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Politique 05/02/2026 13:15 Actualisé le 05/02/2026 15:15
Selon la ministre de la Culture, un ou des journalistes liés au programme de France 2 aurait proposé à un de ses « proches » de le rémunérer en échange d’un témoignage à charge.

XOSE BOUZAS / Hans Lucas via AFP
Dati dénonce (sous serment et sans preuve) les méthodes de Complément d’enquête
EN BREF • Auditionnée à l’Assemblée nationale, Rachida Dati a accusé les journalistes de Complément d’enquête d’avoir proposé de rémunérer un proche pour un témoignage à charge.
• La ministre de la Culture dit détenir des preuves de ce qu’elle avance mais elle refuse de les publier.
• La commission auditionnera prochainement les responsables de l’émission de France 2.
Jeter un pavé dans la mare, sans dévoiler la nature du caillou. Voilà, à gros traits, ce que vient de faire la ministre de la Culture à l’Assemblée nationale. Auditionnée par la Commission d’enquête portant sur l’audiovisuel public, Rachida Dati a effectivement accusé les journalistes de Complément d’enquête, émission phare de France 2, d’utiliser des méthodes très controversées à son encontre.
« Il y a un journaliste qui est passé par un journaliste tiers qui s’est présenté auprès d’un membre de ma famille comme un journaliste indépendant et en disant “si vous avez des choses très à charge concernant madame Dati, on est prêt même à vous indemniser s’il le faut”. Je le maintiens », a-t-elle ainsi indiqué, après plusieurs sous-entendus.
Une accusation particulièrement grave. Pour cause, si les affirmations de la ministre (déjà formulées, mais répétées ici sous serment) se vérifient, elles témoigneraient de pratiques totalement proscrites selon la déontologie journalistique.
Dati refuse, pour l’instant, de produire les preuves
Problème : celle qui est également candidate (LR et MoDem) aux municipales à Paris refuse de donner la preuve de cette proposition, qu’elle dit pourtant avoir en sa possession. « Je demande que vous versiez (ces échanges) à la connaissance du rapporteur et du président parce que nous devons en avoir connaissance dans cette commission, c’est son rôle », a par exemple réclamé la députée socialiste Ayda Hadizadeh, un peu plus tard dans l’audition. En vain.
Réponse de la ministre de la Culture : « je ne le ferais pas ». « Ce sont des échanges privés qui concernent un tiers, je n’ai pas d’obligation de les remettre. Il ne le souhaite pas, donc je ne le fais pas. Je ne veux pas ennuyer quelqu’un qui est déjà en difficulté », a-t-elle indiqué, avec comme seule précision le fait qu’elle pourrait « les produire s’il y a une procédure judiciaire. »
Le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, évoquant des accusations d’une « extrême gravité », ne souhaite pas attendre. Il a effectivement précisé au cours de l’audition qu’il saisirait la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, pour savoir s’il a effectivement le droit d’exiger le versement de ses documents par Rachida Dati.
Quoi qu’il en soit, les responsables de l’émission Complément d’enquête doivent être auditionnés par ce même cénacle la semaine prochaine. Ils auront l’occasion de répondre aux accusations de la ministre, laquelle nourrit une hostilité vivace à leur égard depuis l’automne dernier. Mi-décembre, France 2 avait diffusé un numéro baptisé Rachida Dati, la conquête à tout prix. À quand celui sur la riposte ?


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