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International 11/05/2026 14:48 Actualisé le 11/05/2026 16:25
L’ornithologue est décédé le 11 avril à bord du navire de croisière MV Hondius, après avoir contracté le virus dans une déchèterie en Argentine.
EN BREF • Leo Schilperoord, ornithologue néerlandais, est décédé du hantavirus sur le MV Hondius après l’avoir contracté en Argentine.
• Il pourrait être considéré comme le potentiel « patient zéro » de l’épidémie.
• Lui et sa femme, décédée 15 jours après lui, avaient visité une déchèterie en Patagonie, lieu probable de l’infection par des rongeurs.
Il est le premier passager à avoir manifesté des symptômes et le premier décès lié à l’hantavirus. Ces éléments laissent penser que l’ornithologue néerlandais Leo Schilperoord, mort le 11 avril à bord du navire de croisière MV Hondius, est le « patient zéro » de l’épidémie. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) doit encore confirmer cette hypothèse.
L’homme de 70 ans s’est éteint cinq jours après l’apparition de premiers symptômes, dont de la fièvre, des maux de tête et des douleurs abdominales. Son corps et celui de sa femme Mirjam Schilperoord-Huisman, morte quinze jours plus tard du même virus, ont été débarqués fin avril sur l’île de Saint-Hélène, rappelle Le Parisien.
Originaire de Haulerwijk, un village au nord des Pays-Bas, le couple de retraités s’était lancé en novembre 2025 dans un long voyage de cinq mois, à la découverte des oiseaux d’Amérique du Sud, relate le New York Post. Ils avaient déjà fait escale en Argentine, au Chili et en Uruguay.
Visite d’une déchèterie pour observer un oiseau rare
« Nous avons appris avec une grande consternation le décès de nos voisins, lors de leur voyage de retour après une tournée en Amérique du Sud, (…) Leur décès, survenu à si peu d’intervalle, nous touche profondément », a écrit une association de leur village 3 000 habitants, sur un avis de décès consulté par Le Parisien.
C’est près d’Ushuaia, dans le sud de l’Argentine, que le couple aurait contracté le virus, retrace le New York Post. Là-bas, Leo Schilperoord et Mirjam Schilperoord-Huisman ont visité en mars un site très connu des amateurs d’ornithologie : une déchèterie abritant le caracara à gorge blanche, un oiseau de la famille des faucons vivant surtout en Patagonie et dans les régions subantarctiques. Aussi appelé caracara de Darwin, il a été nommé ainsi en l’honneur du naturaliste Charles Darwin, qui a été le premier à observer un spécimen dans la région.

RONEN TIVONY / NurPhoto via AFP
Photo d’illustration d’un caracara à crête.
Les caracaras se rendent dans cette décharge pour se nourrir, mais ils ne sont pas les seuls : des milliers de rongeurs viennent y remplir leur panse. Or, l’hantavirus se transmet généralement à partir de rongeurs infectés, le plus souvent par l’intermédiaire de leur urine, de leurs excréments et de leur salive.
Figures connues des milieux ornithologiques
C’est donc au contact de rats pygmées à longue queue que les Néerlandais ont pu être infectés par la souche rare dite des « Andes », qui peut se transmettre d’homme à homme avec un délai d’incubation pouvant aller jusqu’à six semaines.
Diplômés de biologie, Leo Schilperoord et Mirjam Schilperoord-Huisman étaient des figures connues dans les milieux ornithologiques néerlandais, souligne le média hispanophone Ansa Latina. En 1984, le couple a coécrit une étude sur les oies à bec court pour Het Vogeljaar, un magazine dédié aux oiseaux.
La crise à bord du bateau MV Hondius, qui doit repartir lundi soir pour les Pays-Bas, a suscité l’inquiétude, ravivant les souvenirs de la pandémie de Covid, même si l’OMS martèle que la situation n’est pas comparable à 2020. À ce stade, trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont décédées, dont le couple de passionnés d’oiseaux.


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