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L’Académie des ratons est de retour pour une deuxième saison. La flamboyante directrice de la garderie, ses parents désespérés et même la brillante inspectrice sont réunis pour élucider un tout nouveau mystère. Qui a éclaboussé le ministre ? succède à Qui a poussé Mélodie ?, qui a remporté quatre prix Gémeaux en 2025, dont celui de la meilleure comédie ou comédie dramatique.
Les auteurs Marc Auger Gosselin et Simon Larouche, qui jouent également dans la série, sont galvanisés par ce nouveau volet de leur polar délirant.
« Pour vrai, je pense que c’est vraiment bon », s’enflamme Simon Larouche en entrevue, lors d’un visionnement au cinéma du Parc. « C’est plus explosif que jamais. »
Comme le titre l’annonce, c’est un ministre (interprété par Mickaël Gouin) qui sera cette fois-ci la victime. Cet ancien « raton », aujourd’hui ministre de la Famille, se rend à la prestigieuse garderie pour lui apporter son soutien face aux nombreuses plaintes de bruit qu’elle reçoit de la part du voisinage.
Les auteurs ont été inspirés par les multiples cas, médiatisés, de plaintes de bruit contre des garderies au Québec. À Québec, en 2024, le maire Bruno Marchand avait même fait une sortie médiatique pour défendre un projet de centre de la petite enfance qui était dénoncé par des citoyens. « Il avait dit que les enfants, ça fait du bruit et qu’il faut les laisser jouer. Évidemment, il avait gagné du capital politique », rapporte M. Larouche.
Pendant la conférence de presse qu’il a convoquée, une catastrophe se produit. Le charismatique ministre est allègrement souillé par une pluie de déchets, incluant des couches pleines. Le politicien, on s’en doute, est furieux. Il menace de faire fermer la garderie si Louise, la directrice, ne trouve pas le coupable.
« C’est la panique totale. Comme dans la première saison, s’ils [les parents] perdent leur garderie, leur vie est finie », souligne Marc Auger Gosselin.
Un conflit de générations
Dès lors, tout le monde a l’air suspect. Parents, employés et voisins ont des raisons d’en vouloir au ministre ou à Louise. Contrairement à la première saison, toutefois, les enfants ne sont pas en cause. À l’opposé, les occupants d’une résidence pour personnes âgées sont sur la sellette. Auteurs des fameuses plaintes de bruit, ils manifestent carrément devant le majestueux manoir où est installée la garderie. Une guerre générationnelle éclate.
« On trouvait le parallèle intéressant entre le fait qu’il manque de places dans les RPA et qu’il manque de places dans les garderies », explique Marc Auger Gosselin.
« Il y a aussi la responsabilité sociale qu’on a envers les enfants et envers les aînés », ajoute Simon Larouche.
En situant l’action dans la période de Noël, les auteurs ont voulu accentuer l’écart entre les enfants, ensevelis sous l’amour et les cadeaux, et la solitude des personnes âgées.
Les auteurs promettent davantage d’émotions cette saison. « Il y a une scène autour d’un bol de toilette qui est super touchante », relate M. Auger Gosselin.
« J’ai pleuré, révèle M. Larouche. C’est vraiment des performances incroyables de Chantal Fontaine et Isabeau Blanche. »
Des personnages intenses
Il reste que la série est d’abord et avant tout une comédie, dont le moteur humoristique est la démesure.
Les personnages sont plus grands que nature. Chantal Fontaine, qui incarne Louise, décrit la directrice comme « une reine », qui a « la peignure de Cersei dans Game of Thrones ».
« Elle ne se prend pas pour du 7up flat. La façon dont elle bouge, dont elle ordonne, tu vois qu’elle a une grande fierté envers sa garderie », détaille la comédienne en entrevue. Elle affirme avoir un plaisir fou à « jouer quelque chose d’un peu nono, mais avec une intensité digne du Parrain ».
Louise forme un duo amour-haine avec l’inspectrice Marie-France Thompson. « C’est une espèce de Colombo féminin avec une histoire plus sombre. Elle a toujours les mêmes vêtements sur le dos, puisqu’elle les a achetés en plusieurs exemplaires », souligne de son côté l’actrice Annick Bergeron, qui loue l’écriture « fantaisiste et imaginative » des auteurs.
Des péripéties loufoques
Les événements prennent des proportions absurdes, encore plus cette saison. « La visite du Père Noël tourne au désastre, tu comprends. On va là. Le Père Noël est en danger », illustre Marc Auger Gosselin.
Amateurs de séries d’enquête, les auteurs confient qu’ils avaient beaucoup d’inspiration pour l’intrigue. Ils ont même dû la simplifier, parce qu’elle était trop complexe pour dix épisodes de 22 minutes.
« Il y avait un trafic de poussettes. On comparait ça aux vols de voitures à Montréal, raconte avec enthousiasme M. Auger Gosselin. Mais ça a été complètement éliminé. »
Ils gardent toutefois de la matière pour une prochaine saison, qui prendrait encore plus d’ampleur. « La saison 3, ça serait “une garderie pour les gouverner tous”, lance M. Auger Gosselin. On est prêt à y aller. »


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