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À la fin de l’hiver 2024, la Ville de Matane signe une offre d’achat conditionnelle avec la Fabrique Coeur-Immaculé-de-Marie afin d’acquérir l’église Saint-Jérôme pour en faire une salle de spectacle. Un peu plus de deux ans plus tard, où en est le projet ?
C’est toujours notre intention de faire une salle de spectacle et multifonctionnelle dans l’église , lance d’emblée le maire de Matane, Eddy Métivier.
Encore à ce jour, le bâtiment ecclésiastique, situé sur l’avenue Saint-Jérôme, est toujours sacralisé, ce qui veut dire que des messes, des offices ainsi que d’autres services religieux — mariages, baptêmes ou funérailles — y sont toujours tenus.
Il y a deux messes par semaine et le reste est sur demande, selon la disponibilité des prêtres , précise le président de l’assemblée de la Fabrique Coeur-Immaculé-de-Marie, Jeannot Anctil.

Deux messes sont encore célébrées chaque semaine, le vendredi et le dimanche, à l'église Saint-Jérôme.
Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin
Le sous-sol de l’église est aussi encore occupé par les Alcooliques et les Narcotiques anonymes, les Filles d’Isabelle ou encore l’organisme d’aide alimentaire Mission Saint-Laurent. Une soupe populaire s’y déroule également tous les mardis et jeudi midi.
L’église étant toujours ouverte, c’est sûr qu’on va toujours l’utiliser.

Jeannot Anctil est le président de l'assemblée de la Fabrique Coeur-Immaculé-de-Marie. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Le maintien du culte jusqu’au début des travaux fait partie de l’entente entre la Ville et la fabrique, tout comme un montant annuel de 60 000 $ versé par Matane pour maintenir l’église en bon état .
Ils nous aident pour l’électricité, parce que, dans l’entente, il faut que l’église reste ouverte puis entretenue pour ne pas qu’elle soit désuète, confirme Jeannot Anctil.
Plus de 234 000 $ en études
Aux sommes annuelles octroyées par la Ville à la fabrique s’ajoute un budget prévisionnel global de 234 428 $ pour la réalisation d’études de faisabilité, dont l’offre d’achat est conditionnelle aux résultats.
Ces différentes études permettront au conseil municipal de statuer de manière éclairée sur la viabilité et la réalisation finale du projet de requalification, explique le maire Métivier.
Afin de limiter l’impact financier, la Ville a obtenu en 2024 deux subventions totalisant 150 000 $, couvrant la majorité des coûts : 75 000 $ du Conseil du Patrimoine religieux du Québec et 75 000 $ de la MRC de La Matanie.
L’investissement net assumé par la Ville de Matane à même son budget régulier s’élève donc à un peu plus de 84 428 $.
Le processus d’évaluation pour la requalification de l’église Saint-Jérôme s’est amorcé concrètement au début de l’année 2025 avec l’octroi d’un mandat à l’architecte Marie-Josée Deschênes pour la réalisation d’un audit technique, soit le carnet de santé du bâtiment, pour un montant de 11 497 $.

L'église Saint-Jérôme est située au croisement de l'avenue Saint-Jérôme et la rue de la Fabrique.
Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin
Au printemps, la Ville a fait analyser la présence de contaminants en mandatant, au coût de 5990 $, le Groupe Gesfor, Poirier, Pinchin qui a livré son rapport d’évaluation des matières dangereuses le 13 mai 2025.
L’aspect historique du site a été géré durant l’été 2025. En juin, Archéotec a été mandatée pour évaluer le potentiel archéologique des terrains pour 3500 $. En juillet, Patri-Arch a réalisé une étude patrimoniale pour identifier les éléments à préserver, pour 8500 $.
À l’automne 2025, une étude géotechnique de l’entreprise LER et un rapport sur la capacité du plancher de la nef d’Innovation Amerik ont été réalisés pour évaluer la capacité physique des sols et de la structure. Les documents obtenus par Radio-Canada ne précisent pas le coût de ces deux expertises.
Fort de ces données documentant l’état physique, environnemental, structurel et patrimonial de l’édifice, le conseil municipal a ensuite franchi une étape décisive le 9 février dernier en octroyant à la firme FABG Architectes le mandat de concevoir le Programme fonctionnel et technique ainsi que l’étude préliminaire pour 95 000 $.
Cette ultime phase d’étude vise à définir les plans d’aménagement, la faisabilité technique et les coûts précis de la future salle de spectacles. Les résultats finaux devraient être connus à l’automne.
Les voyants sont au vert pour continuer. On est vraiment à la croisée des chemins pour orienter les professionnels vers la vocation souhaitée pour l’église Saint-Jérôme.

Eddy Métivier est le maire de Matane. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Myriam Ouellette
Vocation et occupation
Si le conseil municipal matanais sait qu’il veut faire de l’église une salle de spectacle multifonctionnelle, les détails de la vocation et de l’occupation du bâtiment ne sont pas encore tous déterminés.
Pour l’instant, le diffuseur Arts et Spectacles Matanie (ASM) et l’École de ballet jazz de Matane (EBJM), située dans l’ancienne école Marie-Guyart, ont confirmé qu’ils intégreront le projet.
Arts et Spectacles Matanie n’a pas de rôle en soi dans le développement du projet, par contre, on appuie certainement la démarche , précise la directrice générale et artistique d’ASM, Sophianne Fortin.
Ce projet comporte des avantages significatifs pour l’organisation, selon Mme Fortin, principalement un lieu pour accueillir des spectacles. Actuellement, le diffuseur culturel présente ses spectacles à l’Auditorium de l’école secondaire de Matane ou encore au Barachois durant la saison estivale.
On est plus en soutien à la Ville pour l’instant, mais il a de grands avantages pour nous.

Sophianne Fortin est la directrice générale et artistique d'Arts et Spectacles Matanie.
Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin
La Ville indique aussi avoir tendu la main au festival PHOS, à Espace F ainsi qu’à l’École de musique de Matane pour qu’ils s’installent dans l’église. Ces derniers ont officiellement décliné l’offre au début de l’année, ayant déjà un projet culturel entre eux dans les cartons.
Pour ce qui est des occupants actuels du sous-sol de l’église, Eddy Métivier indique qu’il est encore trop tôt pour dire si ces organismes ne seront plus dans le bâtiment, mais il ne veut pas non plus faire la promesse qu’ils y resteront.
Ce n’est pas pour tout de suite. Ils ne se retrouveront pas à la rue, parce qu’on va être en mode solution pour leur trouver une place à eux , dit-il.
Des consultations, sous forme d’ateliers collaboratifs, auront lieu le 30 avril et le 2 mai pour les citoyens ainsi que le 1er mai pour le milieu culturel et communautaire, à la récréathèque du Colisée Béton-Provincial.


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