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Le rapport sur l'avenir des sports au Canada aura des répercussions jusque dans les provinces de l'Atlantique. Selon les réactions recueillies dans la région, il y aura des défis à relever, mais aussi de l'espoir à long terme.
On sent qu'ils ont fait le tour du Canada, qu'ils ont consulté beaucoup de personnes et d'organisations. C'est étoffé, remarque, à première vue, Marc LeBlanc, professeur en gestion du loisir, du sport et du tourisme à l'Université de Moncton.

Marc LeBlanc est professeur en gestion du loisir, du sport et du tourisme à l'Université de Moncton.(Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Une conclusion générale ressort de ce document : le système sportif est brisé et doit être transformé en profondeur pour assurer son financement, son intégrité, sa sécurité et son inclusion.
La commission a été créée il y a deux ans, dans la foulée des scandales à Hockey Canada.
Le message est clair, constate M. LeBlanc. Le milieu sportif se considérait un peu à l'écart de la société, qui avait ses propres règles en matière de sécurité et d'inclusion.
Le rapport est clair : [la sécurité] n'est plus une option, c'est une obligation.
Le rapport final, qui a nécessité deux ans de travaux, fait près de 1000 pages et beaucoup d'intervenants locaux sont encore en train de le digérer.
Le gouvernement du Nouveau-Brunswick commence à analyser le dossier et les impacts pour la province.
On consulte ce rapport qui est assez volumineux, explique Isabelle Thériault, ministre du Tourisme, de la Culture et du Patrimoine.

Isabelle Thériault est la ministre responsable du sport au N.-B. (Photo d'archives)
Photo : Jacques Poitras (CBC)
Ça correspond aussi à ce qu'on avait entendu sur le terrain. Donc, a priori, on accueille favorablement les appels à l'action, ajoute Mme Thériault.
Selon Sport Nouveau-Brunswick, bien des conclusions correspondent à celles dévoilées dans une étude commandée par la province en 2022.

Cheryl MacDonald est la présidente et directrice générale de Sport NB. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / François Le Blanc
Une des choses qui m'a frappée dans le rapport [fédéral], c'est que le Nouveau-Brunswick est vraiment avancé dans la sécurité et l'intégrité, remarque Cheryl Bourgeois MacDonald, présidente-directrice générale de Sport NB.
Par exemple, elle cite les mécanismes de traitement des plaintes que ce soit pour de la maltraitance ou pour des problèmes d'éthique.
Tirer son épingle du jeu
Définitivement, les provinces de l'Atlantique devraient en tirer parti. Mais tout est relatif aussi au poids démographique et à l'importance accordée aux sports dans les provinces, analyse M. LeBlanc.
Par exemple, dans les infrastructures : il est proposé de créer un programme national et augmenter le financement destiné aux terrains, aux arénas et autres sites sportifs.

Le Centre d'éducation physique et des sports Louis-J.-Robichaud pourrait être le théâtre de rénovations majeures. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Bader Ben Amara
Les infrastructures sportives des régions rurales des quatre provinces atlantiques ont besoin d'être rénovées.
Pour l'Acadie, il y a le Centre d'éducation physique et sportive (CEPS) de l'Université de Moncton qui fête le 50e anniversaire de son ouverture. Un projet de rénovation est dans les cartons.

La piscine du CEPS est sécuritaire, selon l'Université de Moncton, mais des travaux sont nécessaires. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
C'est un cas d'espèce, le CEPS, déclare Marc LeBlanc, qui enseigne dans le complexe. Je souhaite... que l’on consolide son rôle sportif dans la région de Moncton et pour l'ensemble des francophones de la province et des provinces maritimes.
Un seul ministre responsable du sport
Ce complexe sportif, comme bien d'autres en Atlantique, répond aux besoins des athlètes de haut niveau et, en même temps, à la communauté pour l'activité physique récréative.
Les auteurs du rapport accordent aussi une large place aux bienfaits de bouger et de faire du sport pour se garder en santé.
Il est suggéré de ramener les aspects récréatifs et compétitifs sous un même ministère fédéral des sports.
Présentement, l'Agence de la santé publique est responsable de promouvoir l'activité physique pratiquée de manière récréative.

L'activité physique et le sport élite devraient cohabiter au sein du même ministère, selon le rapport. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / François Le Blanc
On a plein de preuves que le sport aide à la santé mentale et physique, ça supporte l'éducation et ça nous aide à construire nos communautés, fait remarquer Mme Bourgeois MacDonald.
L'argent, le nerf de la guerre
Le sous-financement du sport a été décrié sur de nombreuses tribunes, particulièrement au Nouveau-Brunswick.
L'an dernier, une série de reportages de Radio-Canada Acadie démontrait les nombreux défis des athlètes d'ici.
La ministre Thériault en est consciente. Le budget provincial réservé aux sports est passé de 7 à 9,4 millions de dollars.
Mais [notre travail], c'est aussi de s'assurer que les budgets soient bien répartis, que l'information soit bien distribuée à travers la province, récite Mme Thériault.

Les bienfaits du sport sur la santé soht reconnus pour aider la société, selon le rapport sur l'avenir dans les sports. Mais ce n'est pas à la portée de tous.
Photo : Radio-Canada / François Le Blanc
Dans notre cas, c'est de s'assurer qu'on a de bonnes infrastructures, les bonnes organisations, que la gouvernance soit saine, que ça soit des milieux inclusifs et sécuritaires, rappelle-t-elle.
Pour Sport NB, tout est interrelié.
Le financement adéquat va nous aider à avoir un système sportif plus sécuritaire, mais c'est juste vraiment une petite partie du casse-tête, souligne de son côté la PDG de Sport NB.
Je pense qu'il y a aussi beaucoup de travail à faire sur la façon de bien dépenser. Je pense aussi qu'il faudra avoir de grandes conversations sur le financement privé et le financement public.
Marc LeBlanc soulève qu'il faudra convaincre beaucoup de gens pour mettre en œuvre les appels à l'action.
Ils ont une feuille de route, ce qui est très bien pour les 12 premiers mois. C'est très ambitieux, souligne le professeur.
Le reste de l'échéancier est établi sur une période allant jusqu'à cinq ans.
Le sujet sera abordé lors d'une réunion des ministres provinciaux responsables des sports, au mois de mai.


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