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Dans la nuit de dimanche, un code blanc survient à l’urgence de Rimouski, alors qu'un individu agresse quatre employés. Quelques jours plus tard, les infirmières refusent d'amorce leur quart de nuit, puisqu’il n’y a plus d’agent de sécurité sur place. Une formatrice en santé et sécurité au travail estime pour sa part que ces codes blancs en milieu hospitalier sont à prendre au sérieux.
Un code blanc est une situation d'urgence déclenché dans les hôpitaux lorsqu'un patient fait preuve de violence contre le personnel. Il peut être invoqué dans des cas de violence verbale, jusqu'aux voies de fait.
Vanessa Monterrey-Dugré, conseillère en santé et sécurité à l’Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail du secteur affaires sociales (ASSTSAS), offre des formations à ceux qui vont former les travailleurs de la santé et doit aborder ce type d'intervention.
Devant une telle situation, on priorise toujours l’intervention qui est verbale, explique Vanessa Monterrey-Dugré. C’est de la désescalade verbale.

Vanessa Monterrey-Dugré offre des formations aux formateurs qui iront conseiller les travailleurs de la santé.
Photo : Google Meet
C’est seulement en dernier recours que les personnes formées au code blanc interviennent physiquement. Elle rappelle que parfois, l’intervention de la police ou d’agents de sécurité est nécessaire.
Je mesure 5 pieds. J’ai beau avoir toute la formation du monde, ça se peut que je n’aie pas les paramètres physiques pour intervenir auprès d’un individu qui est très agité.
Il n’y a aucune formation qui peut prévenir toutes les situations lorsqu’on travaille avec l’humain. C'est de l’incertain.
Les violences sont en hausse, déplore la FIQ
Selon des statistiques publiées en octobre par la CNESST, le nombre de travailleurs de la santé blessés par des actes de violence a grandement augmenté au Québec entre 2020 et 2024.
L’organisme a répertorié 1637 cas de lésions attribuables à la violence en 2020 dans ce secteur. En 2024, ce nombre était de 2555.

Julie Daignault est vice-présidente à la santé sécurité à la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec.
Photo : Google Meet
Cette tendance inquiète la vice-présidente à la santé sécurité à Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, Julie Daignault.
Les gens n’ont pas toute la formation nécessaire pour répondre à un code blanc, et souvent, c’est une situation qui devient malheureuse, déplore-t-elle.
D’ailleurs, elle convient qu’avoir du personnel formé en soit ne peut pas tout prévenir.
Lorsqu’il y a des urgences qui débordent de codes blancs, je pense qu’il faut mettre tous les moyens pour pouvoir avoir les agents et les personnes sur place qui peuvent agir le plus rapidement possible.
Le CISSS assure avoir un protocole
Le CISSS du Bas-Saint-Laurent assure avoir une marche à suivre lorsqu’un patient devient violent. Le code blanc est lancé lorsqu’un usager se désorganise, écrit son responsable des communications.
En centre hospitalier, une équipe dédiée à l’intervention physique est en place. Les personnes qui font partie de l’équipe d’intervention sont formées en conséquence.

De nombreux collègues, dont des médecins et des paramédics, sont venus soutenir les infirmières dans leur sit-in pendant une partie de la nuit de mercredi à jeudi.
Photo : Radio-Canada
Cependant, Johanne Campagna, du SCFP pour le Bas-Saint-Laurent, qui représente notamment des préposés au bénéficiaires, estime que le processus en place, s’il y en a un, est incomplet et que parfois, les équipes sont mal formées.
Je pense qu’il y a un manque de protocole. [Il faudrait vraiment se] dire : quand on est rendu là, [à un certain niveau de violence] on se tasse, on va se sécuriser, et on appelle [la police].
De son côté, la CNESST indique que l'employeur a l’obligation de mettre en œuvre des méthodes et des techniques visant à identifier, contrôler et éliminer les risques, incluant ceux liés à la violence.
L'organisation a d'ailleurs ouvert un dossier pour éclairer les circonstances de l'agression survenue dans la nuit de dimanche, à l'urgence de Rimouski, et exiger des actions pour éviter qu'une telle situation ne se reproduise.
De leur côté, le CISSS et la Fédération des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires du Bas-Saint-Laurent s'engagent à mettre sur pied un comité de travail dans la prochaine semaine pour discuter des enjeux de sécurité ainsi que des mesures pouvant être mises sur pied. Il doit aussi servir à établir un plan d'action.


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