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Quoi faire avec ses placements en période d’incertitude?

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Tensions géopolitiques, hausse du prix de l’essence, possible emballement de l’inflation : les conditions sont réunies pour donner des sueurs froides aux investisseurs. C’est d’autant plus vrai pour ceux qui auront besoin d’argent à court terme. Dans les circonstances, la prudence est de mise, mais se priver de rendement représente aussi un risque, préviennent deux spécialistes avec qui Le Devoir s’est entretenu. Survol de quelques bonnes pratiques, en quatre temps.

Si vous devez gérer un imprévu

On peut difficilement prévoir le moment où surviendra un dégât d’eau ou un bris de thermopompe. Quand ça arrive, l’investisseur prévoyant pourra piger dans son fonds d’urgence.

« Il faut que cet argent-là soit liquide », observe Isabelle Bérard, conseillère en gestion de patrimoine chez iA Gestion privée de patrimoine. Par exemple, des fonds de placement à intérêts élevés sont accessibles en tout temps, fait-elle valoir. « Il y en a qui conservent beaucoup trop d’argent dans leur compte bancaire et qui se privent de faire du rendement. »

Les placements d’un fonds d’urgence peuvent être conservés dans des comptes non enregistrés ou encore dans des comptes d’épargne libre d’impôt (CELI), qui permettent de retirer l’argent sans incidence fiscale, en plus de récupérer ses droits de cotisation l’année civile suivante. Décaisser des sommes d’un régime enregistré d’épargne-retraite (REER) est à éviter autant que possible, puisque les retraits seraient imposables, souligne Mme Bérard.

On peut aussi considérer le recours à une marge de crédit pour financier un projet, mentionne Youcef Ghellache, fondateur et p.-d.g. d’Educfinance. Mais attention : « On va payer des intérêts journaliers pendant la durée de l’emprunt. »

Si vous avez besoin d’argent à court terme

« Si on sait qu’on a besoin de sortir l’argent d’ici un an ou un an et demi, on ne veut pas être obligé de faire un retrait alors qu’on aurait perdu de l’argent » en vendant des placements à perte, explique Mme Bérard.

Certains pourraient être tentés par un certificat de placement garanti (CPG) avec une échéance d’un an. « Oui, c’est une option », reconnaît-elle, mais il faut être conscient que les taux actuels sont bas, parfois même sous l’inflation, ce qui représente une perte de valeur réelle. Il faut aussi s’assurer de ne pas avoir besoin de l’argent avant l’échéance.

« Le choix de placement est plus limité lorsqu’on veut protéger son capital », reconnaît Youcef Ghellache. Il mentionne les comptes dits « à intérêts élevés », dont les rendements sont ironiquement plutôt faibles. Par contre, ils peuvent devenir plus intéressants « dans le cas où il y a des promotions », quitte à ce qu’on déplace son argent d’une institution à une autre en fonction des offres.

« Les fonds négociés en Bourse à intérêts élevés », qui peuvent être achetés via des plateformes de courtage, sont aussi une option à considérer, pense M. Ghellache. Ce sont des fonds qui offrent en quelque sorte « le taux moyen des comptes à intérêts élevés de plusieurs institutions bancaires ».

« Il existe aussi des fonds d’obligations à très court terme qui peuvent avoir un potentiel de rendement plus grand que si on fait juste investir dans des CPG ou un fonds d’épargne à intérêt élevé », précise Mme Bérard.

Si vous épargnez à moyen terme

On pense souvent aux premiers acheteurs d’une propriété quand on pense à de l’épargne à moyen terme, par exemple sur un horizon de cinq ans.

Dans un tel cas, « on peut se permettre d’aller chercher des placements qui peuvent présenter un petit peu plus de volatilité, mais dont le potentiel de rendement serait plus grand, estime Isabelle Bérard. Il ne faut pas faire l’erreur d’être trop prudent dans ses placements puis de se priver de faire du rendement d’ici à ce qu’on achète notre maison. »

« Si on veut diminuer le risque, on se doit d’aller vers des formules qui sont très diversifiées », tant au niveau géographique que sectoriel, poursuit-elle. À mesure que la date d’achat prévue se rapproche, la composition du portefeuille peut être ajustée pour diminuer la volatilité, notamment en augmentant la part de revenus fixes, explique-t-elle.

Rappelons par ailleurs que l’épargne en vue d’une mise de fonds peut être placée dans un compte d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété (CELIAPP). Ce dernier permet de déduire ses cotisations (jusqu’à 8000 $ par année et 40 000 $ au total) de son revenu imposable et de les faire fructifier grâce à différents produits de placement, le tout, à l’abri de l’impôt.

Si vous visez le long terme

Si on n’a pas besoin d’argent à court terme, « il ne faut pas craindre le fait qu’il y ait de la volatilité dans notre portefeuille de placements », dit Isabelle Bérard. D’ailleurs, le rendement annuel moyen en Bourse est positif sur une base historique, mais cache des disparités énormes d’une année à l’autre.

Éviter de réagir aux aléas du marché peut s’avérer payant. « Ce qui va venir réduire le potentiel de rendement chez l’investisseur va être, dans la majorité des cas, son comportement, et non pas les placements qu’il va avoir choisis », note Mme Bérard.

« Il faut apprendre à un certain moment à gérer ses émotions, à continuer à investir, peu importe le contexte, et à profiter des baisses [en les voyant] comme des opportunités d’investissement », croit M. Ghellache.

Les périodes troubles peuvent aussi être un bon moment pour se poser des questions sur son profil d’investisseur, ajoute-t-il. « [Ça permet] de s’assurer que le portefeuille qu’on possède correspond à notre tolérance au risque. »

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