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Redémarrage partiel de la scierie Arbec à Port-Cartier

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Lueur d’espoir pour l’industrie forestière de la Côte-Nord : cinq mois après avoir cessé ses activités, la scierie Arbec de Port-Cartier reprend du service. Une dizaine d’employés est chargée de produire du bois d'œuvre et de fournir des résidus forestiers aux usines du parc intégré de Port-Cartier.

Seuls 13 employés ou une faction, en plus du directeur d’usine, opèrent la scierie qui comptait 80 travailleurs syndiqués et 20 cadres avant sa fermeture.

Le premier vice-président au développement organisationnel et aux affaires publiques de Rémabec, Julien Lampron, confirme que cette réouverture est en cours depuis le 20 avril.

Ce qu’on fait actuellement, c’est écouler le stock qui est accumulé dans la cour, explique-t-il.

Un camion élévateur circule entre des piles de bois d'œuvre.

Du bois, coupé il y a près d'un an, s'est accumulé dans la cour de la scierie. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

Ce bois, coupé l’an dernier, sert à alimenter la scierie et produire du bois d'œuvre, en plus de fournir en résidus forestiers ou sous-produits l’usine d'huile pyrolytique Bio Énergie AE et l’usine de biochar Carbonity, à l'arrêt depuis novembre dernier.

Julien Lampron témoigne devant un comité dans une salle.

Julien Lampron a témoigné devant le Comité permanent des ressources naturelles de la Chambre des communes du Canada en novembre 2025. (Photo d'archives)

Photo : CPAC

Une usine de sciage peut être opérée jour et nuit, sept jours sur sept si le marché le permet et les conditions économiques sont présentes, mais ce n’est pas le cas actuellement, malheureusement.

On ne redémarre pas les activités de récolte en forêt. Il n' y a pas de récolte qui s'effectue au niveau du territoire qui est affecté à l'usine de Port-Cartier, souligne Julien Lampron.

Selon un scénario optimiste, la scierie pourrait poursuivre ses activités pendant environ 30 semaines, estime l’entreprise. Cela exigerait toutefois une baisse des tarifs américains.

Un environnement d'affaires toujours difficile

Avec des tarifs américains de 45 % sur le bois d'œuvre canadien, les conditions de marché pour le bois provenant du Québec sont extrêmement compliquées, souligne Julien Lampron.

L’industrie forestière mise aussi sur l’adoption de la mini-réforme du régime forestier, annoncée par Québec en février dernier.

Des arbres coupés dont les branches ont été retirées et empilées les uns sur les autres.

Rémabec exporte 70% de sa production aux États-Unis. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

Si, à l’entrée, on a des coûts [de coupe] qui sont élevés et à la fin, les prix de vente sont en difficulté, ça nous met dans une situation qui est très précaire actuellement pour l’industrie.

Rémabec espère aussi que le pic de construction résidentielle aux États-Unis pendant la saison estivale viendra stimuler la reprise de ses activités. Environ 70 % de la production de Rémabec est écoulée sur le marché américain.

À long terme, l’entreprise ambitionne de vendre davantage de bois au Canada, ajoute Julien Lampron.

Un recrutement ardu qui inquiète

Le recrutement de 13 employés pour reprendre les activités à la scierie s’est fait de peine et de misère, avance le représentant national d’Unifor, Martin Dugas.

Selon lui, plusieurs anciens employés d’Arbec sont retournés aux études ou ont choisi un nouvel employeur. Une situation qui complexifie le recrutement, surtout pour une réouverture partielle de l’usine.

Martin Dugas pose devant la caméra parmi les manifestants.

Selon Martin Dugas, l'incertitude entourant le secteur forestier plombe le recrutement. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

Il y a des gens qui ont fait des choix dans la vie. Tout le monde a des factures à payer.

Ça remet en question le redémarrage potentiel de la scierie. Ça va être compliqué, conclut-il.

De son côté, Julien Lampron reconnaît que les cycles d’ouvertures et de fermetures dans l’industrie forestière ne sont pas très intéressants pour les employés cherchant un travail à long terme.

Il affirme que, pour le moment, l’entreprise ne peut pas garantir plus d’emplois à son usine.

Le cabinet de la ministre des Ressources naturelles et des Forêts n'a pas souhaité commenter le dossier.

Avec les informations de Renaud Chicoine-McKenzie

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