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Refonte du régime d’aide aux étudiants ontariens : les étudiants réclament le statu quo

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Des centaines de personnes, principalement des étudiants, ont répondu à l’invitation de la section ontarienne de la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants, mercredi midi, sur les terrains de l’Assemblée législative de l’Ontario, à Toronto, afin de réclamer le gel des frais de scolarité et de dénoncer les changements annoncés au Régime d’aide financière aux étudiantes et étudiants de l’Ontario (RAFEO).

Voici le portrait de certains participants à cette manifestation.


Sophie Anderson

Sophie Anderson devant Queen's Park le 4 mars 2026 lors de la manifestation étudiante contre les changements au RAFEO.

Atteinte d’un handicap, la Franco-Ontarienne Sophie Anderson est une de celles qui seront les plus touchées par les changements proposés au RAFEO par le gouvernement Ford.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

À 23 ans, Sophie Anderson est étudiante de première année à la Polytechnique Seneca, à Toronto.

Elle reconnaît d’entrée de jeu qu'elle a dû travailler après l’obtention de son diplôme d’études secondaires afin d’avoir les moyens de continuer son parcours étudiant.

Atteinte d’un handicap, elle est une des étudiantes les plus touchées par les changements au RAFEO proposés par le gouvernement Ford.

Moi, je reçois beaucoup de bourses [du RAFEO], donc s’il coupe [la proportion maximale de bourses] de 85 % à 25 %, moi, je ne pourrai plus aller à l’école. Je ne serai plus capable de payer, explique-t-elle.

Cette Franco-Ontarienne qui a fait son parcours élémentaire et secondaire dans les écoles francophones de la région de Niagara souhaite obtenir un diplôme de technicienne en bibliothèque qui lui permettra d’aller travailler pour le conseil scolaire qui l’a vue grandir.

Aujourd’hui, son rêve est compromis. Je ne veux pas être celle qui va encore payer ses dettes étudiantes à 50 ou 60 ans et qui ne peut rien faire d’autre, avoue-t-elle.


Sarah Osman

Sarah Osman devant Queen's Park le 4 mars 2026 lors de la manifestation étudiante contre les changements au RAFEO.

Sarah Osman rêve de travailler dans le milieu de la recherche scientifique, une carrière qui nécessite des études supérieures, un parcours qui sera difficile sans les bourses du RAFEO.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Sarah Osman est étudiante en sciences à l’Université McMaster à Hamilton. Elle rêve de poursuivre des études supérieures après l’obtention de son baccalauréat.

Malheureusement, avec les coupes budgétaires au RAFEO, ce rêve s’éloigne de plus en plus, reconnaît Sarah. Je sais que maintenant, dès l’obtention de mon diplôme, je devrai rembourser de nombreux prêts, ce qui complique énormément les choses. Je serai obligée de chercher un emploi immédiatement après.

Pourtant, cette jeune femme a beaucoup d’ambition et souhaite travailler dans le domaine de la recherche scientifique non seulement pour elle-même mais pour venir en aide à son pays et à la société.

Nous avons besoin de scientifiques. Nous avons besoin de personnes dont les parcours scolaires sont parfois atypiques, pas seulement, comme l’a dit notre premier ministre, faire des études d’infirmière ou se former à un métier manuel, renchérit-elle.

Elle espère maintenant que le gouvernement Ford annulera ses changements au RAFEO.


Desmond Cudmore

Desmond Cudmore devant Queen's Park le 4 mars 2026 lors de la manifestation étudiante contre les changements au RAFEO.

Desmond Cudmore est élève de 12e année. La décision du gouvernement Ford ne pourrait pas arriver à un pire moment pour lui-même et pour l'ensemble de ses collègues qui rêvent de poursuivre leurs études postsecondaires.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Élève de 12e année à l’école secondaire Leaside de Toronto, Desmond Cudmore, 18 ans, aimerait se diriger vers des études en cinéma à l’Université métropolitaine de Toronto dès l’an prochain.

Il voit les changements proposés au RAFEO comme un obstacle à la poursuite de ses études et de celles de l’ensemble des élèves du secondaire à venir.

Ça va limiter mes options parce que je dois considérer toutes les choses financières avec lesquelles le RAFEO pouvait m'aider, confirme-t-il, très conscient du fait que dans l’économie actuelle, s’endetter n’est pas la meilleure idée, surtout à la hauteur qu’il pourrait maintenant devoir le faire.

S’il veut voir le gouvernement revenir sur ses décisions en ce qui concerne l’enseignement postsecondaire, il veut aussi voir Doug Fort quitter le pouvoir. Il détruit notre environnement, notre système d’éducation… Je ne crois pas que Doug Ford doive être notre représentant de l’Ontario, avoue-t-il candidement.


Jannat Yaqobi

Jannat Yaqobi devant Queen's Park le 4 mars 2026 lors de la manifestation étudiante contre les changements au RAFEO.

Jannat Yaqobi rappelle que les universités ontariennes sont également victimes d’un sous-financement.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Après avoir complété un baccalauréat en criminologie à l’Université York à Toronto, Jannat Yaqobi est aujourd’hui à sa première année de maîtrise en sociologie dans le même établissement

Comme tous les étudiants de deuxième cycle, elle bénéficie d’une bourse de maîtrise en plus du RAFEO. Il s’agit d’une allocation mensuelle qui nous permet de subvenir à nos besoins quotidiens et de couvrir nos besoins financiers. C’est le cas pour beaucoup d’étudiants des cycles supérieurs, y compris moi. Je vis dans une résidence universitaire et je paie un loyer, donc, pour moi, en plus de ma bourse d’études supérieures, qui ne couvre même pas la moitié de mon loyer, le RAFEO m’a aussi beaucoup aidée à gérer mes finances quotidiennes et mensuelles, notamment les coupes budgétaires, indique-t-elle en rappelant que la dette à long terme de son université dépasse actuellement les 600 millions de dollars et que les budgets sont réduits dans tous les départements.

Trois étudiants tenant une affiche disant « Éducation ne devrait pas dire une date à vie » lors de la manifestation du 4 mars 2026 à Queen’s Park (Toronto).

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Trois étudiants tiennent une affiche qui porte la mention «  L'éducation ne devrait pas mener à une dette à vie » lors de la manifestation du 4 mars 2026 à Queen’s Park, à Toronto.

Photo : Radio-Canada / Charley Dutil

Comme plusieurs étudiants, elle ne possède ni véhicule ni maison. Nous ne possédons presque rien, et maintenant, nous allons nous endetter encore davantage pour nos études, lance-t-elle.

Passer de 85 % de bourses à 25 %, c’est ridicule, surtout pour les étudiants qui sont dans une situation financière bien pire que la mienne. J’ai au moins ma famille sur qui compter en cas de besoin, reconnaît-elle.

Elle pense en particulier à ses collègues en provenance de l’étranger, qui ne peuvent pas compter sur les mêmes avantages que les Ontariens.

Ce sont des étudiants des cycles supérieurs. Ils sont seuls, ici, et avec le peu d’argent que leur famille restée au pays peut leur fournir, ils dépendent du RAFEO et de leurs bourses de maîtrise. Les étudiants étrangers sont limités quant au montant du RAFEO qu’ils reçoivent par rapport aux étudiants canadiens ainsi que quant au nombre d’heures de travail qu’ils peuvent effectuer, rappelle-t-elle.


Deux arrestations

Le pied d’une statue devant Queen’s Park à Toronto a été vandalisé et marqué de graffitis injurieux envers Doug Ford lors de la manifestation étudiante du 4 mars 2026.

Le pied d’une statue devant Queen’s Park à Toronto a été vandalisé mercredi lors de la manifestation étudiante.

Photo : Radio-Canada / Mirna Djukic

Bien que la manifestation se soit déroulée dans le calme, le service de police de Toronto confirme qu'il a procédé à l’arrestation de deux personnes, l’une pour méfait, l’autre pour entrave à la justice et pour voies de fait envers un agent de la paix.

Alors qu’ils tentaient d’arrêter une personne soupçonnée d’avoir écrit des graffitis sur des biens publics, plusieurs manifestants ont adopté une attitude agressive envers les policiers et ont entravé l’arrestation, a expliqué la porte-parole de la police torontoise, Stephanie Sayer.

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