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Rami Malek condamné, Vichy contre de Gaulle, le retour d’Adèle Exarchopoulos : au programme de Cannes ce mercredi

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L’ombre de la Seconde guerre mondiale plane sur la Croisette à travers deux films historiques, Notre Salut et La bataille de Gaulle, explorant des bords opposés.

Le Festival entre dans sa dernière ligne droite, enfin ragaillardi après l’accueil enthousiaste réservé coup sur coup au drame familial Fjord et à Minotaure d’Andreï Zviaguintsev, récit de l’impact de la guerre en Ukraine sur une famille de la bourgeoisie russe. La journée de mercredi, dominée par le souvenir de la Seconde Guerre mondiale, change radicalement d’ambiance.

L’HISTOIRE DU JOUR
Les larmes du «revenant» Nicolas Winding Refn

Le réalisateur danois du cultissime et hypnotique Drive a épouvanté, lundi soir, la Croisette avec son thriller horrifique Her Private Hell, qui réunissait une brochette de jeunes pousses qui comptent à Hollywood : Diego Calva, Charles Melton, Havana Rose Liu. Si l’intrigue de ce voyage au bout de la nuit - l’émergence d’une étrange brume qui libère une présence mortelle insaisissable dans une métropole futuriste- a éprouvé les nerfs de nombre de festivaliers, qui ont quitté la salle avant la fin, Nicolas Winding Refn était bouleversé de ce retour cannois. En conférence de presse, il n’a pu retenir ses larmes en évoquant ses problèmes cardiaques, qui l’ont laissé comme « mort pendant 25 minutes », en 2023.

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« Avant cet accident, je pensais que j’étais arrivé au bout de ma carrière, je n’avais plus rien à donner. J’ai compris qu’on m’avait fait un cadeau avant de mourir : je pouvais tout recommencer, souffle Nicolas Winding Refn avant d’être submergé par l’émotion. Combien de personnes ont droit à une seconde chance ? Moi, Dieu me l’a donnée. Je devais en faire bon usage. »

ENTENDU À CANNES

Lors de la conférence de presse de Fjord, le film acclamé du réalisateur roumain Cristian Mungiu,le comédien américano-roumain Sebastian Stan a accepté une question politique sur Donald Trump. La star de The Avengers connaît bien le locataire de la Maison-Blanche pour l’avoir campé plus jeune dans The Apprentice . Le milliardaire avait tenté d’entraver la sortie du biopic irrévérencieux, présenté à Cannes en 2024.

« Cela n’a rien de drôle. Nous sommes dans une situation vraiment catastrophique. Quand on voit ce qui se passe – la concentration des médias, la censure, les menaces, les procès interminables qui n’aboutissent à rien… –, vous savez, c’était prévisible. On a été confrontés à tout ça avec The Apprentice »

Sebastian Stan

LES TEMPS FORT AUJOURD’HUI

Swann Arlaud sous le feu des projecteurs

Le comédien Swann Arlaud, qui fait partie des signataires de la pétition anti-Bolloré et qui est donc visé par le boycott annoncé par le président du directoire de Canal + Maxime Sadaa, sera sous le feu des projecteurs à 15 heures avec le film historique en lice pour la palme d’or Notre salut , d’Emmanuel Marre. Soit le destin d’un petit fonctionnaire qui tente de se faire une place dans les rouages du régime de Vichy. Le personnage incarné par Arlaud, bien que fictif, s’inspire de l’arrière-grand-père du cinéaste. La Seconde Guerre mondiale est un des thèmes récurrents de cette 79e édition entre Moulin La bataille de Gaulle  et La Troisième nuit de Daniel Auteuil.

À lire aussi Tribune anti-Bolloré : la ministre de la Culture regrette la réponse «disproportionnée» du patron de Canal+

Rami Malek tourmenté

Les Américains ont été rares sur la Croisette. Après Paper Tiger de James Gray, c’est un autre pilier du cinéma indépendant américain qui prétend à la palme d’or, Ira Sachs. Avec The Man I Love , le réalisateur plonge Rami Malek dans le New York de la fin des années 1980. Le comédien, oscarisé pour son rôle de Freddie Mercury dans Bohemian Rhapsody, campe un metteur en scène de renom, atteint du sida, et qui vit ses derniers instants. Devant la mort qui lui est promise, le désir de vivre et de créer, de désirer et d’aimer, une dernière fois, est plus fort que tout, prévient le résumé de présentation de ce drame, présenté comme un film musical fantastique.

Le retour d’Adèle Exarchopoulos

Après avoir impressionné dans Garance  sous les traits d’une comédienne alcoolique, au point d’être considérée, par certains journalistes, comme «la voix de sa génération», l’actrice spontanée est de retour sur les marches pour présenter, hors compétition, Mariage au goût d’orange de Christophe Honoré. Le prolifique cinéaste puise dans sa vie pour raconter cette histoire de retrouvailles, à l’occasion des noces du petit dernier, d’un clan dysfonctionnel. Outre Adèle Exarchopoulos, le générique réunit toute la jeune garde du cinéma tricolore : Vincent Lacoste, Alban Lenoir, Paul Kircher et Nadia Tereszkiewicz.

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Le biopic de Gaulle se dévoile

Le réalisateur Antonin Baudry dévoilera, à 18 h 45, le premier des deux volets de son ambitieux portrait dans la section Cannes Première. L’âge de fer couvre les premiers pas du Général de Gaulle à Londres et les débuts de la résistance en juin 1940. «La France s’effondre et signe l’armistice. Au milieu du chaos, un homme refuse de céder. Seul contre tous, ce général inconnu s’échappe vers Londres pour sauver ce qu’il reste d’un rêve: la liberté. Sans armée, sans appui, sans espoir » , dévoile le synopsis du film. Le futur président de la République a les traits de Simon Abkarian. Déjà auteur du Chant du loup  et auteur de la BD Quai d’Orsay, Antonin Baudry joue avec une construction en deux films : L’Âge de fer présenté d’ici peu au festival de Cannes en hors compétition, est attendu le 3 juin 2026 et J’écris ton nom le 3 juillet. Les deux volets ont demandé en tout 6 ans de travail et un budget s’élevant à hauteur de 70 millions d’euros.

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HIER SUR LA CROISETTE
Instant de grâce avec Minotaure

Andreï Zviaguintsev et ses acteurs de Minotaure montent les marches, mardi après-midi. Sarah Meyssonnier / REUTERS

Andreï Zviaguintsev est chaque fois venu à Cannes et souvent reparti avec un prix. Après Le Bannissement, Elena, Léviathan et Faute d’amour, le cinéaste russe exilé en France impressionne avec Minotaure, adaptation libre de La Femme infidèle de Claude Chabrol, transposé en Russie dans les premiers mois de l’invasion de l’Ukraine. Il propose à la fois le portrait d’un couple en crise et d’un pays en guerre. Grandiose et instant de grâce dans l’auditorium Lumière. Huit minutes d’applaudissements qui sont montés crescendo. Andreï Zviaguintsev, qui a failli perdre la vie suite au coronavirus, ne pouvait dissimuler ses yeux embués.

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Après l’enthousiasme généré lundi par Fjord, la course à la palme d’or et au palmarès s’accélère. Minotaure, Fjord Soudain Paper Tiger  et Fatherland  font figure de favori parmi les 22 films en compétition et ont réussi à percer dans une édition clivante entre critiques français, internationaux et américains. Minotaure semble même avoir réussi à unifier ces différentes chapelles de cinéma.

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