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Des Libanais sont arrêtés ou enlevés par l'armée israélienne, puis détenus sans que leurs proches aient de leurs nouvelles. Un symbole inquiétant de l'occupation du pays par l'État hébreu.
Publié le 21/07/2026 11:40
Temps de lecture : 2min
Des habitations détruites par des frappes israéliennes sur le village frontalier de Khiam (Liban), le 13 juillet 2026. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun doit rencontrer Donald Trump mardi 21 juillet à la Maison Blanche. Il tente d'obtenir du président américain des garanties sur l'accord négocié avec Israël. L'enjeu est de parler du retrait israélien des zones occupées au sud du Liban, du désarmement du Hezbollah ou encore du soutien à l'armée libanaise. Dans ces discussions, un dossier reste pourtant souvent relégué au second plan, celui des Libanais arrêtés ou enlevés par l'armée israélienne au Liban puis détenus sans que leurs familles sachent où ils se trouvent. Pour les civils, ces disparitions sont devenues l'un des symboles les plus inquiétants d'une occupation qui se prolonge.
Il est difficile de trouver un village habité plus proche de la frontière que celui-ci : Halta. On est bien sous la ligne jaune imposée par l'armée israélienne, qui délimite la zone d'occupation. Les familles sont surtout des éleveurs ou des agriculteurs. Depuis plusieurs semaines déjà, certains d'entre eux disparaissent. Nahawand a perdu ses deux fils. "Ahmad, qui a six filles, Chawki, qui a quatre garçons, et Ali, leur cousin, qui vient tout juste de se fiancer, raconte-t-elle. Ils étaient partis labourer avec un groupe d'agriculteurs quand ils ont été enlevés."
Cela fait deux mois qu'elle n'a pas de nouvelles. Elle passe depuis ses journées ici, dans leur modeste maison, à espérer que leur silhouette, de retour, se détache en face à la frontière : "J'ai commencé à m'imaginer qu'ils avaient peut-être été blessés, ou tués et abandonnés quelque part, mais il me faut des nouvelles, sinon je pourrais en mourir, je le jure."
À côté d'elle, quelqu'un essaie de la consoler. Elle s'appelle Loubna. C'est aussi une femme de Halta, qui travaille avec la municipalité. Entre les bruits d'aviation et de dynamitages qui continuent malgré le cessez-le-feu, elle dit qu'elle ne pourra jamais s'habituer à ce nouveau fait d'occupation. "Si on regarde juste sur cette colline, on voit le drapeau israélien qu'ils ont planté", décrit-elle.
"Là-bas, avec mon mari, nous avions des ruches et nous avons perdu toutes nos abeilles en zone occupée. Il nous faut repartir de zéro."
Loubna, habitante de Halta
à franceinfo
On estime qu'ils sont 36 Libanais disparus pendant cette guerre, selon l'ONG libanaise Legal Agenda spécialisée dans les questions de droit et de libertés publiques. Parmi eux, au moins un tiers de combattants proches ou membres du Hezbollah. "On craint tous les jours les incursions israéliennes, poursuit Loubna. Et s'ils entrent ici : qui sera le prochain enlevé ? Qui pourrait être coupable ou innocent, qui serait ciblé, et qui d'autre attrapé par erreur ?"
Jusqu'à présent, l'armée israélienne refuse toute visite de la Croix-Rouge à ces prisonniers en dépit des conventions de Genève censées leur permettre. Leur sort est toujours incertain, comme celui de la présence de l'armée israélienne au sud du Liban qui se poursuit indéfiniment et sert aussi de levier de pression dans les négociations avec le Liban.
Au sud du Liban, des familles s'inquiètent de la disparition de leurs proches - Arthur Sarradin


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