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Santé 24/01/2026 16:04 Actualisé le 24/01/2026 16:39
Le lait infantile est l’un des aliments les plus surveillés du marché, en raison de la fragilité des nourrissons qui le consomment.
Science Photo Library / Science Photo Library via Reuters Connect
Comment est contrôlée la production de lait infantile en France. Photo d’illustration.
Les rappels récents de laits infantiles commercialisés par Nestlé, Lactalis ou encore Danone, en France comme à l’international, ont ravivé l’inquiétude des parents. En cause : la présence potentielle de céréulide, une toxine bactérienne rare mais dangereuse, produite par certaines souches de Bacillus cereus.
Deux enquêtes pénales ont été ouvertes après la mort de deux nourrissons ayant consommé des produits rappelés, sans qu’un « lien de causalité » n’ait, à ce stade, été établi selon les autorités. Mais comment ces produits, censés compter parmi les plus surveillés du marché alimentaire, sont-ils contrôlés ? Le HuffPost fait le point.
• La responsabilité des industriels avant tout
Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, ce ne sont pas les autorités publiques qui contrôlent en permanence les laits infantiles en France. Comme pour l’ensemble des produits alimentaires en Europe, la sécurité repose d’abord sur un principe : les industriels sont responsables de leurs produits.
« Ils ont une obligation de résultat », souligne Ingrid Kragl, directrice de l’information de Foodwatch, dans Le Figaro. Autrement dit, ce sont eux qui doivent détecter les risques et agir avant même l’intervention des autorités. Ce système d’autocontrôle implique que les fabricants assument l’entière responsabilité en cas de défaillance.
• Des contrôles partout dans la chaîne de production
Le lait infantile fait partie des produits les plus sensibles sur le plan sanitaire. Les industriels « accordent une vigilance maximale à ces produits, définissant soigneusement la fréquence et la nature des analyses », a indiqué à l’AFP François Vigneau le directeur d’Eurofins, l’un des laboratoires d’analyse leaders dans le contrôle de ces produits.
Ces contrôles ne portent pas que sur les produits finis, mais aussi sur les matières premières et l’environnement de production. Parmi les menaces surveillées dans le lait infantile figure la présence de salmonelles et de listeria, ainsi que le très redouté germe cronobacter, dont la détection entraîne retrait immédiat et rappel de lots. L’hygiène des usines est également contrôlée avec des prélèvements d’échantillons dans ses différentes parties.
Au-delà de ces contrôles microbiologiques, d’autres substances sont traquées : métaux lourds, résidus de traitement vétérinaire, résidus chimiques, pesticides et dioxines présents dans l’environnement. La conformité nutritionnelle des laits infantiles est également vérifiée : les ajouts de minéraux, vitamines, acides gras essentiels doivent correspondre aux valeurs affichées.
• Jusqu’à deux contrôles par an de l’État
Si la responsabilité principale repose sur les industriels, l’État intervient également. En France, c’est la Direction générale de l’alimentation (DGAL) qui délivre les agréments sanitaires aux sites produisant du lait infantile et qui effectue des inspections régulières.
Ces contrôles, qui peuvent être effectués jusqu’à deux fois par an pour les établissements produisant du lait en poudre infantile, portent surtout sur la vérification des plans de maîtrise sanitaire (PMS). Ce document détaille toutes les mesures mises en place par le fabricant pour garantir la sécurité de ses produits, de la matière première à la commercialisation.
En clair, l’État ne fait pas tous les tests lui-même, mais il contrôle que les fabricants suivent correctement leurs propres règles et que les mesures de sécurité sont bien appliquées.
• La recherche de la céréulide pas systématique
Les laits infantiles ont été rappelés en raison de la présence potentielle de « céréulide », un composant toxique produit dans certaines conditions par une famille de bactéries, les Bacillus cereus, et qui peut causer d’importants vomissements dans les heures suivant sa consommation.
Or, si la recherche des bactéries de la famille des Bacillus cereus est systématiquement proposée, la céréulide ne fait pas partie des contrôles classiques, a indiqué à l’AFP François Vigneau le directeur d’Eurofins.
Dans le contexte actuel des rappels de lait, ce test est désormais réalisé régulièrement. « De très nombreux grands noms du secteur cherchent à s’assurer que les produits qu’ils commercialisent sont sûrs. En ce moment, des analyses de céréulide se multiplient à travers l’Europe », précise François Vigneau, qui ajoute que les résultats peuvent être obtenus « en quelques jours seulement ».
Le directeur d’Eurofins précise enfin que ce type de contrôle n’est pas encadré par une réglementation pour le moment, mais il pourrait l’être à l’avenir comme c’est régulièrement le cas après l’émergence de nouveaux risques à l’instar des « polluants éternels » PFAS.


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