le Congrès des députés, la ministre de la Jeunesse et de l'Enfance, Sira Rego, a déclaré qu'il y avait actuellement 760 filles mineures se trouvant encore à Ceuta, dont environ 300 sont hébergées dans des centres communautaires locaux et "sous la surveillance ou la garde de la police". Quant aux 360 autres, elles sont déjà prises en charge par le système de protection de l'enfance de Ceuta. Parmi elles, 233 sont âgées de moins de 12 ans.
La ministre a qualifié d'"essentiel" d'accueillir sur le continent les mineurs non accompagnés entrés à Ceuta les 30 et 31 août, dont 1 478 sont toujours pris en charge par le système de protection de l'enfance de la ville. De son côté, la ministre de l'Egalité, Ana Redondo, explique que les neuf mineurs victimes de violences sexuelles sont pris en charge au Centre de crise ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre, géré par la ville autonome de Ceuta.
Un bénévole du camp installé dans le quartier Principe Alfonso de Ceuta. (RODRIGO GARCIA)
Toutefois, selon Uzman Bersabé, les chiffres avancés par le gouvernement concernant le nombre d'enfants migrants encore présents dans la ville "sont complètement erronés". "Nous, qui sommes sur le terrain et savons ce qui se passe, avons des chiffres très différents. Mais le fait est que nous nous rendons même compte que nous avons sous-estimé ce chiffre", admet-il, estimant à "un peu plus de 4 000" le nombre de jeunes [migrants] restant à Ceuta. Il souligne également que le nombre de femmes en situation de vulnérabilité est plus élevé que prévu. "A mesure que la nouvelle se répand que les gens quittent nos camps pour se rendre dans les lieux mis en place par le gouvernement, nous commençons désormais à voir de nombreuses femmes dont nous ignorions auparavant l'existence."
Selon le gouvernement, sur les plus de 70 000 migrants arrivés fin juillet, environ 5 000 se trouvent toujours à Ceuta après être retournés au Maroc. A ce jour, 3 300 places sont disponibles pour l'aide humanitaire dans divers centres d'accueil temporaires, notamment pour les femmes accompagnées d'enfants. Ce chiffre devrait passer à 6 000 afin de garantir que les nombreuses personnes qui se trouvent encore dans la rue soient hébergées dans des structures adaptées pendant que leur dossier est examiné.
Compte tenu de leur grande vulnérabilité et de leurs parcours souvent tragiques, il n'est pas facile de convaincre les femmes qui passent leurs journées dans ces camps de raconter leur histoire. Fati, âgée de 48 ans, fait partie de celles qui osent le faire : elle raconte avoir pris la mer avec ses deux enfants, son fils de 9 ans sur le dos, et sa fille de 16 ans nageant à ses côtés. "Et Dieu merci, nous sommes arrivés sains et saufs", dit-elle.
Fati, l'une des migrantes arrivées du Maroc hébergées au camp de Sidi Embarek à Ceuta. (RODRIGO GARCIA)
S'exprimant dans un espagnol simple, elle raconte avoir vécu en Espagne pendant près de trente ans, avant de décider de rentrer au Maroc. Par la suite, elle a voulu y retourner, mais n'a pas pu, et est donc restée dans son pays. Jusqu'à ce qu'elle saisisse l'occasion de tenter la traversée à la nage il y a un mois. "Des gens me poussaient sous l'eau. Dieu merci, d'autres m'ont tendu la main et m'ont sorti de l'eau", ajoute-t-elle. "Je ne veux pas que mes enfants souffrent au Maroc. Ils ont besoin d'un avenir", confie-t-elle. "Je préfère mourir ici plutôt que de retourner au Maroc", déclare-t-elle.
Une autre de ces femmes, qui préfère ne pas montrer son visage, a également franchi la frontière maritime avec ses deux enfants. Elle a installé sa petite fille dans une bouée gonflable, tandis qu'elle et son fils les poussaient. Ils avaient déjà tenté de rejoindre l'Espagne lors de l'afflux massif de 2021. La raison principale tient à une maladie du sang dont souffre la jeune fille : au Maroc, "si on n'a pas d'argent, il n'y a pas de solution."
Un article écrit par Rodrigo Garcia Melero (RTVE), initialement publié le mardi 1er septembre 2026 à 7h04. Traduit et édité pour franceinfo par Alice Kouri.


1 hour_ago
34



























.jpg)






French (CA)