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Fils de l’ayatollah Ali Khamenei, qui a été tué par des frappes israélo-américaines au premier jour de la guerre qui secoue le Moyen-Orient, Mojtaba Khamenei a été choisi pour devenir le nouveau guide suprême de l’Iran dimanche. Si l’homme religieux de 56 ans était pressenti pour devenir la plus haute autorité politique et religieuse du pays, la décision a déjà provoqué l’ire des États-Unis et d’Israël.
Avant même que Mojtaba Khamenei soit nommé par l’Assemblée des experts, composé de 88 membres du clergé chiite, Donald Trump avait affirmé vouloir être « impliqué » dans le choix du prochain guide suprême et que ce dernier « ne tiendra[it] pas longtemps » sans son aval.
Le président américain avait aussi soutenu qu’il ne souhaitait pas voir le fils d’Ali Khamenei porté à la tête de la République islamique iranienne. Israël a pour sa part annoncé la semaine dernière que, peu importe son identité, le nouveau guide suprême deviendrait « une cible ».
Un homme discret
Mojtaba Khamenei est le seul des six enfants d’Ali Khamenei à avoir détenu une position publique, bien que celle-ci ne fût pas officielle : il travaillait en tant que sorte de chef de cabinet informel pour son père.
En 2024, l’ancien guide suprême avait démenti le scénario que son fils pourrait succéder à ses trois décennies à la tête de l’État, par crainte de controverses quant à la transmission du pouvoir à un de ses descendants.
Mais comme il est une figure influente du régime, notamment en raison de ses liens avec les conservateurs et les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, il était considéré comme le principal candidat à la succession. Sa connexion avec les Gardiens de la Révolution remonte à son engagement dans une unité combattante à la fin de la guerre entre l’Irak et l’Iran (1980-1988).
Tout au long de sa vie, Mojtaba Khamenei s’est fait relativement discret et a entretenu des liens avec diverses sphères du pouvoir iranien. En 2019, le département du Trésor des États-Unis a imposé des sanctions le visant, affirmant qu’il représentait le guide suprême « à titre officiel bien qu’il n’ait jamais été élu ni nommé à un poste gouvernemental ». Selon le département du Trésor, son père « lui a délégué une partie de ses responsabilités ».
Allégations d’ingérence électorale
Les auteurs de ces mêmes sanctions ont aussi soutenu qu’il travaillait en étroite collaboration avec la force Qods, une branche des Gardiens de la Révolution, et les forces paramilitaires associées aux Gardiens de la Révolution des Bassij, « pour faire progresser les ambitions régionales déstabilisatrices et les objectifs nationaux oppressifs de son père ».
Lors des élections présidentielles de 2005 et de 2009, Mojtaba Khamenei s’est fait accuser d’ingérence dans le processus électoral.
Né le 8 septembre 1969 dans la ville de Machad, dans l’est de l’Iran, Mojtaba Khamenei a étudié la théologie dans la ville sainte de Qom, où il a par la suite enseigné dans un séminaire religieux. C’est dans cette ville et à travers ce travail et le statut de son père qu’il a tissé des liens avec des dirigeants religieux.
En 2022, l’agence de presse du séminaire de Qom affirme qu’il a atteint au sein de sa religion le rang d’ayatollah, tout comme son père et Rouhollah Khomeini, fondateur de la république islamique d’Iran et prédécesseur à Ali Khamenei. Le rang d’ayatollah est nécessaire pour devenir guide suprême.
Mojtaba Khamenei devient donc le troisième guide suprême d’Iran au terme d’un processus qui n’est survenu que deux fois dans l’histoire du régime.
Il s’est marié à Zahra Haddad Adel en 2004, avec qui il a eu trois enfants. Zahra Haddad Adel et son père, le politicien conservateur Gholam-Ali Haddad Adel, sont morts dans la même frappe militaire qui a tué Ali Khamenei le 28 février dernier.
Avec l’Agence France-Presse et le New York Times


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