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La cloche a sonné ce lundi 7 septembre à 7h30 pour près de 8 millions d’élèves camerounais. Mais derrière l’émotion classique des cartables neufs, cette rentrée scolaire s’ouvre sur un bilan qui pousse à la rupture. Le taux de réussite au DECC est passé de 70,15% en 2025 à 63,21%, et celui du GCE Board a chuté de 75,46% à 67,88%. Le chiffre fait mal, c’est le moins qu’on puisse dire.
Le pari du numérique face à une baisse de niveau
Pour répondre à ce décrochage, le ministère a choisi une ligne claire, martelée le 31 août dernier au Lycée technique de Nsam par la ministre Nalova Lyonga : « Transformation numérique et Intelligence artificielle pour une gouvernance inclusive et des enseignements de qualité. » Loin d’être un slogan creux, la méthode a déjà fait ses preuves l’an dernier. 81 établissements se sont distingués grâce aux 350 « Magic Boards » installés, aux 603 écoles du programme « Bridge the Gap » et à 51 semaines de révisions en ligne organisées chaque mercredi et samedi.
Cette année, l’ambition est de généraliser ce modèle. Des manuels digitalisés arrivent en classe de sixième et de seconde, histoire d’alléger les 80 000 à 150 000 francs CFA que chaque famille débourse pour les frais de scolarité. Une formation accélérée de 20 000 enseignants aux outils de l’intelligence artificielle est aussi prévue. Le numérique doit devenir le réflexe pour harmoniser les cours et imposer une culture du résultat, a insisté la ministre.
Elle sait pourtant que la technologie ne suffit pas sans discipline. Elle a exigé la fin de la gestion boutique où un lycée se résume à collecter les frais d’APEE, rappelant que le délégué régional incarne l’autorité centrale et doit travailler en discipline avec les structures départementales.
Sur le terrain, des chefs d’établissement débordés
À Yaoundé, Clément Onana Noah, proviseur du Lycée bilingue de Nkolndongo, ne cache rien. « Nos challenges en cette rentrée scolaire sont immenses. Ils vont de la remise en ordre de l’établissement à la vérification de l’état général des bâtiments, en passant par la salubrité, la réfection des installations électriques, le renforcement des équipements en tables-bancs », énumère-t-il. Son établissement accueille les élèves des deux sous-systèmes, francophone et anglophone. « Nous avons un manque criard de salles de classe. Nous n’avons plus de laboratoire », confie-t-il.
À Okola, Rigobert Fils Denis Ebode Ebode, proviseur du jeune Lycée d’Okoukouda, affronte un autre défi. Sa toute première promotion passe le probatoire cette année. « Les résultats doivent parler d’eux-mêmes », lâche-t-il, avant d’évoquer la discipline comme priorité absolue. Rien de sérieux ne saurait se faire dans le désordre, martèle-t-il.
Difficile de ne pas y voir un décalage entre les ambitions numériques affichées à Yaoundé et la réalité des salles de classe qui manquent sur le terrain.
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Alain-Claude Ndom
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.


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