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Quel revenu faut-il gagner pour sortir de la pauvreté au Québec en 2026?

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À partir de quel revenu peut-on espérer vivre dignement au Québec ? Comme chaque année, l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) publie son rapport sur le « revenu viable », qui mesure le seuil à partir duquel les Québécois sortent de la pauvreté. Survol.

Tracer la ligne d’un « revenu viable »

Au Canada, l’indicateur traditionnel de la pauvreté est la mesure du panier de consommation (MPC), qui agrège les dépenses de base sur une année. Cela comprend notamment le logement, l’épicerie, le transport et l’habillement. À Montréal, pour une personne seule, cet indicateur s’élève à 25 867 $.

« Mais à ce niveau-là, on continue de vivre dans la précarité. Alors, nous, on se pose la question : à partir de quel seuil dispose-t-on d’un niveau de vie relativement confortable ? » explique Eve-Lyne Couturier, chercheuse à l’IRIS et autrice du rapport.

Comme la MPC, le « revenu viable » tient compte des dépenses essentielles. Mais celui-ci va plus loin : il comprend aussi de l’argent pour des sorties culturelles ou des vacances, de la marge de manœuvre pour mettre des sommes de côté en cas d’imprévus, ainsi que des investissements en éducation.

Des sommes variables d’une région à l’autre

Le revenu viable varie d’une municipalité à l’autre et selon la composition du ménage. Dans son étude, l’IRIS s’intéresse à sept villes : Montréal, Québec, Gatineau, Sherbrooke, Saguenay, Trois-Rivières et Sept-Îles.

Entre toutes, c’est à Sept-Îles que le revenu viable pour une personne seule est le plus élevé. En 2026, il se situe à 44 780 $ dans cette municipalité où posséder une voiture est incontournable.

Et s’il n’est pas nécessaire de posséder un véhicule à Montréal, le prix des logements y est bien plus élevé qu’ailleurs. Ainsi, le revenu viable pour habiter seul dans la métropole s’élève à 41 585 $.

À l’autre bout du spectre, le coût de la vie est moins cher à Trois-Rivières, qui dispose d’un réseau de transport en commun et où le logement est plus abordable. Le revenu viable pour une personne seule est de 33 249 $ là-bas.

Précision importante : l’indicateur de l’IRIS représente les dépenses nécessaires sur l’ensemble d’une année. En d’autres mots, il correspond à la somme dont une personne devrait disposer comme revenu disponible, c’est-à-dire après impôts et transferts.

Le prix du transport augmente, celui du logement aussi

Plusieurs catégories de dépenses augmentent fortement cette année. C’est le cas notamment du transport, en raison de la flambée récente des prix du pétrole, qui pèse sur le portefeuille des ménages.

Le coût pour se loger augmente aussi de façon notable. « La hausse du coût du logement affecte encore l’ensemble du Québec », souligne Mme Couturier. Celle-ci rappelle notamment que la hausse recommandée par le Tribunal administratif du logement pour les loyers l’an dernier était de 5,9 % — un record. Or, l’IRIS calcule que les hausses de loyer dans les municipalités étudiées ont été en réalité presque deux fois plus élevées, à 10,9 % en moyenne.

« On voit notamment que c’est particulièrement difficile pour une famille avec deux enfants de se loger à Montréal », indique Mme Couturier. L’IRIS évalue qu’une telle famille doit en moyenne débourser environ 26 582 $ par année pour vivre dans un logement suffisamment grand. Il s’agit d’un loyer d’un peu plus de 2215 $ par mois.

Comparaison avec le salaire minimum

Alors, comment le « revenu viable » se compare-t-il au salaire minimum ? À partir du 1er mai, le taux horaire du salaire minimum s’élèvera à 16,60 $ au Québec. Il s’agit d’une augmentation de 3,1 % par rapport à l’an dernier, un taux de croissance supérieur à la hausse attendue de l’inflation (2,3 %) cette année.

À ce salaire, le revenu disponible après impôts et transferts pour une personne seule travaillant à temps plein se situera ainsi à 27 647 $. Il s’agit d’un revenu supérieur à la mesure de la MPC (25 867 $), mais inférieur au revenu viable (41 585 $) pour une personne seule à Montréal.

Dans un nouveau rapport, la Chaire en fiscalité de l’Université de Sherbrooke rappelle qu’environ 4,8 % des employés québécois travaillent au salaire minimum. Une pluralité d’entre eux sont des jeunes de 15 à 24 ans qui occupent un emploi à temps partiel.

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