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Qui remplacera António Guterres comme leader pour le monde ?

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En juillet, le Conseil de sécurité entame ses discussions sur la nomination du 10e secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), avec cinq candidats nommés à ce jour : Michelle Bachelet (Chili), María Fernanda Espinosa (Équateur), Rafael Mariano Grossi (Argentine), Rebeca Grynspan (Costa Rica) et Macky Sall (Sénégal). Suivant l’alternance géographique, un candidat latino-américain sera probablement choisi, mais un plafond de verre pourrait aussi être brisé si une femme était sélectionnée.

En devenant le (ou la) bureaucrate le plus haut placé du monde en janvier 2027, la personne sélectionnée remplacera l’actuel secrétaire général, António Guterres, qui termine deux mandats à la tête de l’organisation. Lors de la dernière élection, en 2016, un intense débat avait eu lieu sur le manque de transparence des règles et des procédures d’élection, ce qui avait mené à une modernisation du processus. Cette fois-ci, des entretiens publics avec les candidats peuvent par exemple être consultés en ligne.

Les membres du Conseil de sécurité auront le dernier mot dans les prochains mois. Toutefois, aucun candidat ne vient en principe d’un des cinq pays permanents du Conseil (les États-Unis, la Chine, la Russie, le Royaume-Uni et la France), et le choix doit aussi être accepté par au moins quatre membres non permanents du groupe, pour un total de 9 membres sur 15. Le choix doit ensuite être entériné par un vote secret à majorité simple des membres à l’Assemblée générale de l’ONU.

À ce jour, il n’y a toujours eu qu’un candidat recommandé, dont la nomination a toujours été ratifiée par l’ensemble des membres.

Toutefois, puisque les cinq sièges permanents peuvent user de leur veto, il est rare que quelqu’un gagne la nomination s’il a déjà critiqué la Russie, fait campagne pour l’indépendance de Taïwan, rencontré le Dalaï-Lama, soutenu les prétentions de l’Espagne dans le détroit de Gibraltar, critiqué l’une des guerres états-uniennes contre le terrorisme… ou s’il milite pour une réforme majeure du Conseil de sécurité.

La primauté est généralement donnée aux compétences diplomatiques des candidats, à leur bilinguisme anglais-français (les deux langues d’usage à l’ONU) et à leur capacité à naviguer à travers les tensions entre le Conseil et l’Assemblée générale. La plupart étaient préalablement ministres des Affaires étrangères ou haut diplomate de l’organisation. Sauf l’exception notable de Guterres, ancien président socialiste du Portugal, aucun secrétaire général n’avait préalablement été chef d’État. Il est toutefois intéressant de noter que l’Autrichien Kurt Waldheim fut président de l’Autriche de 1986 à 1992 après avoir été secrétaire général de l’ONU de 1972 à 1981.

Les candidatures

Rafael Mariano Grossi, nommé par l’Argentine, est l’actuel directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique et ancien diplomate de son pays en Autriche, en Slovénie et en Slovaquie. S’il manœuvre bien ses propos sur l’actuel conflit entre les États-Unis et l’Iran sur le nucléaire, il est un des candidats avec le plus de chance de l’emporter. Sa plateforme repose sur un plaidoyer pour un « retour au réalisme » pour que l’ONU focalise sur ce qu’elle peut réellement accomplir et ainsi retrouver un semblant d’efficacité.

Nommée par le Costa Rica, Rebeca Grynspan est économiste, ancienne vice-présidente du pays et ancienne secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement. Elle défend les intérêts des pays à faible revenu et elle a une connaissance fine des rouages de l’institution. Elle s’est notamment prononcée en faveur de réformes, comme l’usage de l’intelligence artificielle pour anticiper les crises dans le monde.

Michelle Bachelet, nommée par le Brésil et le Mexique, a été présidente progressiste du Chili, haute-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme et dirigeante d’ONU Femmes. Le Chili, dirigé par l’extrême droite de José Antonio Kast, avait d’abord soutenu sa candidature avant de se retirer en mars dernier, citant des « divergences » avec la candidate. Les États-Unis pourraient aussi imposer leur veto pour des positions passées pour l’accès à l’avortement et les droits reproductifs des femmes.

Maria Fernanda Espinosa, nommée par Antigua-et-Barbuda, est linguiste, ancienne présidente de l’Assemblée générale de l’ONU et ministre de la Défense nationale et des Affaires étrangères de l’Équateur. Venant de la société civile et ayant travaillé dans différentes branches de l’ONU, elle a des chances d’être choisie si les autres candidats ne font pas l’unanimité.

Macky Sall, nommé par le Burundi sans avoir l’appui préalable de l’Union africaine (comme c’est souvent le cas pour des candidats de la région), est l’ancien président du Sénégal. Malgré son rôle dans l’accession de l’Union africaine au G20 et son rôle de leader du continent, le Sénégal et le Rwanda ont refusé de soutenir sa candidature. Les mots d’ordre de sa campagne sont la paix, le pragmatisme et un respect de la souveraineté des États membres.

Selon la rotation habituelle entre les régions, ce serait au tour de l’Amérique latine de représenter l’ONU. Le dernier secrétaire général de la région est l’ancien président du Pérou, Javier Pérez de Cuéllar, de 1982 à 1991. Toutefois, puisqu’il y a déjà quatre aspirants de la région, le vote risque de se fragmenter. Il y a également une certaine ironie que l’organisation n’ait jamais eu de dirigeante femme, vu l’accent souvent mis sur l’égalité des genres dans ses programmes et ses politiques. Surtout qu’avec le temps, de plus en plus de femmes diplomates ou anciennes politiciennes acquièrent l’expertise, la compétence et la séniorité nécessaires pour ce poste.

Bien qu’il n’y ait pas de date limite, les candidats devaient en principe être nommés avant le 1er avril. Certains autres candidats ayant été pressentis étaient : Jacinda Ardern (ancienne première ministre de la Nouvelle-Zélande), Ivonne Abdel Baki (ancienne ambassadrice de l’Équateur aux États-Unis), Alicia Bárcena (ancienne secrétaire aux Affaires étrangères du Mexique), David Choquehuanca (vice-président de la Bolivie), Kristalina Georgieva (directrice générale du Fonds monétaire international) et Lana Nusseibeh (secrétaire d’État des Émirats arabes unis).

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