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REPORTAGE. "On ne partira pas" : dans le sud du Liban, des habitants des villages chrétiens refusent de fuir malgré la guerre

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Malgré l'offensive de l’État hébreu contre le Hezbollah et des bombardements déjà meurtriers pour les civils, certains habitants des villages chrétiens du sud restent déterminés à demeurer chez eux.

Publié le 17/03/2026 18:49

Temps de lecture : 2min

Une banderole représentant les portraits de trois hommes tués en début de semaine lors d'une frappe israélienne dans le village chrétien d'Aïn Ebel, situé à la frontière sud du Liban, le 16 mars 2026. (DYLAN COLLINS / AFP) Une banderole représentant les portraits de trois hommes tués en début de semaine lors d'une frappe israélienne dans le village chrétien d'Aïn Ebel, situé à la frontière sud du Liban, le 16 mars 2026. (DYLAN COLLINS / AFP)

"Il avait 28 ans. On me l'a tué. Ils l'ont assassiné. C'est un crime !" La mère de Georges éclate en sanglots devant le représentant du Vatican au Liban. Monseigneur Paolo Borgia est venu à Aïn Ebel pour présenter ses condoléances aux familles d'Élie, de Georges et de Chadi, trois jeunes hommes tués le 12 mars dans une frappe de drone.

"Georges est mon frère, explique Graziella qui est inconsolable. Elie est le frère de ma mère aussi. Chadi est mon amie. On sait qu'ils étaient sur le toit car ils travaillent pour la connexion internet." A seulement sept kilomètres de la frontière avec Israël, c'est tout le village d'Aïn Ebel qui est en deuil. "C'est une grande catastrophe, dénonce Graziella. Nous n'avons pas quitté notre village et sommes toujours restés ici à côté de la frontière."

Les habitants veulent rester coûte que coûte tant que l'armée israélienne ne donnera pas l'ordre d'évacuer. Émilie, 70 ans, vit ici depuis trop longtemps pour envisager de partir : "Notre vie est là. Il n'y a rien à faire. C'est le Vatican qui nous a rassurés jusqu'à maintenant, qui nous aide à rester, à résister dans notre terre."

Soutenir moralement ces irréductibles, leur apporter aussi de la nourriture pour qu'ils puissent tenir, c'est la mission dont se sent investi le directeur de l'Œuvre d'orient au Liban, Vincent Gelot. "Les gens ici considèrent que ce conflit n'est pas le leur, qu'ils sont pris en otage et qu'ils n'ont pas à partir, explique-t-il. Ce sont de vieux villages. Ils ne sont pas très nombreux, ils sont une quinzaine le long de la frontière. Cela représente aujourd'hui entre 10 000 et 15 000 personnes."

"Ces villages sont importants aussi pour tous les Libanais parce qu'ils symbolisent une forme de résistance, mais pacifique pour le coup."

Vincent Gelot, directeur de l'Œuvre d'orient

à franceinfo

Alors que nous quittons Aïn Ebel, un drone israélien passe au-dessus de nos têtes. "Notre tort est de vivre entre Israël et le Hezbollah", se désole une jeune fille du village.

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