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À moins de trois semaines de la rentrée scolaire, plusieurs familles à faible revenu du Sud-Ouest de l'Ontario sont confrontées à des choix difficiles face à la hausse des prix du matériel scolaire. De nouveaux arrivants sans emplois, dont les allocations familiales pour enfants restent la seule source de revenus, sont particulièrement touchés.
Financièrement parlant, ça caille [expression qui veut dire que c’est difficile] un peu comme on dit chez nous. On est encore dans les préparatifs. Ce n’est pas facile , explique Bienvenu Aimé Selifack Sonna.

« Nous n’avons pas encore acheté de sacs à dos. On se dit que les enfants vont encore aller à l’école avec les sacs de l’année passée », explique Bienvenu Aimé Selifack Sonna.
Photo : Avec l’autorisation de Bienvenu Aimé Selifack Sonna.
Chaque saison exige des chaussures différentes pour les enfants, on ne s’est pas encore vraiment lancés.
Bienvenu Aimé Selifack Sonna et son épouse sont arrivés à Windsor en janvier 2025. Ils sont tous les deux étudiants.
En tant que parent et étudiant, on attend avoir le RAFEO [Régime d'aide financière aux étudiantes et étudiants de l'Ontario] qui nous aide souvent un peu à faire des achats. Ce qu’on donne pour l’entretien des enfants nous permet de vivre en attendant, souligne-t-il.
M. Sonna affirme avoir seulement magasiné quelques habits.
Kitumaini Bicura, qui réside également à Windsor, a 5 enfants, dont trois garçons adolescents. Tous chaussent du 12 et ont des marques préférées.
Ils ne portent pas n’importe quel soulier. Surtout les garçons, ce sont des souliers de plus de 300 $ qui me coûtent très cher, explique-t-elle.
Mon fils qui a 16 ans a acheté il y a trois jours, un soulier de 327 $.
L’achat des uniformes scolaires constitue un autre volet qui pèse lourd sur le budget de la famille de Kitumaini Bicura.
J’ai dépensé entre 500 et 600 $ pour les uniformes seulement , souligne Mme Bicura.
L’année dernière, un pantalon d’uniforme coûtait 45 $. Aujourd’hui, c’est entre 60 et 70 $. Pour le moment tout est cher, lance-t-elle.
Elle affirme avoir commencé à se préparer pour l’achat de quelques articles depuis le mois de juillet pour éviter le stress au début de l’année.
Pour sa part, Sharon Wallace, résidente de London et mère monoparentale de deux enfants au secondaire, explique vivre avec un budget très serré.
Selon Mme Wallace, certains articles restent hors prix.
Pour les cours de mathématiques de la 11e et 12 e année, on a besoin de modèles de calculatrices perfectionnés qui peuvent coûter 30, 40 ou 50 $ , souligne-t-elle.
Elle se dit toutefois chanceuse cette année. Sa fille a obtenu un emploi à temps partiel qui lui a permis de contribuer au budget familial.
Heureusement, elle a pu acheter son sac à dos à 60 $ et m’aider. Mais cela reste une grosse somme, pour elle, car elle gagne un salaire minimum.
Une année financièrement difficile
Kitumaini Bicura explique qu'elle a dû acheter de nouveaux pantalons, des culottes, des chandails parce que ses enfants ont grandi.
Si je prends ma calculatrice, j’ai dépensé plus de 1800 $ pour des habits seulement, dit-elle.
Selon Mme Bicura, les cahiers, des crayons et d’autres articles seront achetés à la dernière minute dans les magasins moins chers, notamment Dollarama.
Au-delà de ce matériel, elle doit dépenser plus de 140 $ pour les cheveux de son unique fille, qui fête bientôt ses 18 ans.
De son côté, Bienvenu Aimé Selifack Sonna estime que le budget pour cette année serait de 4000 $ pour ses 6 enfants.
Il aimerait surtout renouveler les sacs à dos, mais le budget familial ne suit pas la tendance de la hausse des prix du matériel sur le marché.
M. Sonna, qui vit des allocations familiales pour enfants et du RAFEO, s’inquiète tout de même cette année de la refonte de l’aide financière étudiante. Il craint que le prêt soit plus lourd que la bourse.
Il reste toutefois optimiste : On se bat pour le faire. On serre les dents pour faire le peu qu’on peut avoir.
Face à la pression financière à laquelle font face des ménages à faibles revenus, les parents interrogés aimeraient que le gouvernement prenne en charge une partie des fournitures scolaires.


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