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Quelles sont les nouvelles habitudes de voyage des Québécois?

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Entre inflation, tensions commerciales et soif d’ailleurs, les habitudes de voyage des Québécois ont évolué l’an dernier. Le Québec demeure une valeur sûre, mais cède peu à peu du terrain au reste du Canada, tandis que les séjours aux États-Unis chutent. Quatre tendances à retenir de la plus récente étude de la Chaire de tourisme Transat sur les comportements des voyageurs.

Les États-Unis boudés, le ROC en profite

Les tensions entre Ottawa et Washington ont refroidi l’intérêt pour les destinations américaines. L’été dernier, seulement 13 % des répondants disent avoir traversé la frontière, contre 23 % l’été précédent.

Le reste du Canada en bénéficie : 31 % des voyageurs ont visité une autre province durant la saison estivale, contre 25 % en 2024. Le Québec demeure populaire, mais en léger recul : 71 % des voyageurs ont fait au moins un séjour dans l’une de ses régions, contre 79 % un an plus tôt. Les voyages internationaux hors des États-Unis restent stables à 36 %.

La baisse des séjours estivaux dans la province est une première, note Marc‑Antoine Vachon, professeur en marketing à l’ESG UQAM et titulaire de la Chaire de tourisme Transat. Depuis quatre ans, il s’intéresse aux habitudes de voyage des Québécois et mène cette vaste étude. « Ce n’est pas alarmant, mais c’est un drapeau jaune. Cette baisse va-t-elle continuer ? Va-t-on voir une tendance ? Ça va être à surveiller », indique-t-il.

Le Québec, un refuge

Malgré ce recul, près des trois quarts des voyageurs ont tout de même choisi le Québec dans la dernière année. Les séjours sont généralement de courte durée : 48 % des répondants disent être partis pour une ou deux nuits. Ils accordent une note moyenne de 3,86 / 5 à leur expérience et de 3,64 / 5 au rapport qualité-prix. Par ailleurs, 71 % souhaitent revenir dans la région visitée.

« Avec la pandémie, on a créé un réel intérêt pour le Québec. Mais on sent que les Québécois se demandent s’ils en ont pour leur argent. Il faut travailler à enrichir leur expérience », souligne M. Vachon.

Le voyage, un pilier du bien‑être

Pour 62 % des répondants, voyager contribue à améliorer leur santé mentale. Un chiffre que M. Vachon juge bas. « Beaucoup de gens ne mesurent pas à quel point le voyage contribue à leur bien-être. Toute déconnexion est bénéfique, même si c’est juste une ou deux nuits », soutient-il.

Plusieurs l’ont compris et multiplient les microséjours. Le phénomène du bleisure (contraction de business et de leisure) gagne notamment du terrain : 42 % des répondants ont affirmé avoir prolongé un déplacement professionnel à des fins d’agrément en 2025, contre 25 % en 2024. D’autres profitent des nouvelles habitudes de télétravail pour décrocher plus longtemps : 22 % des répondants ont prolongé un séjour grâce au télétravail, contre 13 % en 2024. « Avant, c’était une semaine dans le Sud ou rien. Aujourd’hui, on va chercher ces micropauses, on part au chalet la fin de semaine et on prolonge quelques jours sur place », indique M. Vachon, notant toutefois que le retour au bureau pourrait freiner cette tendance.

Cette volonté de voyager se reflète aussi dans les dépenses prévues pour 2026 : 38 % considéraient qu’il s’agit d’une dépense prioritaire en 2025, contre 33 % il y a quatre ans. Par ailleurs, 26 % des voyageurs ne prévoient aucune mesure pour réduire leurs coûts — limiter les repas au restaurant, diminuer les attractions payantes ou choisir des destinations proches — contre 14 % en 2024. Et la proportion de gens qui comptent choisir des hébergements ou restaurants plus abordables a chuté de 41 % à 29 %.

L’environnement, toujours secondaire

Malgré l’urgence climatique, peu de voyageurs (entre 6 % et 13 %) disent faire des gestes concrets pour réduire leur empreinte environnementale, comme la compensation carbone, des hébergements durables ou des transports moins polluants. « Les chiffres stagnent depuis quatre ans. On a atteint un plateau, et il reste bas », déplore M. Vachon.

Plus préoccupant encore, la proportion de voyageurs affirmant modifier leurs comportements en raison des changements climatiques recule pour la première fois depuis le début de l’étude, passant à 22 %, contre 27 % en 2024. Il faut des effets concrets — comme les risques météo extrêmes — pour influencer les voyageurs dans leur planification.

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