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Élu à la tête du Hamas, Khalil al-Hayya succède à Yahya Sinouar. Négociateur du cessez-le-feu avec Israël, il hérite d'un mouvement décapité, isolé et aux marges de manœuvre très limitées.
Publié le 21/07/2026 07:31
Temps de lecture : 2min
Khalil al-Hayya, haut responsable et figure de proue du Hamas dans son bureau de la ville de Gaza, le 21 avril 2021. (EMMANUEL DUNAND / AFP)
Au lendemain de son élection, lundi 20 juillet, par les cadres du Hamas, Khalil al-Hayya prend la tête du mouvement islamiste palestinien. Cette désignation n'a rien d'une surprise. La plupart des dirigeants du Hamas ont été tués par Israël dans les mois qui ont suivi les attaques du 7-Octobre, laissant peu de candidats pour succéder à Yahya Sinouar. Khalil al-Hayya est l'une des rares figures historiques du mouvement encore en vie. Lui-même a échappé à plusieurs tentatives d'assassinat. La dernière, en septembre au Qatar, dans une frappe attribuée à Israël qui a coûté la vie à l'un de ses fils.
Depuis le cessez-le-feu signé avec Israël en décembre 2025, Khalil al-Hayya était déjà le principal représentant du Hamas à l'étranger. Négociateur en chef du mouvement, c'est lui qui menait les discussions avec les États-Unis, la Turquie et le Qatar. Son élection consacre donc un rôle qu'il occupait déjà de fait sur la scène diplomatique.
Khalil al-Hayya est parfois présenté comme un modéré. Mais son profil reflète surtout la situation actuelle du Hamas. Le mouvement ne peut plus se permettre de placer à sa tête un représentant de la ligne dure, comme l'était son prédécesseur Yahya Sinouar, l'un des principaux commanditaires des attaques du 7-Octobre. Politiquement, le Hamas a vu sa structure décapitée par les assassinats de ses cadres. Militairement, il a été écrasé par Israël dans la bande de Gaza. Diplomatiquement enfin, ses principaux soutiens, le Hezbollah libanais et surtout l'Iran, sont absorbés par leurs propres conflits et ne sont plus en mesure de lui venir en aide. Isolé et affaibli, le Hamas est désormais en quête d'une porte de sortie, et son nouveau chef est à l'image de cette nouvelle réalité.
Les marges de manœuvre de Khalil al-Hayya apparaissent donc très réduites. Le Hamas s'est même déclaré prêt à renoncer au pouvoir dans la bande de Gaza pour en confier l'administration au Fatah de Mahmoud Abbas. Son principal objectif sera désormais de poursuivre les négociations de paix engagées en décembre à Charm el-Cheikh, avec l'espoir, ténu, d'ouvrir la deuxième phase du cessez-le-feu, qui prévoit notamment un retrait des forces israéliennes de la bande de Gaza.
Comme un symbole de cette nouvelle étape, Khalil al-Hayya n'exercera pas son mandat depuis Gaza. Installé depuis plusieurs années au Qatar et en Turquie, c'est depuis l'étranger qu'il dirigera désormais un Hamas aux ambitions plus limitées et au pouvoir considérablement affaibli.


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