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Le réalisateur et musicien, connu sous le nom de scène de Mehdi Black Wind, est emprisonné depuis dix jours à Casablanca. Il est entendu mercredi par la justice marocaine. Près de 700 personnalités du monde culturel et universitaire signent une tribune pour sa libération.
Article rédigé par franceinfo - Hugo Duport
Radio France
Publié le 22/07/2026 12:40
Temps de lecture : 2min
Un clip du rappeur El Mahdi Lyoubi, connu sous le nom de Mehdi Black Wind. (CAPTURE ECRAN YOUTUBE)
Parmi les signataires figurent notamment Imhotep, compositeur du groupe de rap IAM, le réalisateur marocain Faouzi Bensaïdi ou encore le rappeur et acteur franco-algérien Fianso. Tous dénoncent dans une tribune l'arrestation au Maroc du cinéaste et musicien El Mahdi Lyoubi, également connu sous le nom de Mehdi Black Wind. Le procès du jeune rappeur marocain résonne à travers la méditerranée et son écho dépasse largement les frontières du royaume de Mohammed VI.
Détenu depuis dix jours dans la prison d'Oukacha à Casablanca, il est entendu mercredi 22 juillet par la justice marocaine. Illia, membre du comité de soutien et proche du rappeur dénonce une "arrestation arbitraire". Elle s'inquiète du respect des droits fondamentaux au Maroc, et en particulier du respect de la liberté d'expression : "Ils arrêtent Mahdi pour ce qu'il dit, pour ce qu'il crée, pour ce qu'il chante ou pour ce qu'il filme. L'article 25 de la constitution marocaine garantit la liberté de penser, d'opinion et d'expression, donc au-delà du cas individuel, il y a un vrai problème de fond. Qu'est-ce qui reste de cette liberté si elle peut vous mener en prison ?"
En repérage pour son documentaire, l'artiste, plus connu sous le nom de Mehdi Black Wind, était sur le point de rentrer chez lui, à Marseille, où il vit depuis 2017, lorsqu'il a été arrêté. Les autorités marocaines lui reprochent un "outrage à une institution constitutionnelle". Un chef d'accusation flou, qui ne convainc pas Illia. Elle y voit plutôt un rapport avec ses prises de positions concernant le mouvement GenZ 212, qui réclame depuis septembre 2025 davantage de moyens pour l'éducation et la santé. "Il a toujours chanté l'injustice, ce que traverse la jeunesse marocaine et la génération Z est sortie dans les rues pour parler des mêmes choses. Mahdi, a toujours soutenu ce mouvement bien sûr, et pour moi ça ne fait pas de doute, son arrestation à un lien avec ce soutien", révèle-t-elle.
Cette affaire intervient dans un contexte de tensions autour de ce mouvement de contestation, né d'une colère d'une partie de la jeunesse marocaine. Selon le comité de soutien, la mobilisation a rassemblé plus de 185 000 personnes sur des groupes Discord et a donné lieu à plusieurs manifestations dans le pays.
"Plus de 1 000 manifestants ont été arrêtés suite aux différentes mobilisations et près de 600 d'entre eux sont encore emprisonnés aujourd'hui", déplore Illia. Dans un communiqué, le comité de soutien au rappeur estime que "l'arrestation de El Mahdi Lyoubi ne constitue pas un cas isolé" et que "plusieurs artistes ont été poursuivis ou condamnés au Maroc pour le contenu de leurs œuvres ou de leurs publications". Pour Illia, "la répression des opposants politiques se durcit au Maroc. Il y a une tendance claire de la criminalisation de la création et de la liberté de la parole".
"C'est pour ça que nous luttons. Cette mobilisation pour Mahdi est importante parce que le silence ne sauve personne. On espère que ça arrivera aux oreilles des personnes compétentes mais aussi que ça permettra une remise en question du respect de la liberté d'expression au Maroc."
Illia, membre du comité de soutien et proche du rappeur
à franceinfo
L'affaire est suivie par une grande partie de la jeunesse marocaine, qui la relaie massivement sur les réseaux sociaux, à quelques semaines des prochaines élections législatives, prévues le 23 septembre prochain.


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