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En entrant dans la cuisine du centre étudiant de Concordia, où un groupe de bénévoles prépare le repas communautaire qu’ils serviront le 25 décembre, la chaleur frappe en plein visage. Celle des fours, qui grésillent depuis 9 h le matin, mais surtout la chaleur humaine de ces gens qui ont choisi de donner de leur temps bénévolement pour s’assurer que des centaines de personnes puissent dormir le ventre plein en cette semaine festive.
James est le chef d’orchestre de l’événement. Ce souper, il le prépare près de trois mois à l’avance. « C’est mon père qui faisait ça avant », lance-t-il depuis la cuisine. Chaque année, le « souper communautaire », comme il l’appelle, offre à des centaines d’individus un repas chaud le 25 décembre.
Si les éléments « traditionnels » d’un souper de Noël sont tous présents — dinde, sauce aux canneberges, farce, etc. —, James est catégorique : Il ne s’agit pas d’un repas de Noël. « Chaque année, on avait de gens de plein de religions, ça n’avait pas de sens de se limiter à un souper de Noël », explique-t-il.
Avant qu’il ne puisse terminer sa phrase, Kaylee, une jeune bénévole, l’interrompt. « Est-ce qu’elles sont bonnes mes patates pilées ? », lui demande-t-elle, en lui offrant une cuillère. « Ajoute du beurre », lui répond James.
Kaylee et sa mère font partie de l’équipe qui travaille en cuisine. « Ma famille est juive, donc on ne célèbre pas Noël. C’était ça ou rester à la maison à écouter la télé », raconte-t-elle, avant de retourner à sa tâche.
« J’aime déléguer. Avant, c’est mon père qui faisait tout. Moi, je veux que la jeune génération soit incluse », dit James.
Un souper qui fonctionne aux dons
La majorité des dindes pour le souper sont offertes déjà cuites. Pendant que les bénévoles s’affairent à préparer les plats d’accompagnements, des dizaines de résidents généreux viennent déposer des dindes précuites. Une équipe s’occupe ensuite à les désosser, afin d’utiliser les os pour préparer la sauce.
Dans la salle à manger, une trentaine de bénévoles coupent les légumes. Robert Martin, sa femme et sa belle-sœur donnent de leur temps chaque année depuis 10 ans. « On vient le 24 et le 25, ça nous plaît beaucoup », raconte-t-il en coupant des oignons. « On sait que ça aide des gens aussi », explique celui qui fait du bénévolat toute l’année deux fois par semaine à l’hôpital.
La clientèle du souper communautaire est diverse. « Il y a des gens seuls, des gens qui cherchent un repas chaud, des familles pour qui l’argent est plus serré », explique James, pour qui cette tradition est une « lumière dans les temps sombres ».
« On n’est pas stupides, on sait que ça ne va pas nourrir les gens pour toute l’année. Mais je pense que ça aide », estime-t-il.


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