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Les forces spéciales israéliennes ont mené sans succès vendredi soir une opération dans l’est du Liban pour retrouver les restes de l’aviateur israélien Ron Arad, capturé par une milice chiite en 1986 lors de la guerre civile libanaise.
Les dernières recherches pour élucider ce mystère vieux de 40 ans sont infructueuses. Mais l’espoir demeure. Les forces spéciales israéliennes ont mené sans succès vendredi soir une opération dans l’est du Liban pour retrouver les restes de l’aviateur israélien Ron Arad, capturé lors d’un raid aérien dans ce pays en 1986, a annoncé samedi l’armée dans un communiqué. «Aucun reste ou objet lié à Ron Arad n’a été trouvé sur le lieu des recherches», ajoute le texte, qui précise que l’opération n’a fait «aucune victime» côté israélien. Selon le ministère de la Santé libanais, le bilan de l’opération commando a fait 41 morts dont trois soldats, et 40 blessés.
Le 16 octobre 1986, à l’occasion d’un bombardement d’un camp palestinien de l’OLP pendant la guerre civile libanaise, le navigateur Ron Arad et son pilote s’éjectent de leur appareil abattu dans le ciel du Liban. Le pilote parvient à être récupéré par un hélicoptère de l’armée israélienne. Mais Ron Arad est capturé par des milices chiites, possiblement par le Hezbollah. Promu depuis lieutenant-colonel de l’armée de l’air, il est aujourd’hui présumé mort, ses restes n’ayant jamais été restitués. Le sort de Ron Arad, âgé de 30 ans le jour de sa disparition, préoccupe depuis des décennies Israël, où le rapatriement des soldats disparus ou capturés est considéré comme un devoir national.
Le corps d’un autre soldat rapatrié en mai dernier
Ron Amad a pu envoyer des lettres à sa famille pendant les premiers temps de sa captivité, incitant les autorités israéliennes à entamer des pourparlers avec ses ravisseurs en vue de sa libération. Mais les négociations ont échoué et définitivement cessé en 1988. En 2006, l’ex-chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a assuré que Ron Arad était bien mort, mais qu’il ignorait où se trouvait son cadavre. En 2016, un rapport du Mossad et de Tsahal a conclu à un décès en captivité en 1988. Les circonstances de sa mort sont obscures.
Après de longues années d’oubli, le nom de Ron Arad a refait surface dans les médias israéliens à l’automne 2021 à l’occasion d’un discours de Naftali Bennett. Celui qui était alors premier ministre expliquait que des espions du Mossad s’étaient lancés dans une «opération complexe, de grande envergure et audacieuse» et dans «de nouveaux efforts sur la voie de la compréhension du sort de Ron». Rapatrier Ron Arad plus de trois décennies après sa disparition est «le genre de chose qui semble étrange, et peut-être un peu extrême pour ceux qui observent l’État d’Israël de l’extérieur. Mais qu’elle est ce qui définit et distingue» l’État hébreu, a ajouté Naftali Bennett.
En mai dernier, l’État hébreu a annoncé avoir rapatrié, lors d’une «opération spéciale» réalisée «au cœur de la Syrie», le corps d’un de ses soldats tué au Liban en 1982. Zvi - Zvika, de son surnom - Feldman était mort lors de la bataille de Sultan Yacoub qui avait mis aux prises les 10 et 11 juin 1982 les armées israélienne et syrienne dans la région de la Bekaa, située dans l’est du Liban, le long de la frontière avec la Syrie. Zvi Feldman a été formellement identifié grâce à des tests génétiques, a précisé l’armée.
L’épouse de Ron Arad écrit à Benyamin Netanyahou
Au total, trois soldats israéliens avaient été portés disparus après la bataille Sultan Yacoub. Le corps de Zachary Baumel, commandant de char du 362e bataillon blindé, avait été ramené en Israël en avril 2019. Un soldat, Yehouda Katz, manque toujours à l’appel. «Nous n’arrêterons pas d’agir» pour ramener son corps, a affirmé le premier ministre Benyamin Netanyahou dans un communiqué de ses services. «Pendant de nombreuses années, j’ai autorisé de nombreuses opérations secrètes pour retrouver les disparus de Sultan Yacoub», a-t-il ajouté.
Après le retour de Zvi Feldman, l’unité de l’armée qui s’occupe des recherches disparues dénombrait trois soldats dont le sort demeure inconnu: Yehouda Katz, Ron Arad, et Guy Hever, disparu sur le Golan en 1997. L’unité recherche des dizaines d’autres soldats officiellement morts, dont un tué en 2014 à Gaza. «Le retour de tous les disparus et otages, vivants et morts (...) est notre devoir moral et national», a déclaré en mai le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, dans un communiqué.
Le nom et l’image de Ron Arad restent très présents dans la mémoire collective israélienne. «L’armée israélienne continuera à mener ses opérations sans relâche, jour et nuit, animée par la profonde conviction qu’il faut ramener tous les fils d’Israël, les soldats tombés au combat et ceux portés disparus, dans leur patrie», indique le communiqué de l’armée publié ce samedi.
D’après des médias israéliens, l’épouse de Ron, Tami Arad, a réagi à l’annonce de cette opération par un courrier à Benyamin Netanyahou affirmant que «notre désir de savoir ce qui est arrivé à Ron s’arrête dès lors qu’il met en danger des soldats» israéliens. «À nos yeux, le caractère sacré de la vie passe avant l’obligation de ramener les restes d’un soldat pour l’enterrer», a-t-elle écrit.


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