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RBC et la Banque Scotia reculent sur leurs cibles climatiques

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Les banques canadiennes continuent de se désengager de leurs engagements climatiques.

La Banque Royale du Canada (RBC) et la Banque Scotia ont toutes deux annoncé, le 16 avril, qu’elles abandonnaient leurs cibles climatiques intermédiaires. La Banque Scotia va plus loin encore en renonçant complètement à son objectif de carboneutralité d’ici 2050.

Toutes deux invoquent des changements dans les politiques gouvernementales.

« Les récentes décisions de politique publique risquent de ralentir l’adoption d’activités de décarbonation dans l’économie nord-américaine », peut-on lire dans l’explication de cette décision figurant dans le rapport de durabilité 2026 de la Banque Scotia, publié le 16 avril. « Ces décisions comprennent le démantèlement de pans importants de l’Inflation Reduction Act aux États-Unis et, au Canada, l’abolition de la redevance fédérale sur les carburants, la décision de ne pas mettre en œuvre le plafond d’émissions du secteur pétrolier et gazier, ainsi que le report et l’abandon d’autres cibles et politiques climatiques. »

La Banque Scotia évoque aussi l’adoption lente de la technologie de captage du carbone, l’incertitude entourant « l’avenir de la tarification industrielle du carbone » et celle qui pèse sur l’adoption des véhicules électriques, dans la foulée de la décision du premier ministre Mark Carney d’éliminer les quotas de vente de véhicules électriques et de l’abandon, par le président américain, Donald Trump, des normes d’émissions applicables aux voitures et aux camions.

Un autre facteur ayant pesé dans la décision de la Banque Scotia d’abandonner ses cibles climatiques, tant intermédiaires qu’à long terme, est que « la demande projetée d’énergie est plus élevée qu’on ne le supposait au départ, en partie en raison de la croissance de l’IA ».

La RBC a fourni moins de détails pour justifier sa décision d’abandonner ses cibles de réduction de l’intensité des émissions dans les secteurs du pétrole et du gaz, de la production d’électricité et de l’automobile, mais la banque semble s’appuyer sur une logique semblable, selon son plus récent rapport de durabilité.

La RBC avait fixé en 2022 ses cibles intermédiaires pour les secteurs du pétrole et du gaz, de la production d’électricité et de l’automobile et, depuis, « le contexte d’exploitation a changé de façon importante », a-t-elle indiqué dans une déclaration envoyée par courriel au National Observer.

« L’évolution des politiques gouvernementales, des cadres réglementaires, des avancées technologiques, de la conjoncture géopolitique ainsi que de la demande et de la sécurité énergétiques a créé un environnement incertain », selon cette déclaration, de sorte que certaines de ces cibles « ne sont pas raisonnablement atteignables » et sont donc abandonnées.

Lobbying contre les politiques climatiques

Contrairement à la Banque Scotia, la RBC maintient toutefois son objectif d’aligner son portefeuille de prêts sur la carboneutralité d’ici 2050.

Richard Brooks, directeur du financement climatique à Stand. earth, juge cette logique intéressée. Au moment même où la Banque Scotia invoque l’insuffisance des politiques climatiques gouvernementales, ces banques sont membres d’organisations, comme l’Association des banquiers canadiens et la Chambre de commerce du Canada, qui ont activement fait pression contre les politiques climatiques mêmes qui permettraient d’accélérer la transition énergétique et aideraient les banques à atteindre leurs cibles intermédiaires et celles de 2050, a-t-il soutenu.

« On ne peut pas vraiment invoquer l’absence de politique climatique quand on fait activement du lobbying contre les politiques climatiques », a-t-il dit, qualifiant la situation de « risible ».

La RBC et la Banque Scotia comptent parmi les plus grands bailleurs de fonds des énergies fossiles au monde. Elles soutiennent le pipeline Trans Mountain et prêtent à des projets de gaz naturel liquéfié, notamment Coastal GasLink et LNG Canada.

« En plus, elles publient constamment ce qu’elles appellent des textes de “leadership éclairé” sur la nécessité, pour le Canada, d’exploiter sa superpuissance énergétique en augmentant sa production de pétrole et de gaz », a dit M. Brooks. « Ce sont elles qui ont rendu possible la décision du gouvernement actuel d’éliminer la surtaxe fédérale sur les carburants, de ne pas instaurer de plafond d’émissions pour le secteur pétrolier et gazier et de reporter d’autres cibles et politiques climatiques. »

La RBC a discrètement retiré de son site Web ses lignes directrices encadrant des secteurs et activités sensibles, a aussi relevé Richard Brooks. Cette politique désignait auparavant certaines activités — la production d’électricité au charbon ainsi que l’exploration des ressources et de l’énergie dans l’Arctique — comme présentant un risque élevé, et prévoyait des garde-fous imposant une surveillance accrue ou limitant leur financement. Par exemple, cette politique n’autorisait pas les transactions visant principalement de nouvelles centrales au charbon sur des sites vierges ni de nouvelles mines de charbon thermique.

Au moment où ces lignes étaient écrites, la RBC n’avait pas répondu à temps à la question de savoir si ce document de politique demeure en vigueur après son retrait du site Web.

Désengagement climatique

Ce n’est pas la première fois que les banques canadiennes reviennent sur leurs engagements climatiques.

En janvier 2025, les banques canadiennes ont emboîté le pas aux institutions américaines en quittant l’alliance bancaire Net Zéro (Net-Zero Banking Alliance), convoquée sous l’égide de l’ONU. Le groupe avait été lancé par Mark Carney, alors qu’il occupait les fonctions d’envoyé spécial des Nations unies pour l’action climatique et le financement, comme une initiative visant à rassembler les banques afin de favoriser et d’accélérer la transition énergétique.

« Quand de mauvais comportements ne sont pas sanctionnés, ils finissent par se répandre », a averti Richard Brooks.

« Lorsqu’une banque — en particulier ces deux banques, les plus grandes entreprises du Canada — recule sur le climat, cela envoie au reste de l’univers corporatif le message qu’il s’agit de la bonne approche, qu’il est acceptable de revenir en arrière, de prendre un engagement puis, quatre ans plus tard, de le renier », a-t-il dit.

Selon Richard Brooks, les banques pourraient s’exposer à des recours si elles retirent des cibles climatiques et des politiques de risque — comme les politiques de la RBC sur le charbon et l’Arctique — sans en informer clairement le public et les investisseurs.


Cet article a été traduit par la rédaction du Devoir à l’aide d’un outil d’intelligence artificielle après avoir d’abord été publié en anglais dans le Canada’s National Observer.

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