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La minière Métaux Torngat a terminé ses consultations sur les enjeux socioéconomiques de la région de Sept-Îles ainsi que sur les conséquences possibles de son projet d’usine de traitement de terres rares. Une initiative « rigoureuse » et « innovante », mais qui cherche avant tout à favoriser l’acceptabilité sociale du projet, selon une experte.
Une quinzaine de citoyens et de représentants d’organismes communautaires se sont réunis mardi et mercredi pour une activité de validation du diagnostic des besoins sociocommunautaires de Sept-Îles, pilotée par la firme Transfert pour le compte de Métaux Torngat.

Les citoyens pouvaient se prononcer sur le rapport en ajoutant des recommandations ou des éléments manquants.
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
Cette démarche fait suite à des consultations menées en décembre dernier auprès de dizaines d’intervenants et d’organismes pour comprendre le tissu social où Métaux Torngat souhaite s’établir.
Dans son rapport, la firme Transfert dresse le portrait d’une municipalité aux problèmes multiples, où les besoins en logement sont importants. On y lit que la crise du logement compromet le recrutement en santé, en services de garde et dans les services essentiels.
Les difficultés de transport, l’intégration incomplète des nouveaux arrivants, l’accentuation des inégalités et la montée des problèmes de criminalité et de consommation fragilisent la cohésion sociale, l’attractivité du milieu et la rétention durable de la population.
Notre objectif, c’est que le projet s'intègre de façon harmonieuse dans la communauté, a expliqué la PDG par intérim de la minière, Maryse Bélanger, présente à Sept-Îles pour l’occasion.

Métaux Torngat a annoncé mardi l'ouverture de ses bureaux à Sept-Îles.
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
L’entreprise dit ne pas vouloir aggraver une situation préexistante.
L’environnement demeure la priorité de citoyens
Rencontrées en marge de la consultation, les citoyennes Christine Roy et Cora Lapointe ont exprimé leurs préoccupations.
La priorité, pour moi, c’est la question environnementale, avance Christine Roy, une retraitée du milieu de la santé et des services sociaux.
Moi, je veux savoir ce que cette entreprise va amener comme polluants, avant son implantation à Sept-Îles.
Elle aborde le sujet de la radioactivité des résidus miniers de la future usine de Pointe-Noire. S’ils nous amènent de la radioactivité, moi, je quitte Sept-Îles, tranche-t-elle.

L'équipe de la firme Transfert a animé les consultations publiques pour Métaux Torngat.
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
Cora Lapointe partage son point de vue : Je suis inquiète en ce qui concerne la santé, l’environnement et l’acceptabilité sociale.
Elle craint que les impacts environnementaux de Métaux Torngat se combinent à la pollution déjà causée par d’autres grandes entreprises de Sept-Îles.
Je comprends l’intérêt pour l’économie, mais les nouveaux emplois, est-ce que c’est pour du monde en fly-in fly-out?
Le rapport de Transfert souligne des inquiétudes similaires concernant la radioactivité naturelle des terres rares et les impacts sociaux du navettage, communément appelé fly-in fly-out.
Une démarche rigoureuse qui soulève des questions
Pour la spécialiste en acceptabilité et en évaluation des impacts sociaux des grands projets de développement, Marie-Ève Maillé, la démarche de Métaux Torngat est intrigante.
C’est bon de pouvoir anticiper les impacts d’un projet sur le milieu humain. C’est rarement fait, explique-t-elle. Évidemment, il reste à savoir ce qu'en fera l’entreprise, souligne l'avocate.

L'avocate Marie-Ève Maillé a animé une séance d'information sur l'acceptabilité sociale des projets industriels en octobre dernier à Sept-Îles. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
D’ailleurs, Métaux Torngat ne prend aucun engagement. Cependant, sa PDG par intérim soutient que le navettage sera maintenu à un niveau minimal.
Marie-Ève Maillé s’interroge également sur les recommandations du rapport qui invite Métaux Torngat à construire des logements, à investir dans le système de santé nord-côtier ou encore à créer des places de garderie pour la population générale.
On est davantage dans une démarche qui vise à permettre à l’entreprise de favoriser l'acceptabilité sociale de son projet.
Ça témoigne d’une vieille vision de company town où l’entreprise va régler nos problèmes et avoir un effet structurant sur plusieurs aspects de la communauté, juge l’experte.
Elle craint que les citoyens de Sept-Îles se sentent redevables en raison de leur dépendance aux investissements privés et acceptent tout ce que l’entreprise exige en échange, peu importe les impacts environnementaux.
Pour Marie-Ève Maillé, le rapport ou diagnostic met en évidence les nombreux défis socioéconomiques de Sept-Îles. Il montre du même coup les conséquences négatives du modèle de développement axé sur la grande industrie qui a marqué l’histoire de la ville, selon elle.
Marie-Ève Maillé a déjà travaillé à titre de consultante pour la firme Transfert.
Avec les informations de Renaud Chicoine-McKenzie


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